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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

René Paillole naît le 3 septembre 1897 à Aiguillon (Lot-et-Garonne – 47), au domicile de ses parents, Baptiste Paillole, 30 ans, charpentier, et Jeanne Fallières, son épouse, 25 ans, demeurant rue de la République.

Considérant son âge, René Paillole devrait avoir été mobilisé au cours de la guerre 1914-1918 (à vérifier…).

Il est marié.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 11, rue Lisernon à Orsay [1] (Essonne – 91), peut-être avec son père.

À des dates et pour un motif restant à préciser, René Paillole est arrêté.

Pendant un temps, il est détenu à la Maison centrale de Clairvaux (Aube – 10).

Le 13 février 1942, le préfet de l’Aube reçoit des autorités d’occupation l’ordre le faire transférer avec cinq autres détenus – tous futurs “45000” – au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Le transfert a probablement lieu le 23 février, comme pour Roger Le Bras.

Entre fin avril et fin juin 1942, René Paillole est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, René Paillole est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46254 (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire – au cours duquel René Paillole se déclare sans religion (Glaubenslos) -, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de dire dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté René Paillole

Il meurt à Auschwitz le 16 septembre 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp.

(il est le seul “45000” d’Orsay)

À une date restant à préciser, le Conseil municipal d’Orsay donne son nom à une voie de circulation de la commune. Celui-ci est également inscrit sur le monuments aux morts d’Orsay, situé dans le cimetière communal, parmi les déportés.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 4-01-1994).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 380 et 415. 
- Musée de la Résistance nationale (MRN) Champigny-sur-Marne (94), carton “Association nationale de des familles de fusillés et massacrés”, fichier des victimes 
- Archives départementales du Lot-et-Garonne (AD 47), Agen, site internet, archive en ligne, registre des naissances d’Aiguillon, cote 4E 4-33, vue 75/239, acte n° 39. 
- Archives départementales de l’Aube, site internet, cote 310W114. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 898 (30918/1942). 
- Site Mémorial GenWeb, 91-Orsay, relevé de Véronique Pagnier (2002).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 5-06-2008)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

[1] Orsay : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine-et-Oise (transfert administratif effectif en janvier 1968).