En mai 1940, les troupes allemandes envahissent la France. Pétain signe l’armistice et installe à Vichy le gouvernement dit « de l’État français » qui s’engage dans une collaboration inconditionnelle avec l’occupant fasciste.

C’est alors la chasse à tous les individus jugés dangereux pour le régime et l’occupant, la croisade contre le « judéo-bolchévisme », terme sous lequel Hitler réunit les ennemis de l’Allemagne, les communistes et les juifs, qu’il accuse de les inspirer.

Sont arrêtés et internés en France, en camps et en prisons, des communistes, des socialistes, des syndicalistes, des démocrates, des militants d’associations, connus pour leur participation à des luttes sociales d’avant-guerre. Ils sont bientôt rejoints par des condamnés pour faits de résistance.

En 1941, la résistance armée s’organise et frappe l’occupant. Un officier est abattu le 21 juin à Paris par Fabien, un autre à Nantes le 20 octobre, tandis que se multiplient les sabotages de matériel allemand.

En représailles, Hitler ordonne des exécutions massives d’otages pris dans les camps et les prisons.

Des résistants sont fusillés à Châteaubriant, Nantes, Souge, au Mont-Valérien. Mais au lieu de dissuader les résistants, ces exécutions ont l’effet contraire et suscitent une telle émotion en France et à l’étranger que le commandant militaire Stulpnagel préconise en 1941, de remplacer les exécutions par des déportations en Allemagne.

Une ordonnance, signée en 1941 par le maréchal Keitel, chef du commandement suprême de la Wehrmacht, précise le but de la déportation : faire disparaître dans la nuit et le brouillard (nacht und nebel en allemand) les opposants au régime – coupés du monde, nul ne connaîtra leur sort.

C’est en application de cette ordonnance que sont déportés les 45000 et les 31000. Ces deux convois sont dirigés vers le camp d’Auschwitz-Birkenau, le plus grand complexe de mort du IIIème Reich.