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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

René, Jean, Martinet naît le 24 janvier 1899 à Paris 18e (75), chez sa mère, Marie, Léonie, Martinet, 24 ans, couturière, domiciliée au 40, rue Trézel. Sur l’acte de naissance, il est de « père non dénommé ». Sa mère le reconnaît à la mairie du 17e arrondissement le 10 mars suivant.

Le 29 juin 1907 à Paris 20, Marie Martinet se marie avec Jacques Gondol. Par ce mariage, celui-ci légitime l’enfant, qui prend alors son nom.

Le 27 juillet 1929 à Paris 19e, René Gondol se marie avec Lucienne Dufaud.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 86, rue du Cherche-Midi à Paris 6e, vers la rue Jean-Ferrand (ou dans le 18e).

René Gondol est employé de commerce.

Le 26 juillet 1940, il est arrêté pour « confection de tracts communistes clandestins » et écroué le lendemain à la Maison d’arrêt de la Santé, à Paris 14e. Il est probablement jugé et condamné à une peine d’emprisonnement.

Le 14 novembre suivant, le préfet de police de Paris signe un arrêté ordonnant l’internement administratif de René Gondol, considéré comme un « meneur communiste très actif ».

Le 21 novembre, celui-ci est transféré au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Val-d’Oise – 95), créé au début du mois d’octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.

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La maison d’arrêt de Fresnes après guerre. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 6 septembre 1941, il fait partie d’un groupe de 150 détenus d’Aincourt (dont 106 de la Seine) transférés au camp français (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne – 86).

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Le camp de Rouillé, “centre de séjour surveillé”, 
vu du haut d’un mirador. Date inconnue. 
Au fond – de l’autre côté de la voie ferrée -, le village. 
Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne), 
Fonds Amicale Voves-Rouillé-Châteaubriant. Droits réservés.

Le 9 février 1942, René Gondol est parmi les 52 « communistes » (dont 36 seront déportés avec lui) remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits par des Feldgendarmes à la gare de Poitiers. Enfermés dans deux wagons à bestiaux, ils sont transférés – via Paris – au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, René Gondol est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, René Gondol est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45616 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 12 septembre 1942, d’après un registre du camp [1].

La mention « Mort en déportation » est apposée sur les actes et jugements déclaratifs de décès le concernant (JORF n°0253 du 30 octobre 2011).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 373 et 406. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002). 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA 2374 (camps d’internement…). 
- Archives départementales de la Vienne, cote 109W75 (camp de Rouillé).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 25-01-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] La date du décès de René Gondol figure sur la liste partielle du convoi établie par le Musée d’Auschwitz, mais on ne retrouve pas son nom dans les Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrit, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué).