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Droits réservés.

Maurice Foubert naît le 15 septembre 1904 à Gisors (Eure).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 17, avenue Augustine à La Garenne-Colombes [1] (Hauts-de-Seine – 92).

Il est marié et a trois enfants.

De 1930 à 1939, il est monteur en électricité-TSF (télégraphie sans fil = radio) à la Coopérative ouvrière de TSF au 192, rue Lafayette à Paris.

Joueur de football, il est membre du Club Sportif du Travail des Cheminots de La Garenne, affilié à la FSGT.

Militant, il sonorise les fêtes du Parti communiste.

Mobilisé en 1939, il est rendu à la vie civile le 8 août 1940.

Dès sa démobilisation, il cache des armes. Connu de la police, son engagement entraîne d’abord deux arrestations, non suivies d’internement. Il est considéré comme un « meneur communiste très actif » (R.G.).

Le 27 juin 1941, il est arrêté à son domicile par le commissaire de Courbevoie qui effectue une perquisition. Il s’agit en fait d’une vague d’arrestations ciblées de militants conduite sur la base d’arrêtés d’internement administratifs pris par la préfecture de police de Paris ; plusieurs cheminots de La Garenne et Camille Renaudie, d’Asnières, seront arrêtés dans la même période.

Le jour-même, Maurice Foubert est livré aux autorités d’occupation et transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager) [2]. Son épouse peut lui rendre visite au moins une fois.

Entre fin avril et fin juin 1942, Maurice Foubert est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Maurice Foubert est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45552 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Maurice Foubert meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des “inaptes au travail” à la suite de laquelle 146 des “45000” sont inscrits sur leregistre des décès en deux jours (probablement gazés [3]).

Il est homologué “Déporté politique” (carte n° 1175 15715).

Son nom est inscrit (prénom seulement indiqué par son initiale) sur le Monument aux morts de La Garenne-Colombes, situé dans le cimetière communal.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 150 et 153, pages 382 et 404. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” des Hauts-de-Seine nord (2005), citant : Lettre de sa veuve (31-05-1973) – M. le Docteur Catrin, Maire de la Garenne (13-07-1988) – Attestation de Marcel Lebas, camarade de travail de Clichy (21-10-1971) – “Résistance communiste” (27-07-1948) – Communication d’un cahier tenu au camp de Compiègne (sa dernière lettre est au dossier). – Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA 2397 (liste des internés communistes). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 301 (31467/1942). 
- Site Mémorial GenWeb, 92-La Garenne-Colombes, relevé de Thierry Pouliquen et Gilles Gauthier(02-2005).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 2-06-2008)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] La Garenne-Colombes : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] L’ “Aktion Theoderich : L’attaque de l’Union soviétique, le 22 juin 1941, se fait au nom de la lutte contre le “judéo-bolchevisme”. Dès mai 1941, une directive du Haut-commandement de la Wehrmacht pour la “conduite des troupes” sur le front de l’Est définit le bolchevisme comme « l’ennemi mortel de la nation national-socialiste allemande. C’est contre cette idéologie destructrice et contre ses adeptes que l’Allemagne engage la guerre. Ce combat exige des mesures énergiques et impitoyables contre les agitateurs bolcheviks, les francs-tireurs, les saboteurs et les Juifs, et l’élimination allemande de toute résistance active ou passive. » Hitler est résolu à écraser par la terreur – à l’Ouest comme à l’Est – toute opposition qui viendrait entraver son effort de guerre. Le jour même de l’attaque contre l’Union soviétique, des mesures préventives sont prises dans les pays occupés contre les militants communistes – perquisitions à leur domicile et arrestations – et des ordres sont donnés pour punir avec la plus extrême sévérité toute manifestation d’hostilité à la puissance occupante.

En France, dans la zone occupée, au cours d’une opération désignée sous le nom de code d’Aktion Theoderich, plus de mille communistes sont arrêtés par les forces allemandes et la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne, créé à cette occasion pour la détention des « ennemis actifs du Reich » sous l’administration de la Wehrmacht.

Au total, 1300 hommes y seront internés à la suite de cette action. Fin août, 200 d’entre eux font déjà partie de ceux qui seront déportés dans le convoi du 6 juillet 1942.

[3] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail” (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.