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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Marius, Gaston, Thirouard naît le 23 août 1905 à La Croix-du-Perche (Eure-et-Loir – 28), fils de Gaston Thirouard et de Juliette Philype.

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Jallans, commune limitrophe de Chateaudun (28) ; son adresse reste à préciser. Marié, il a plusieurs enfants.

Marius Thirouard est charpentier de profession, mais déclaré comme terrassier après son arrestation.

Il est connu comme étant sympathisant communiste. Sous l’occupation, la police locale le soupçonne de placarder des tracts en même temps que deux militants de Châteaudun.

Le 25 septembre 1941, en réponse à un courrier du ministère de l’Intérieur du gouvernement de collaboration datée du 24 juin « demandant quelles mesures avaient été prises dans le département contre les communistes français et étrangers par les autorités d’occupation », le commissaire spécial de Chartres transmet au préfet d’Eure-et-Loir « la liste complète des communistes arrêtés par les autorités allemandes » à cette date – soit trente-trois hommes – sur laquelle est inscrit Marius Thirouard. Le 27 octobre, le préfet d’Eure-et-Loir précise au préfet délégué du ministère de l’Intérieur dans les territoires occupés que les six hommes inculpés dans l’affaire Berton sont les seules personnes de son département arrêtés par la police française pour activité communiste. Dans un brouillon de cette lettre, la mention que « les éléments suspects au point de vue politique ou national ont été arrêtés préventivement par les soins des autorités d’occupation » est biffée.

Au cours de l’été, Marius Thirouard a donc arrêté par la police allemande puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Marius Thirouard est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46142 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 9 septembre 1942, d’après les registres du camp.

Son nom est inscrit sur le Monument aux morts de Jallans, devant l’église.

Sources : 
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 363 et 421. 
- Jean-Luc Boissonnet-Thirouard, son neveu, message (11-2005). 
- Étienne Égret (message 03-2013) ; recherches dans les archives départementales d’Eure-et-Loir, Chartres (cotes 14w38, 14w39, 14w40, 14w52, 14w54). 
- Site Mémorial GenWeb, 28 – Eure-et-Loir, Jallans, relevé de Stéphane Protois (06-2006).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 29-03-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.