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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Marcel, Aimé, (Henri ?) Martel naît le 27 novembre 1897 à Art-sur-Meurthe (Meurthe-et-Moselle – 54).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 159, rue du Château-des-Rentiers à Paris 13e (75), vers la rue Ricault.

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L’immeuble du 159, rue du Chateau-des-Rentiers, côté rue, 
en 2013. © Photo Mémoire Vive.

Marcel Martel est cisailleur (coupeur en maroquinerie) aux établissements Wagner à Paris 20e. Il est marié et père de neuf enfants.

Militant communiste, il milite aussi au Syndicat des Locataires de l’arrondissement.

Sous l’occupation, il reste actif au sein du Parti communiste clandestin.

Le 24 avril 1942, il est arrêté une première fois par la police française pour propagande communiste et détention de tracts. Il est inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939.

Le 26 mai, il comparaît avec un autre prévenu devant la 12e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine qui le libère en raison de ses nombreuses charges de famille (à vérifier…).

Le 28 avril 1942, Marcel Martel est de nouveau arrêté lors d’une vague d’arrestations déclenchée à l’initiative des “autorités d’occupation”, et interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager) ; matricule 4088.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Marcel Martel se trouve dans le même wagon qu’Auguste Monjauvis.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Marcel Martel est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45841 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 13 août 1942, selon les registres du camp.

Il est homologué comme “Déporté politique”.

Après la guerre, une plaque commémorative est apposée sur l’immeuble où il habitait au moment de son arrestation.

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Plaque apposée sur le local du gardien (?), à droite 
du portail et de la grille. © Mémoire Vive.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 372 et 413. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Témoignage d’Auguste Monjauvis – Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (dossier individuel). 
- Comité du 13e arrondissement de l’ANACR, La résistance dans le treizième arrondissement de Paris, imprimé par l’École Estienne en 1977, page 87. 
- Louis Chaput, Auguste et Lucien Monjauvis (entre autres), Le 13e arrondissement de Paris, du Front Populaire à la Libération, les éditeurs français réunis, Paris 1977, page 226. 
- Archives de Paris, archives du tribunal correctionnel de la Seine, rôle du greffe du 31 mai au 3 septembre 1941, cote D1u6-5856. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 784 (20393/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 21-08-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.