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Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943,
selon les trois vues anthropométriques de la police allemande.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne.
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Une enfance marquée par la guerre de 1914

Louise Marié naît le 23 février 1904 à Paris 11e, dans une famille de sept enfants.

Après les inondations de 1910, la famille déménage à Montreuil-sous-Bois (Vale-de-Marne). À la guerre de 1914, les écoles sont réquisitionnées par l’armée.

L’engagement

En 1922, Louise épouse Raymond Losserand, fourreur de profession.

En 1937, il est élu conseiller municipal communiste du 14e arrondissement.

La Résistance et l’arrestation

Le couple s’engage dans la Résistance. En avril 1942, Raymond Losserand est désigné comme commissaire politique des FTP de la région parisienne, en remplacement de Louis Marchandise, arrêté le 10 février avec Spartaco Guisco.

Retrouvée après avoir échappé une première fois à la police française, France Bloch-Sérazin [1], chimiste et “artificier” du groupe, est filée du 28 mars au 16 mai 1942, conduisant involontairement aux combattants et aux dirigeants qu’elle rencontre : Émile Besseyre, Gaston Carré et Losserand, éphémères commissaires du triangle de direction qui, deux mois seulement, a conduit sur Paris l’ensemble des partisans ; Henri Douillot, dit « Dumas », responsable des stocks d’armes et de munitions, est également repéré.

Le 14 mai, Émile Besseyre est arrêté par des agents du commissariat de Puteaux, ce qui oblige la BS2 (brigade spéciale) à lancer son coup de filet.

Le 16 mai, Raymond Losserand est arrêté à son domicile clandestin, à Paris. L’ensemble du groupe de Résistance Douillot-Losserand tombe alors : près de 70 résistants, parmi lesquels Émile Besseyre et Gaston Carré.

Arrêtée en même temps que son époux, Louise est incarcérée au Dépôt de la préfecture de police.

Son mari fusillé

Le 21 octobre 1942, Raymond Losserand est fusillé au champ de tir d’Issy-les-Moulineaux.

Le 27 octobre, Louise est transférée à camp du fort de Romainville, sur la commune des Lilas.

Auschwitz

Louise est affectée aux kommandos des marais, briques, sable.

Pendant plus d’un mois, elle est victime du typhus, mais en réchappe et va en quarantaine avec ses compagnes.

Ravensbrück et Mauthausen

Le 4 août 1944, Louise est transférée au KL Ravensbrück avec le petit groupe de survivantes du convoi. Le 2 mars 1945, elle fait partie du convoi pour le KL Mauthausen.

Le 22 avril 1945, le camp de Mauthausen est libéré. Louise est rapatriée par la Croix-Rouge via la Suisse.

Sources :

- Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, les Éditions de Minuit, édition 1993, pages 187-188.
- Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Le sang des communistes, Les Bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, Automne 1941, collection Nouvelles études contemporaines, Fayard, février 2004, p. 239, 241, 367-368.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 22-05-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

[1] France Bloch-Sérazin est décapitée à la hache à la prison de Hamburg le 12 février 1943.