Joséphine Umido, née Bizzarri le 21 septembre 1903 à Roquefort-la-Bédoule (Bouches-du-Rhône), domiciliée à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), morte à Auschwitz, sous-camp de femmes de Birkenau, le 23 mars 1943.

Joséphine Umido est probablement la “Mado” du Convoi du 24 janvier

À la fin de son livre, Charlotte Delbo a placé la seule déportée “31000” que ni elle ni aucune de ses camarades n’a su nommer :

« Elle venait directement du dépôt quand elle a rejoint le convoi à Compiègne le 23 janvier 1943, à la veille du départ. Marie-Élisa, qui distribuait le pain pour le voyage, en voyant cette nouvelle venue lui a demandé son nom : ”Mado”.

Sans doute était-elle dans le wagon avec un groupe dont pas une n’a réchappé.. Sans doute est-elle morte dans les tout premiers jours. Personne n’a eu letemps de la connaître. Aucune de celles qui restent ne se souvient d’elle. ».

”Mado”, Umido : une consonance très proche !


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Collection Christiane Umido. D.R.

Joséphine (Giuseppina) Bizzarri naît le 21 septembre 1903 à Roquefort-la-Bédoule (Bouches-du-Rhône), fille de Ruffino Bizzarri, 33 ans, journalier, et de Caroline Gatti, 27 ans, son épouse. Tous deux sont peut-être employés comme travailleurs agricoles saisonniers, car leurs autres enfants naissent en Italie.

Joséphine a deux sœurs : Aurelia, qui restera en Italie, habitant notamment à Gênes, et Hélène, qui viendra en 1920 habiter en France, à Colombes [1] (Hauts-de-Seine). Leur mère meurt en mettant au monde leur frère Charles. Leur père se remarie et abandonne les quatre enfants de son premier mariage. Joséphine est placée en pension dans un orphelinat religieux près de Rome. Parallèlement à la poursuite de ses études, elle apprend la broderie.

À l’âge de 21 ans, elle vient en France accueillie par sa sœur Hélène. Elle a la nationalité française par sa naissance, et parle et écrit parfaitement le français, étudié à l’orphelinat.

Le 15 mai 1926, à Paris 17e, Joséphine se marie avec Claude Umido, né le 29 mars 1894 à Cessole, Piémont (Italie), naturalisé français en 1928 suite à cette union. Ils ont une fille, Hélène, Christiane, née le 8 juin 1931 à Paris 18e.

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Claude, Christiane et Joséphine. 
Collection Christiane Umido. D.R.

En juin 1936, la famille est domiciliée au 24 rue du quatorze-juillet à Bois-Colombes [1] (92), dans un petit pavillon : deux-pièces cuisine à l’étage, un grenier au-dessus et un atelier au rez-de-chaussée.

Claude Umido, artisan cordonnier, travaille dans la boutique située à son domicile. À la demande, il fabrique des sandales sur mesure dites ”nu-pieds” (tropéziennes). Très amateur d’opéras, il chante lui-même et joue de la guitare. Il participe fréquemment à des concours de jeu de boules.

Ayant choisi de vivre en France, il décide, avec son épouse, de s’adapter à leur nouvelle vie et ne parle que français.

À partir du 24 février 1938, Joséphine, brodeuse, est employée par la Maison Bruyère, place Vendôme à Paris 1er, entre la rue Saint-Honoré et larue Royale, là où se crée la mode.

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Collection Christiane Umido.
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Paris. La place Vendôme dans les années 1920. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Les ateliers sont situés au 29, place du marché-Saint-Honoré (il est possible que boutique et ateliers soient contigus à l’intérieur du pâté de maisons ; Christiane se souvient d’être entrée avec sa mère par la place Vendôme pour rejoindre les ateliers dans les étages supérieurs). Au moment de son arrestation, Joséphine travaille de 8 h à 18 h 30.

Christiane va à l’école Jules-Ferry, rue Charles-Chefson, située à proximité de leur domicile.

Charles Bizzarri, le frère de Joséphine, a quitté l’Italie pour ne pas effectuer son service militaire dans l’armée mussolinienne. En France, il mène une vie semi-clandestine.

Le 8 septembre 1938, l’employeur de Joséphine se voit « dans l’obligation de la mettre au repos […], vu les circonstances actuelles ». Christiane Umido, sa fille, pense probable un arrêt-maladie. Mais c’est également la période de la crise des Sudètes qui se conclura à la fin du mois par les accords de Munich. La France mobilise, rappelant ses réservistes sous les drapeaux. Il pourrait alors s’agir d’un chômage technique par absence de certains hommes dans l’entreprise. La durée de cette mise en congé est inconnue.

Après juin 1940, sous l’occupation, les restrictions alimentaires touchent les familles : Joséphine Umido a l’occasion d’utiliser de faux tickets d’alimentation. Elle est découverte. La 10e Chambre du tribunal correctionnel de la Seine la condamne à cinq jours d’emprisonnement et deux mille quatre cents francs d’amende.

Claude Umido fait partie d’un groupe de résistants, parmi lesquels Alfred Bonenfant.

En décembre 1942, des inspecteurs de la Brigade Spéciale 2 (“anti-terroriste” – BS) appréhendent un résistant, Robert Camus. Lors de la perquisition de son domicile, au 25, rue Rébeval à Paris 19e, ils trouvent la clé d’un garage-box loué par Claude Umido au 3, rue de la Renaissance [2] à Bois-Colombes, rue voisine de celle où il habite.

Le 19 décembre, la police se rend au domicile de Claude Umido. Au cours de la perquisition, dans le tiroir de son établi, les inspecteurs découvrent unpistolet automatique 6,35 mm avec un chargeur garni de six cartouches, un trousseau de six clefs de cadenas et des serrures à combinaison.

Dans le garage de la rue de la Renaissance est trouvée une automobile Peugeot 202, volée le 13 août précédent et qui servit lors d’une opération de récupération de fonds contre un encaisseur de la SNCF à Rueil-Malmaison [3] (92) et, à l’intérieur du véhicule, un pistolet parabellum, un mousqueton, un fusil mitrailleur, des chargeurs et des cartouches, une grenade à cuillère.

Le jour même, des inspecteurs de la BS vont appréhender Joséphine Umido sur son lieu de travail, place Vendôme [4].

Pendant dix jours, tous deux sont détenus et interrogés à la préfecture de police. Au cours des interrogatoires dans les locaux des Brigades Spéciales, Claude Umido est frappé. De son côté, Joséphine ne livre aucune information pouvant incriminer son mari, disant ne rien savoir de ses activités clandestines.

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Paris. La préfecture de police vue depuis Notre-Dame. 
Carte postale des années 1900. Coll. Mémoire Vive.

Inculpés de menées terroristes et complicité, ils sont ensuite mis à la disposition des Allemands et écroués séparément à la Maison d’arrêt de Fresnes [1] (Val-de-Marne) le 30 décembre (le 3 janvier 1943, un membre de la famille écrit au préfet de police pour demander où se trouve le couple…).

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La maison d’arrêt de Fresnes après guerre. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Les 22 et 23 janvier 1943, deux-cent-trente femmes provenant du fort de Romainville, de la prison de Fresnes et du dépôt de la préfecture de police sont rassemblées au camp Allemand de Royallieu à Compiègne (Oise).

Le 24 janvier à l’aube, elles sont conduites en camion à la gare de marchandises de Compiègne et montent dans les quatre derniers wagons (à bestiaux) d’un convoi dans lequel plus de 1450 détenus hommes ont été entassés la veille ; parmi lesquels Claude Umido…

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La plupart des déportés jettent sur les voies des messages à destination de leurs proches, rédigés la veille ou à la hâte, dans l’entassement du wagon et les secousses des boggies. Joséphine Umido écrit un billet qui parviendra à sa famille : « Prévenir sœur et beau-frère que nous sommes partis en déportation ».

En gare de Halle (Allemagne), le train se divise et les wagons des hommes sont dirigés sur le KL [5] Sachsenhausen, tandis que les femmes arrivent en gare d’Auschwitz le 26 janvier au soir. Le train y stationne toute la nuit.

Le lendemain matin, après avoir été extraites violemment des wagons et alignées sur un quai de débarquement de la gare de marchandises, elles sont conduites à pied au camp de femmes de Birkenau (B-Ia) où elles entrent en chantant La Marseillaise.

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Portail du secteur B-Ia du sous-camp de Birkenau (Auschwitz-II) 
par lequel sont passés les “31000” 
(accès depuis la rampe de la gare de marchandises 
et le “camp-souche” d’Auschwitz-I…). 
© Gilbert Lazaroo, février 2005.

Joséphine Umido y est enregistrée sous le matricule 31848. Le numéro de chacune est immédiatement tatoué sur son avant-bras gauche.

Pendant deux semaines, elles sont en quarantaine au Block n° 14, sans contact avec les autres détenues, donc provisoirement exemptées de travail.

Le 3 février, la plupart des “31000” sont amenées à pied, par rangs de cinq, à Auschwitz-I, le camp-souche où se trouve l’administration, pour y être photographiées selon les principes de l’anthropométrie de la police allemande : vues de trois-quart avec un couvre-chef (foulard), de face et de profil.

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Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oświęcim, Pologne. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Le 12 février, les “31000” sont assignées au Block 26, entassées à mille détenues avec des Polonaises. Les “soupiraux” de leur bâtiment de briques donnent sur la cour du Block 25, le “mouroir” du camp des femmes où sont enfermées certaines de leurs compagnes prises à la “course”, sélection punitive. Elles commencent à partir dans les Kommandos de travail.

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Les châlits du Block n° 26. La partie inférieure, au ras du sol,
est aussi une “couchette” où doivent s’entasser huit détenues. 
Les plus jeunes montent à l’étage supérieur, où il est possible 
de s’assoir. Photo Mémoire Vive.

Joséphine Umido meurt au sous-camp de femmes de Birkenau le 11 mars 1943, selon l’acte de décès établi par l’administration SS d’Auschwitz.

Son mari, Claude Umido, enregistré sous le matricule n° 59079 au KL Sachsenhausen, est affecté au Kommando Heinkel où sont fabriqués des moteurs d’avions. En janvier 1944, il est assigné au Block 16.

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Lettre à deux volets envoyée par Claude Umido à son beau-frère 
de Colombes et oblitérée à Orianenburg le 8 janvier 1944 
(document recadré : le timbre est au recto, et l’adresse du camp 
au verso). Collection Christiane Umido.

Au soir du 19 décembre 1942, leur fille Christiane – que son père avait envoyée chez sa belle-sœur de Colombes, quartier des Vallées, à cause des risques encourus – revient chez elle et y trouve deux inspecteurs de la BS qui lui annoncent l’arrestation de son père et lui montrent un certain nombre de photos – d’hommes uniquement – lui demandant si elle connaît ces visages. Puis ils la reconduisent chez sa tante à Colombes. Elle y reste jusqu’à la fin de l’année scolaire.

Elle est ensuite prise en charge par une autre tante, sœur de son père, habitant à Malakoff [1] (92). Elle est alors envoyée poursuivre sa scolarité dans une pension religieuse.

Après la libération de Paris, Charles Bizzarri s’inquiète du sort du couple, puis est auditionné par la commission d’épuration de la police.

Le 21 avril 1945, le camp de Sachsenhausen est évacué à marche forcée devant l’avance de l’armée soviétique. Le 8 juin suivant, Claude Umido rentre en France physiquement très diminué (il sera pensionné à 65 %).

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L’hôtel Lutetia, à Paris 6e. Siège de l’Abwehr (service de renseignements de l’état-major allemand) sous l’occupation. 
Centre d’accueil des déportés au printemps-été 1945. 
Carte postale, années 1940-1950. Collection Mémoire Vive.

Dans cette période, sa fille Christiane écoute très attentivement à la radio les bulletins qui diffusent régulièrement les noms des déportés rapatriés. Ayant entendu dans une liste celui de son père, elle se rend seule à l’Hôtel Lutetia et attend patiemment sa sortie devant la porte. Après qu’ils se sont retrouvés, un jeune chauffeur bénévole les ramène en voiture à leur maison de Bois-Colombes. Celle-ci a été entièrement pillée et Christiane n’y retrouve aucun souvenir de sa mère. Ils se réinstallent dans le pavillon.

Très rapidement, Claude Umido témoigne à son tour devant la commission d’épuration de la police : dès le 9 juin, puis le 16 juillet 1945, il fait part des brutalités subies de la part des inspecteurs des Brigades Spéciales et des vols perpétrés à son domicile.

Le 12 octobre 1948, le général de division commandant la 1ère région militaire établit un certificat d’appartenance aux Forces françaises de l’intérieur au nom de Joséphine Umido, attestant qu’elle a servi au sein du mouvement FTPF, dans le secteur ouest du département de la Seine du premier au 19 décembre 1942. Le document mentionne notamment qu’elle a été « déportée le 24.1.1943 au camp de Auschwitz ». Cette attestation (n° 0778) est établie au nom de Monsieur Umido.

Le 16 février 1951, le tribunal civil de la Seine établit par jugement le décès de Joséphine Umido qu’il déclare avoir eu lieu le 24 janvier 1943 à Compiègne. Sur le registre des actes de décès de Bois-Colombes est apposée en marge la mention « Mort pour la France ».

Le 8 août 1953, le Ministère des anciens combattants et victimes de la guerre établit la carte de “déporté résistant” de Joséphine Umido (n° 2000119185), délivrée à son “conjoint” au titre d’ayant cause. Le 8 octobre suivant, l’ONAC établit pour elle une carte de Combattant volontaire de la Résistance à titre posthume (n° 000563). Le 29 décembre 1954, le secrétariat d’État à la guerre établit un certificat de validation des services campagnes et blessures des déportés et internés de la Résistance dans lequel Joséphine Umido est assimilée au grade de “soldat de 2e classe” ; y est comptée comme “service militaire actif” la période allant de son arrestation au 15 mai 1945.

Par décret en date du 3 septembre 1959, signé du général de Gaulle, président de la République, Joséphine Umido est décorée de la Médaille militaire, avec attribution de la Croix de guerre avec palme et de la Médaille de la Résistance.

Claude Umido décède le 8 novembre 1968, n’ayant jamais fait à sa fille le récit des épreuves subies en déportation et celle-ci n’ayant jamais osé l’interroger.

La liste des “Morts en déportation” publiée dans le Journal officiel du 6 juin 2001 reprend le jugement déclaratif de décès établi pour Joséphine Umido : « le 24 janvier 1943 à Compiègne ». Le 25 juillet 2002, le ministre de la Défense publie un “rectificatif” : « morte en déportation, décédée le 29 janvier 1943 », selon une norme administrative qui ajoute automatiquement cinq jours après la date connue du départ du convoi. Il est probable que c’est le caractère officiel de cette indication qui a pu faire écrire que Joséphine Umido était morte au cours du transport.

« Mado » identifiée par sa fille

En 2005, progressivement, Christiane Umido commence à prendre connaissance des notices biographiques qui constituent en grande partie le livre de Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier. Elle découvre notamment, page 47, le court chapitre consacré à une nommée « Josée Bonenfant », dont les circonstances de l’arrestation et le trajet en détention sont très proches de ceux de sa mère : « Une femme d’une quarantaine d’années qui a rejoint le convoi à Compiègne, le 23 janvier 1943, à la veille du départ. Elle venait de la prison de Fresnes. Elle avait été arrêtée à la mi-décembre 1942, dans la même affaire que Jeanne Alexandre. Son mari était un résistant qui entreposait du matériel des F.T.P. dans son atelier – il était garagiste -, dans la banlieue de Paris. Elle n’était au courant de rien. On se souvient qu’elle avait une fille d’une dizaine d’années, que son mari a été déporté à Oranienbourg, c’est tout. […] Elle est morte à la fin de février 1943. Aucun témoignage. »

“Josée”… comme un diminutif de “Joséphine”. Charlotte Delbo lui attribue le matricule n° 31848, à partir d’une tentative antérieure d’identification des photos anthropométriques d’Auschwitz ayant échappé à la destruction lors de l’évacuation du camp en janvier 1945.

Le bulletin de l’Amicale d’Auschwitz n° 17 daté de septembre-octobre 1947 fait savoir à ses lecteurs que celle-ci a pu « obtenir de la croix-Rouge de Cracovie 180 photos de déportées politiques françaises parties de Romainville puis Compiègne pour Auschwitz, le 23 janvier 1943 ». Christiane Borras, née Charua (alias “Cécile”), rescapée, se rappelle que Mado Doiret et Félix Frucht, trésorier de l’Amicale d’Auschwitz, les avaient rapportées de Pologne où ils s’étaient rendus.

Dans son bulletin, l’Amicale demande instamment aux “31000” rescapées de passer à son siège pour identifier les clichés, et précise qu’elle les tient à la disposition des rapatriées et des familles des disparues. Suivent une liste de cinquante photos identifiées, une liste de douze identifications douteuses ou incomplètes, et une autre de neuf non-identifiées.

Parmi les visages identifiés, devant le matricule n° 31848, « Bonenfant José » (sans « e » final). Quelle rescapée a cru alors reconnaître cette personne ? D’où se remémorait-elle ce nom ?

En 2003, quand Pierrot Borras crée pour sa mère Christiane un site internet rendant hommage aux “31000”, il ouvre une page pour chacune d’elles en y insérant les portraits anthropométriques dont sa mère s’est vue remettre un nouveau tirage sur papier dans les années 1990 par le Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau et qu’il a numérisés.

En 2005, Christiane Umido saisit le nom de “Josée Bonenfant” dans un moteur de recherche internet et découvre la page qui lui est consacrée sur ce site. Dans la photo d’Auschwitz, elle reconnaît… sa mère, Joséphine. Elle écrit rapidement au site – au webmestre d’alors, Pierrot Borras -, et la réalité de Joséphine Umido déportée dans le convoi du 24 janvier 1943, est établie… dans un tout petit cercle. Christiane écrit également à divers historiens et diverses institutions pour faire connaître cette réalité historique.

Dans cette période, Claudine Cardon-Hamet, historienne du convoi du 6 juillet 1942, relève le nom de Joséphine Umido, née le 21 septembre 1903 à Roquefort-la-Bédoule, dans les Death Books from Auschwitz, Remnants(registres partiels des morts du camp), ouvrages édités par le Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau.

Enfin, Marion Queny, qui a obtenu son diplôme de maîtrise d’Histoire à l’université Lille 3-Charles de Gaulle en juin 2004, transmet à Christiane Umido une copie de l’acte de décès de Joséphine établi par l’administration SS d’Auschwitz qu’elle-même a reçu du Musée polonais pour travailler à son mémoire.

Sources :

- Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Les Éditions de Minuit, 1965 (réédition 1998), page 290. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1267 (14377/1943). 
- Daniel Grason, site du Maitron en ligne, notices de Claude et Joséphine Umido, citant : Arch. PPo., KB 24, KB 54, RG1 W120 43943, PCF carton 13 (rapports hebdomadaires des Renseignements généraux), KB 18, KB 97 […] – JO n° 129 du 6 juin 2001. – […] – État civil. 
- Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression…, 1940-1945, éditions Tirésias, Paris 2004, I.74. tome 1, pages 578, 593, 649. 
- Ville de Bois-Colombes, service Archives et Documentation, Redécouvrir votre ville à travers son patrimoine et son histoireCircuit de découverte du Quartier Nord, édité dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine, octobre 2009. 
- Christiane Umido, sa fille ; copie d’un courrier de Roger Bieron – arrêté dans la même affaire – daté du 23 mars 2005 ; acte de décès d’Auschwitz (messages 01-2013).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 27-01-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

Notes

[1] ColombesBois-ColombesMalakoff et Fresnes : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, ces communes font partie du département de la Seine (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Rue de la Renaissance : par délibération du Conseil municipal de Bois-Colombes le 4 juillet 1947, elle devient rue de l’Abbé-Jean-Glatz, aumônier tué le 23 mai 1940 en allant administrer les derniers sacrements à un blessé sur le champ de bataille.

[3] Rueil-Malmaison : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine-et-Oise.

[4] Le lieu de l’arrestation : selon une source archivée au Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), à Caen, – et qui reste à préciser – le couple Umido est arrêté à Reims, dans la Marne).

[5] KL  : abréviation de Konzentrationslager (camp de concentration). Certains historiens utilisent l’abréviation “KZ”.