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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Jean Romanet naît le 23 février 1905 à Paris 4e (75), fils de Léonard Romanet et de Marie Louis Duprat, tous deux décédés au moment de son arrestation.

De la classe 1925 et du 2e bureau de recrutement de la Seine, il effectue son service militaire au 25e régiment du Train des équipage (transport automobile).

Jean Romanet exerce pendant un temps le métier de serrurier. Et – pendant un temps – il habite au 4, rue Sauval à Paris.

Au cours de la guerre d’Espagne, il s’engage dans les Brigades internationales pour défendre la République espagnole contre la rébellion du général Franco soutenue militairement par Hitler et Mussolini. Jean Romanet franchit seul la frontière le 29 novembre 1936. Il est affecté à la 14e brigade.

Il est blessé le 20 février 1937. Il est resté en Espagne pendant deux ans.

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Insigne de l’Association 
des volontaires pour 
l’Espagne républicaine, ayant 
appartenu à Christophe Le Meur. 
Produit entre la mi-1938 et la mi-1939. 
Coll. André Le Breton.

Au retour, il est hébergé par Eugène Baudoin, domicilié au 1, rue du chemin de fer à Villiers-sur-Marne [1] (Val-de-Marne – 94). Jean Romanet vit alors de subsides du Comité d’aide aux Anciens combattants d’Espagne.

Mobilisé dès le 3 septembre 1939 comme 2e classe à la 772e compagnie auto du 19e régiment du train, il est affecté comme conducteur à l’ACL 222 (ambulance chirurgicale légère… ou lourde) du Corps d’Armée colonial, engagée du 19 septembre jusqu’à la fin des hostilités (peut-être un véhicule TUB Citroën…).

Le 11 juin 1940, à Verte-Voyes (à Sainte-Menehould ?), lors d’un bombardement aérien, après avoir porté secours à un de ses officiers, il est « enterré vivant » et grièvement blessé à la colonne vertébrale. Il est évacué vers l’arrière. Son supérieur, médecin-commandant, le propose pour la Croix de guerre, avec citation à l’ordre du corps d’armée (« …volontaire durant toute la campagne pour toute mission présentant quelque danger »).

De retour à Villiers le 1er août, après sa démobilisation, Jean Romanet est hébergé au 11, avenue des Luats par Eugénie Pelletier, veuve d’un militant décédé peu avant la guerre qui était secrétaire de la cellule du quartier (lotissement de petits pavillons). Ils se mettent en ménage. Lui est considéré comme un chauffeur au chômage.

Selon la police française, Jean Romanet va fréquemment à Paris et y séjourne parfois, ce qui rend sa surveillance difficile. Il rend régulièrement visite à Julien Dechambre, cordonnier, autre militant connu de Villiers.

Le 7 novembre 1940, en raison de ses antécédents politiques et de ceux de son amie, Jean Romanet est convoqué au commissariat de circonscription de Chennevières-sur-Marne pour y faire l’objet d’un avertissement officiel : « au cas où il serait procédé sur le territoire de la commune de Villiers-sur-Marne à des distributions ou jets de tracts, à apposition d’affiches ou encore à toute autre propagande clandestine en faveur du parti communiste dissous, il en sera considéré comme responsable et immédiatement appréhendé ». Lecture faite, Jean Romanet refuse de signer le procès-verbal de notification.

Le 12 novembre, le commissaire remplit un formulaire de « notice individuelle à établir au moment de l’arrestation ». Au « résumé des motifs », le fonctionnaire de police écrit : « Sera appréhendé et conduit au centre de séjour surveillé d’Aincourt, conformément aux prescriptions de l’arrêté préfectoral du 19 octobre 1940, à la suite de la distribution de tracts communistes [2]

Le 24 novembre, le préfet de Seine-et-Oise signe un arrêté ordonnant l’assignation à résidence sur le territoire de leur commune de domicile de 1097 « individus dangereux pour la Défense nationale et la sécurité publique », selon les termes du décret du 18 novembre 1939 ; parmi ceux-ci, Jean Romanet, convoqué le lendemain au commissariat de Chennevières pour en prendre connaissance.

Le 30 décembre, il est arrêté par des policiers de Chennevières à la suite d’une nouvelle distribution de tracts dans son quartier.

Le lendemain, 31 décembre, il est conduit au camp d’Aincourt (Val-d’Oise – 95), créé au début du mois d’octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt afin d’y enfermer des hommes connus de la police pour avoir été militants communistes avant-guerre.

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Aincourt. Le sanatorium de la Bucaille. Au premier plan, 
le pavillon qui fut transformé en camp d’internement. 
Carte postale oblitérée en 1958. Coll. Mémoire Vive.

Dès le 7 janvier 1941, Eugénie Pelletier écrit au préfet de Seine-et-Oise pour lui demander « d’examiner de près ce cas et de faire revenir au plus tôt Monsieur Romanet à son foyer », en pointant une contradiction : « Il est assez difficile de comprendre comment on peut être en même temps un individu dangereux pour la défense nationale [selon les termes du décret] et un héros », comme en témoigne sa conduite au combat. Elle utilise les termes d’« arrestation préventive ».

Le 14 janvier, Jean Romanet lui-même écrit commissaire de police spécial qui commande le camp afin de demander sa libération. « Certes, j’ai appartenu au Parti communiste français jusqu’à sa dissolution, c’est-à-dire tout ce qui a été légal. Pendant ce temps, je n’y ai d’ailleurs pas milité, toute mon activité étant réservée à la Centrale sanitaire internationale à laquelle je travaillais comme chauffeur. Depuis, respectueux de la légalité et de ses décrets-lois, aucun acte répréhensible n’a pu m’être reproché ». Et il rappelle ses états de service au cours du dernier conflit militaire.

Le 28 janvier, Jean Romanet signe le procès-verbal de notification de l’arrêté d’internement que lui présente – enfin – le commandant du camp (la préfecture ayant établi ce document le 17 janvier…).

Le 18 mars, Eugénie Pelletier écrit de nouveau au préfet de Seine-et-Oise pour solliciter une demande de libération de son compagnon, formulée à peu près dans les mêmes termes que la précédente.

Selon le commandant du camp : « Romanet est un communiste certain qui [entretient] avec les habitants de Villiers-sur-Marne une correspondance qui ne [laisse] aucun doute sur ses opinions » ; le courrier des internés passe systématiquement à la censure…

Conçus à l’origine pour 150 malades, les locaux du camp sont rapidement surpeuplés : en janvier 1941, on compte 600 présents, et jusqu’à 667 au début de juin.

Le 27 juin, Jean Romanet est inscrit et “pointé” sur une liste de 88 internés communistes de Seine-et-Oise – dont 32 futurs “45000” – remis aux “autorités d’occupation” et conduits à l’Hôtel Matignon, à Paris, – alors siège de la Geheime Feldpolizei – où ils rejoignent des hommes appréhendés le jour même dans les départements de la Seine-et-Oise et de la Seine par la police française en application d’arrêtés d’internement administratifs [3]. Tous sont ensuite menés au Fort de Romainville (sur la commune des Lilas – 93), alors camp allemand, élément du Frontstalag 122. Considérés comme étant en transit, ils ne sont pas enregistrés sur les registres du camp [4].

Trois jours plus tard, les hommes rassemblés sont conduits à la gare du Bourget (Seine-Saint-Denis – 93) et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par laWehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Ils sont parmi les premiers détenus qui inaugurent ce camp créé pour les « ennemis actifs du Reich ».

Cependant, le 11 juillet, le commandant du camp d’Aincourt transmet au cabinet du préfet de Seine-et-Oise « cinq notices individuelles concernant des internés mis à la disposition des autorités allemandes le 29 juillet 1941 » [sic], dont celles d’André Mortureux et Jean Romanet. Concernant le mois, il s’agit d’une faute de saisie, puisqu’un tampon date la réception de ce courrier au 12 juillet. Mais un secrétaire a-t-il également commis une erreur sur la transcription du jour… ?

Neuf mois plus tard, le 25 mars 1942, le préfet de Seine-et-Oise transmet au Conseiller supérieur d’administration de guerre [sic] de la Feldkommandantur 758 de Saint-Cloud une liste d’anciens internés d’Aincourt à la libération desquels il oppose un avis défavorable – « renseignements et avis formulés tant par [ses] services de police que par le directeur du centre de séjour surveillé » ; liste accompagnée de « notes » individuelles avec copie traduite en allemand, dont celle concernant Jean Romanet.

Entre fin avril et fin juin 1942, celui-ci est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Jean Romanet est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46068 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire – au cours duquel Jean Romanet se déclare sans religion (Glaubenslos) -, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – Jean Romanet est dans la moitié des membres du convoi qui est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir.

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Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le « camp souche ». 
« Arbeit macht frei » : « Le travail rend libre » 
Carte postale. Collection mémoire Vive.

Jean Romanet meurt à Auschwitz le 11 février 1943, d’après l’acte de décès établi par l’administration SSdu camp.

Sur une liste établie pour la municipalité de Villiers-sur-Marne en date du 20 août 1945, il est porté décédé (le fait était donc connu dès cette date).

Il est le seul “45000” de Villiers-sur-Marne.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 389 et 419. 
- Raymond Montégut (45892), « Arbeit macht Frei », Éditions du Paroi (imprimeur), juin 1973, Recloses, Ury (77), page 232. 
- Archives municipales de Villiers-sur-Marne, recherches conduites par Catherine Bluard. 
- Dossiers des brigades internationales dans les archives du Komintern, fonds du Centre russe pour la conservation des archives en histoire politique et sociale (RGASPI), Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), campus de l’Université de Paris X-Nanterre, microfilms acquis par la BDIC et l’AVER-ACER, bobine cote Mfm 880/48 (545.2.292). 
- Archives départementales des Yvelines et de l’ancien département de Seine-et-Oise (AD 78), Montigny-le-Bretonneux, centre de séjour surveillé d’Aincourt ; cotes 1W69 (bureau politique du cabinet du préfet de Seine-et-Oise), 1W76, 1W80 (relations avec les autorités allemandes), 1W142, 1W150 (notice individuelle), 1W277. 
- Liste des 88 internés d’Aincourt (domiciliés dans l’ancien département de Seine-et-Oise) remis les 27 juin 1941 à la disposition des autorités d’occupation, et liste Internés de Seine-et-Oise à la suite d’une mesure prise par le préfet de ce département, ayant quitté le centre d’Aincourt, copies de documents des AD 78 communiquées par Fernand Devaux (03 et 11-2007). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1013 (6651/1943).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 20-11-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Villiers-sur-Marne : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine-et-Oise (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] L’arrêté préfectoral du 19 octobre 1940 :


CABINET du PRÉFET de SEINE-et-OISE

Versailles, le 19 octobre 1940

Le PRÉFET de SEINE-et-OISE, OFFICIER de la LÉGION d’HONNEUR,

Vu le décret-loi du 26 septembre 1939 ;

Vu la loi du 3 septembre 1940 ;

Considérant que la diffusion de tracts est interdite par les ordonnances des autorités d’occupation et par les lois françaises et qu’elle est, à ce double titre, illégale ;

Considérant que ces tracts sont d’inspiration communiste et que leur diffusion ne peut avoir lieu qu’avec la complicité de militants du parti, ainsi que l’ont prouvé de nombreuses perquisitions domiciliaires ;

ARRÊTE :

Article 1er. – Toute découverte de tracts à caractère communiste sur le territoire d’une commune du département de Seine-et-Oise entraînera l’internement administratif immédiat d’un ou de plusieurs militants communistes notoirement connus résidant sur le territoire de cette commune, sans préjudice des poursuites judiciaires dûment engagées.

Article 1er. – MM. le Secrétaire Général de la Préfecture pour la Police, les Sous-Préfets, le Directeur de la Police d’État, le Chef d’Escadron, Commandant la Compagnie de Gendarmerie de Seine-et-Oise, sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté.

Fait à Versailles, le 19 octobre 1940.

Le PRÉFET de SEINE-et-OISE, signé : Marc CHEVALIER

Pour ampliation, Le Sous-Préfet, Directeur du Cabinet.


[3] Les 88 internés de Seine-et-Oise. Le 26 juin 1941, la Feldkommandantur 758 de Saint-Cloud transmet au préfet du département de Seine-et-Oise – « police d’État » -, cinq listes pour que celui-ci fasse procéder dès le lendemain à l’arrestation de ressortissants soviétiques ou de nationalité russe ancienne ou actuelle, dont 90 juifs, et de républicains espagnols en exil, soit 154 personnes. La sixième catégorie de personnes à arrêter doit être constituée de «  Différents communistes actifs que vous désignerez  » (aucune liste n’étant fournie). Tous doivent être remis à la Geheime Feldpolizei, à l’Hôtel Matignon, à Paris.

Si aucun autre document n’atteste du contraire, c’est donc bien la préfecture de Seine-et-Oise qui établit, de sa propre autorité, une liste de 88 militants communistes du département à extraire du camp d’Aincourt.

Le 27 juin, le commandant du camp écrit au préfet de Seine-Et-Oise pour lui « rendre compte que 70 internés[du département] ont été dirigés aujourd’hui dans la matinée sur le commissariat central de Versailles et que 18 autres internés ont été dirigés dans le courant de l’après-midi à l’Hôtel Matignon à la disposition des Autorités allemandes d’occupation. Le départ de ces internés s’est déroulé sans incident. » Les listes connues à ce jour ne distinguent pas les deux groupes et réunissent les 88 internés.

Le 29 juin, l’inspecteur de police nationale commandant l’escorte conduisant le contingent de 70 détenus à Versailles, rend compte que le commissaire divisionnaire lui a ordonné de poursuivre son convoyage « jusqu’à l’Hôtel Matignon, à Paris, siège de la Geheime Feldpolizei. En passant à Billancourt, quelques internés du premier car ont montré le poing et des ouvriers qui allaient prendre leur travail ont répondu par le même geste. J’ai immédiatement donné des ordres aux gardiens pour que les internés rentrent leurs bras.

À mon arrivée à Paris, je me suis trouvé en présence d’une quinzaine de cars remplis de prisonniers ayant la même destination que les internés d’Aincourt et j’ai dû prendre la suite.

Le formalités d’immatriculation étant assez longues, j’ai dû attendre mon tour ; l’opération a commencé à 18 heures et s’est terminée à 19h15 ; je n’ai pu faire la remise que de 38 internés sur 88 venus d’Aincourt. En raison de l’heure, le chef de bureau de la Feldpolizei m’a fait savoir qu’il recommencerait l’immatriculation le lendemain matin à 8h15, d’avoir à revenir à cette heure-là. J’ai rassemblé les 50 internés restant dans les deux cars et ai libéré les camionnettes et les gardiens disponibles.

Je me suis aussitôt mis en rapport avec la préfecture de Seine-et-Oise afin de savoir où je devais conduire, pour passer la nuit, les 50 internés. Une heure après, je recevais l’ordre de les conduire au Dépôt, 4 quai de l’Horloge, et de continuer ma mission le lendemain matin. Cette formalité étant remplie, j’ai renvoyé les cars et le personnel à Versailles.

Le 28 juin, à 7 heures, j’ai continué ma mission qui a pris fin à 11 heures. Cette escorte s’est déroulée sans autre incident. »

[4] Arrestations de la fin juin 1941 dans le département de la Seine, témoignage d’Henri Rollin : «  Le 27 juin 1941, vers 6 heures de matin, ma femme et moi nous sommes réveillés par un coup de sonnette. Trois inspecteurs de la police française viennent nous arrêter ; perquisition rapide sans résultat (nous avions la veille au soir distribué les derniers tracts que nous avions). Nous arrivons à l’hôtel Matignon où nous trouvons de nombreux cars et camions, résultat d’une rafle dans toute la région parisienne. Nous sommes remis par la police française aux autorités allemandes. Au moment de ma remise aux Allemands, j’ai aperçu qu’on leur donnait une petite fiche portant mon nom et la mention «  communiste  », soulignée à l’encre rouge. Nous subissons un court interrogatoire d’identité… Attente… Vers la fin de l’après-midi, départ en car. Arrivée au fort Romainville, fouille, identité. Départ de Romainville le 1er juillet, au matin, par train spécial et bondé au Bourget, arrivée l’après-midi à Compiègne. Le lendemain, même cérémonie, refouille et identité, ensuite la vie de camp… »