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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Jean, Alphonse, Manon, naît le 23 janvier 1921 à Saint-Jean-aux-Bois (Ardennes – 08).

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Audun-le-Roman (Meurthe-et-Moselle – 54) ; son adresse reste à préciser.

Il est cheminot, comme Léon Toussaint qu’il connaît probablement.

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Audun-le-Roman. La gare. Carte postale des années 1900 
(recadrée). Collection Mémoire Vive.

Jean Manon est probablement arrêté par la Feldgendarmerie en février 1942, comme otage en représailles du sabotage du transformateur électrique de l’usine d’Auboué dans la nuit du 4 au 5 février, qui déclenche une vague d’arrestations dans le département (70, dont plusieurs dizaines de futurs “45000”). Le 5 mars, il est parmi les 39 détenus transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Jean Manon est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45825 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 12 décembre 1942, d’après les registres du camp [1].

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. 21-10-1994).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 74, 127 et 128, 367 et 412. 
- Cl. Cardon-Hamet, Mille otages pour Auschwitz, Le convoi du 6 juillet 1942 dit des “45000”, éditions Graphein, Paris nov. 2000, page 117. 
- Archives Départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy, cote W1304/23.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 2-07-2008)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Concernant la différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil :

Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

S’agissant de Jean Manon, c’est le 1er août 1942 « sans autre renseignement » qui a été retenu pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.