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Auschwitz, le 8 juillet 1942.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau,
Oswiecim, Pologne.
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Jean, Charles, François, Hugues naît le 26 juin 1911 à Paris 14e (75).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 25, rue Gassendi, à Paris 14e (75). Il est marié et père d’un enfant.

Jean Hugues est machiniste théâtral ; selon un rescapé du convoi, Georges Marin, il travaille à l’Opéra de Paris.

Il est membre du Parti communiste. Inscrit à la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail), il appartient à l’Union Athlétique Jean-Jaurès (UAJJ).

Le 19 octobre 1940, Jean Hugues est arrêté pour distribution de tracts. À une date et dans des circonstances restant à déterminer, il est libéré.

En septembre 1941, son club sportif prend le nom d’Union Sportive du 14e et sert de couverture pour les activités clandestines de plusieurs de ses membres. Jean Hugues participe à de nombreuses actions : attentat contre une librairie allemande boulevard Saint-Michel, contre une librairie italienne boulevard Saint-Germain.

Le 28 avril 1942, Jean Hugues est arrêté à son domicile par la police allemande et la police française, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations collectives (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine, visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin. Avec lui sont arrêtés neuf de ses camarades (dont R. Deslandes), qui seront eux aussi des “45000” : ils sont conduits dès le lendemain au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Jean Hugues est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Jean Hugues est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45673 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée). Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20. Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés aux travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après les cinq premiers jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – il est dans la moitié des membres du convoi qui reste dans ce camp en construction choisi pour mettre en œuvre la “solution finale” (contexte plus meurtrier).

Le 12 janvier 1943, son nom est inscrit sur un registre de l’infirmerie (Revier [1]).

Il meurt à Birkenau, le 16 janvier 1943, d’après les registres du camp.

Il est homologué comme “Déporté politique”.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 372 et 408.
- Cl. Cardon-Hamet, Mille otages pour Auschwitz, Le convoi du 6 juillet 1942 dit des “45000”, éditions Graphein, Paris nov. 2000, page 521.
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : – Témoignages de la famille Deslandes – Témoignage de Madame Andrée Ponty, sœur de G. Ponty – Témoignage de Georges Marin (9/12/1991) – Article de M. Cottard, Revue d’Histoire du 14e, n° 29, p. 72 (fév. 1989) – Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen – Liste partielle du convoi établie par le Musée d’Auschwitz.
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…).
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 479 (2476/1943).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 3-06-2008)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Revier , selon Charlotte Delbo : « abréviation de Krakenrevier, quartier des malades dans une enceinte militaire. Nous ne traduisons pas ce mot que les Français prononçaient révir, car ce n’est ni hôpital, ni ambulance, ni infirmerie. C’est un lieu infect où les malades pourrissaient sur trois étages. ». In Le convoi du 24 janvier, Les Éditions de Minuit, 1967, p. 24. Le terme officiel est pourtant “hôpital” ; en allemand Häftlingskrakenbau (HKB), hôpital des détenus ou Krakenbau (KB). Dans Si c’est un Homme, Primo Lévi utilise l’abréviation “KB”.