JPEG - 77.3 ko
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Hilaire, Eugène, Seguin naît le 14 août 1901 à Jaunay-Clan (Vienne – 86), fils d’Auguste Seguin, 25 ans, employé de chemin de fer, et d’Aimée Plault, son épouse, 25 ans domiciliés à Saint-Benoît ; l’accouchement a lieu à la Payre, chez la mère de l’épouse.

Le 10 juillet 1923, Hilaire Seguin est embauché par une compagnie de chemin de fer – probablement la Cie du Sud-Ouest – qui fusionnera au sein de la SNCF début 1938 [1].

Le 20 mars 1926 à Tours (Indre-et-Loire), il se marie avec Marie Le Bée.

Le 9 février 1929 à Joué-lès-Tours (Loiret – 37), il épouse en secondes noces Marie Thomasic, née le 24 mai 1899. Il est père de Maurice, né le 5 février 1925 et de Suzanne, née le 2 février 1931.

Au moment de son arrestation, Hilaire Seguin est domicilié rue Parmentier à Joué-lès-Tours.

Il est alors ouvrier tourneur aux ateliers SNCF de Tours.

Il est connu de la police pour être un adhérent du Parti communiste.

Sous l’occupation (décembre 1941), l’ingénieur chef des ateliers exerce à son sujet « une surveillance particulière au cours de son service afin de déceler tous agissements tendant à une activité antinationale ». Il est signalé comme semblant « avoir repris une action néfaste ».

Le 10 février 1942, à 6 heures du matin, Hilaire Seguin est arrêté en même temps que Gaston Letondu par les autorités d’occupation, pris comme otage en représailles de l’exécution d’une sentinelle allemande survenue dans la nuit du 5 au 6 février, rue du Sanitas. Pendant un temps, ils sont détenus au quartier Lassalle à Tours, ancienne caserne du 501e régiment de chars.

À une date restant à préciser, ils sont internés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60),Frontstalag 122 – Polizeihaftlager, gardé par la Wehrmacht.

Après son arrestation, son fils Maurice est placé au pair, à la campagne.

Entre fin avril et fin juin 1942, Hilaire Seguin est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

JPEG - 128.9 ko

Il semble qu’Hilaire Seguin ait jeté sur la voie, près de Chalon-sur-Marne, un message transmis à sa famille et l’informant de sa déportation

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Hilaire Seguin est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46099 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 6 novembre 1942, d’après les registres du camp.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Joué-lès-Tours.

Sources : 
- Roger Arnould, article paru dans le journal de la FNDIRP, Le Patriote Résistant, n° 511, mai 1982. 
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 364 et 420. 
- Archives départementales de la Vienne, archives en ligne, état civil de Jaunay, registre des naissances de l’année 1901, acte n°29 (cote 5 MI 1191 1893-1902, vue 103/122). 
- Base de données des archives historiques SNCF ; région Sud-Ouest, agents arrêtés par les autorités allemandes (cote 0303LM0015-001, vue 361-428/449). 
- Site Mémorial GenWeb, 37-Joué-lès-Tours, relevé Thierry Montambaux (2002).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 3-04-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] La SNCF : Société nationale des chemins de fer français. À sa création, suite à une convention validée par le décret-loi du 31 août 1937, c’est une société anonyme d’économie mixte, créée pour une durée de 45 ans, dont l’État possède 51 % du capital.