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IDENTIFICATION INCERTAINE
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
(le détenu a bougé lors de la prise de vue) 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Henri, Louis, Ferchaud naît le 14 décembre 1895 à Gonnord (Maine-et-Loire – 49), fils de Jean Ferchaud, 35 ans, tailleur d’habits, et d’Anne Onillon, son épouse, 29 ans.

Considérant son âge, Henri Ferchaud devrait avoir été mobilisé au cours de la guerre 1914-1918 (à vérifier…).

Le 4 janvier 1919 à Saint-Denis-en-Val, près d’Orléans (Loiret – 45), il se marie avec Marguerite Poitou.

Le 10 avril suivant, il est embauché par une compagnie de chemin de fer qui fusionnera avec d’autres au sein de la SNCF début 1938 [1].

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 36, rue des Aydes à Sarans. Il est marié, avec deux fils.

Henri Ferchaud est alors ouvrier à l’entretien (matériel traction) aux ateliers SNCF des Aubrais-Orléans, réseau de la région Sud-Ouest.

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La gare d’Orléans-Les Aubrais dans les années 1900. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 19 octobre 1941, Henri Ferchaud est arrêté et conduit à la prison de Montargis. À une date restant à préciser (le 24 octobre probablement, comme Raymond Gaudry), il est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Un document de la SNCF daté de décembre mentionne que ses deux fils sont incarcérés, l’un pour cinq ans, l’autre pour dix-huit mois.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Comme la plupart de ses camarades, Henri Ferchaud jette depuis le convoi un message qui parviendra à ses proches : « Nous voilà déportés en Allemagne. Mais bonne santé et bon moral. » Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Henri Ferchaud est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45535, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Il meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942, d’après les registres du camp.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 25-02-1996).

Son nom est inscrit sur la plaque dédiée « à la mémoire des agents de la SNCF tués pour faits de guerre » dans la gare d’Orléans.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 12, 365 et 404. 
- Archives départementales de Maine-et-Loire, archives en ligne, état civil de Gonnord, registre de l’année 1885, acte 50 (vue 111/210). 
- Journal interne de la SNCF, Notre métier, n° 82 du 29-11-1946, p. 10 (document communiqué par Hervé Barthélémy, de l’association “Rail et Mémoire”). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 282 (38809/1942). 
- Base de données des archives historiques SNCF ; service central du personnel, agents déportés déclarés décédés en Allemagne (en 1947), de A à Q (cote 0110LM0108) ; région Sud-Ouest, agents arrêtés par les autorités allemandes (cote 0303LM0015-004, vue 29/374). 
- Site Mémorial GenWeb, 45-Orléans, relevé de Véronique Riffault, informations de Claude Richard (2002).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 3-04-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] La SNCF : Société nationale des chemins de fer français. À sa création, suite à une convention validée par le décret-loi du 31 août 1937, c’est une société anonyme d’économie mixte, créée pour une durée de 45 ans, dont l’État possède 51 % du capital.