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Droits réservés.

Gabriel Puech naît le 29 avril 1898 ou 1899 au Pré-Saint-Gervais [1] (Seine-Saint-Denis – 93).

Pendant la guerre de 1914-1918, il est engagé volontaire, affecté dans les sous-marins.

À une date restant à préciser, il épouse Marie (née Aimée-Claire ?). Ils ont un fils, Robert, né en 1922.

Pendant un temps, il travaille chez Letellier Frères, à Claye-Souilly (Seine-et-Marne).

Au moment de son arrestation, il est domicilié 17, rue Pierre-Curie à Drancy [2] (93).

Employé communal, Gabriel Puech est régisseur du garage de la ville (dans une lettre, il se déclare ouvrier d’entretien).

Il est membre du Parti communiste.

Il est mobilisé le 2 septembre 1939. Rendu à la vie civile fin juillet 1940, il reprend son emploi à la Ville.

Sous l’occupation, la police française note qu’il « se (livre) à la propagande clandestine ».

Le 5 octobre 1940, Gabriel Puech est appréhendé lors de la grande vague d’arrestations organisée dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise par les préfets du gouvernement de Pétain contre des hommes connus avant guerre pour être des responsables communistes (élus, cadres du PC et de la CGT) ; action menée avec l’accord de l’occupant. Après avoir été regroupés en différents lieux, 182 militants de la Seine sont conduits le jour-même en internement administratif au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Val-d’Oise – 95), créé à cette occasion dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.

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Centre de séjour surveillé d’Aincourt. Plan de l’enceinte 
montrant les points d’impact après le bombardement 
par un avion anglais dans la nuit du 8 au 9 décembre 1940. 
Arch. dép. des Yvelines, cote 1W71.

Pendant un temps, Gabriel Puech est assigné à la chambre n° 46.

Le même mois d’octobre, il est révoqué de son emploi pour activité politique suspecte.

Le 6 mars, sur le formulaire de « Révision trimestrielle du dossier » de Gabriel Puech, à la rubrique « Avis sur l’éventualité d’une mesure de libération », le commissaire spécial, directeur du camp, émet un avis défavorable en s’appuyant sur le constat que cet interné « suit les directives du Parti communiste » et malgré qu’il lui reconnaisse une « attitude correcte ».

Le 10 mars 1941, son épouse écrit au préfet de Seine-et-Oise afin de solliciter une autorisation de visite (la suite donnée à cette requête est inconnue…).

Le 22 mai 1942, Gabriel Puech fait partie d’un groupe de 156 internés – dont 125 seront déportés avec lui – remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Gabriel Puech est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46025 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée [3]).

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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Gabriel Puech.

Il meurt à Auschwitz à une date inconnue, probablement avant la mi-mars 1943 [4].

(aucun des six Drancéens déportés le 6 juillet 1942 n’est revenu)

Après la Libération, le Conseil municipal de Drancy donne son nom à l’ancienne rue de Saïgon.

Son nom est inscrit sur la plaque commémorative dédiée aux déportés et apposée à l’entrée de la mairie.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 18-04-1998).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 385 et 418. 
- Fonds Thorez-Vermersch, archives communales d’Ivry-sur-Seine : recueil Les communaux de Drancy en hommage à Maurice Thorez pour son 50e anniversaire (23 avril 1950), cellule Dumont-Palluy, RIVP, Porte de Bagnolet, Paris 20e, 80 Z2 – 143. 
- Monique Houssin, Résistantes et résistants en Seine-Saint-Denis, Un nom, une rue, une histoire, Les éditions de l’Atelier/ Les éditions Ouvrières, Paris 2004, page 63. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, carton BA 2214 (occupation allemande – communistes fonctionnaires internés…) : Le préfet de police au préfet de la Seine, courrier et liste du 7 octobre 1940. 
- Archives départementales des Yvelines (AD 78), Montigny-le-Bretonneux, centre de séjour surveillé d’Aincourt ; cotes 1w74 (révision trimestrielle), 1w148 (dossier individuel… presque vide). 
- Archives départementales de la Vienne, cote 109W75 (camp de Rouillé). 
- Mémorial de la Shoah, Paris, archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), Paris ; liste XLI-42, n° 151. 
- Site Mémorial GenWeb, 93-Drancy, relevé de Monique Diot Oudry (11-2004).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 23-02-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Le Pré-Saint-Gervais : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Drancy : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine. Elle est sinistrement connue pour avoir été le lieu d’implantation – dans la cité de la Muette inachevée – du camp de regroupement des Juifs (familles, vieillards, enfants…) avant leur transport vers les centres de mise à mort du génocide.

[3] Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été identifiée en 2007 par comparaison avec un portrait civil du Fonds Thorez-Vermersch communiqué par une internaute, Françoise Bulfay.

[4] Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – s’appuyant sur le ministère des Anciens combattants qui avait collecté le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ : concernant Gabriel Puech, c’est le 15 décembre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès. La parution au J.O. rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.