JPEG - 77.1 ko
Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Fernand Tilliet naît le 18 août 1907 à Villevaudé (Seine-et-Marne – 77).

En 1935, il est inscrit pour la première fois sur les listes électorales de Vanves [1] (Hauts-de-Seine – 92) au 80, rue de Paris. Après son arrestation, l’adresse mentionnée est le 14, rue de la Vieille-Forge à Vanves.

Marié, il a un fils, Jean, né le 16 mars 1936.

Pendant la guerre d’Espagne, il s’engage dans les Brigades internationales pour défendre la République espagnole contre la rébellion du général Franco soutenue militairement par Hitler et Mussolini (les conditions restent à préciser…).

Le 24 décembre 1941, peu après 6 heures du matin, dans le cadre d’une vague d’arrestations organisées par la police française contre 33 anciens membres des brigades internationales (dont Jean Cazorla,Maurice Fontès…), Fernand Tilliet est arrêté à son domicile par des agents du commissariat de Vanves (comme André Steff). Ils sont conduits à la caserne désaffectée des Tourelles, boulevard Mortier, Paris 20e, “centre surveillé” dépendant de la préfecture de police de Paris.

JPEG - 129.8 ko
La caserne des Tourelles, vers la Porte des Lilas, 
entre l’avenue Gambetta, à gauche, et le boulevard Mortier.
Carte postale d’après guerre.

Deux jours plus tard, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant l’internement administratif de Fernand Tilliet.

Le 5 mai 1942 à 4 heures du matin, il fait partie des 24 internés des Tourelles, pour la plupart anciens Brigadistes, que viennent « prendre des gendarmes allemands » afin de les conduire au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises.

JPEG - 145.8 ko
Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Fernand Tilliet est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46148 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Fernand Tilliet.

Il meurt à Auschwitz le 15 décembre 1942, d’après les registres du camp.

Son nom est inscrit sur le Monument élevé « en mémoire des victimes vanvéennes du nazisme » dans le square de la place de l’Insurrection.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 2-01-2001).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 384 et 421. 
- Musée de la Résistance nationale (MRN) Champigny-sur-Marne (94), carton “Association nationale des familles de fusillés et massacrés”, fichier des victimes (4060). 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA 1837 (internés dans différents camps…) – cartons “Parti communiste” : BA 2447 (chemise “1941, perquisitions particuliers”). 
- Site Mémorial GenWeb, 92-Vanves, relevé de Véronique Canova (04-2006). 
- Archives municipales de Vanves, listes électorales.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 20-02-2009)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Vanves : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).