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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz.
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Ernest, Frédéric, Rossignol naît le 25 décembre 1910 à Essart-le-Vicomte (Marne – 51), fils de Camille Rossignol et de Marie Purgot.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 26, allée Hoche à Issy-les-Moulineaux [1] (Hauts-de-Seine – 92).

À une date restant à préciser, il épouse Anne Marie (Sefrin ?), né le 15 novembre 1904. Ils ont deux enfants : Marie Jeanne, née le 25 novembre 1929, et Guy Ernest, né le 18 juin 1931.

Ernest Rossignol est rectifieur (dans quelle entreprise ? à vérifier…).

Sous l’occupation, la police française le considère comme un « militant communiste très actif ».

Il est arrêté par la police française pour une action de propagande menée dans sa commune le 4 mai 1941. Inculpé d’infraction au décret du 26-09-1939 (reconstitution de ligue dissoute), il est écroué le lendemainà la Maison d’arrêt de la Santé à Paris 14e.

Le 10 mai, la 12e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine le condamne à dix mois de prison. Le 29 avril, il est transféré à la Maison d’arrêt de Fresnes* (Val-de-Marne – 94). Le 28 juillet, la Cour d’appel de Paris réduit sa peine à six mois de prison.

À l’expiration de celle-ci, le 20 septembre 1941, il n’est pas libéré : le préfet de police de Paris signe un arrêté ordonnant son internement administratif. Pendant un temps, Ernest Rossignol est détenu au dépôt de la préfecture de police de Paris (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité).

Le 9 octobre 1941, il est parmi les 60 militants communistes (40 détenus venant du dépôt, 20 venant de la caserne des Tourelles) transférés au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne – 86) ; départ gare d’Austerlitz à 8 h 25, arrivée à Rouillé à 18 h 56.

Le 22 mai 1942, il fait partie d’un groupe de 156 internés – dont 125 seront déportés avec lui – remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux
du Mémorial de Margny-les-Compiègne,
installés sur une voie de la gare de marchandise
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Ernest Rossignol est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46071 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des “inaptes au travail” à la suite de laquelle 146 des “45000” sont inscrits sur le registre des décès en deux jours (probablement gazés [2]).

Son nom est inscrit sur le monument « à la mémoire des combattants et de toutes les victimes de guerre » d’Issy-les-Moulineaux, place Bonaventure-Lecat, derrière la mairie.

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Sur une des stèles du monument d’Issy-les-Moulineaux,
les “45000” : Delbès Camille, Dumont Paul, Lacour Louis
et Rossignol Ernest. Cliché Mémoire Vive.

Sur la stèle consacrée aux combattants mort en 1914-1918 figure également un nommé François Rossignol : est-ce un parent ? (vérifier : François Rossignol, né le 12 avril 1893 à Créteil, tué à l’ennemi le 22 août 1914 à Signeux en Belgique).

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 2-12-1998).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 150 et 153, 382 et 419.
- Musée de la Résistance nationale (MRN) Champigny-sur-Marne (94), carton “Association nationale de des familles de fusillés et massacrés”, fichier des victimes.
- Archives Départementales du Val-de-Marne, Maison d’arrêt de Fresnes ; dossier des détenus “libérés”, cote 511w.
- Archives de la préfecture de police de Paris, carton “Occupation allemande” BA 2397 (liste des internés communistes, 1939-1941).
- Archives départementales de la Vienne, cote 109W75 (camp de Rouillé).
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1026 (31732/1942).
- Site Mémorial GenWeb, 92-Issy-les-Moulineaux, relevé de Jérôme Charraud (11-2002).
- MPLF 14-18, moteur de recherche.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 13-08-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Issy-les-Moulineaux : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail” (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.