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IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oswiecim, Pologne. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Émile, Jean, Fromentin naît le 5 décembre 1887 à Brest-Recouvrance (Finistère – 29), fils de Jean Fromentin, 33 ans, deuxième maître magasinier, et d’Ambroisine Paul, son épouse, 20 ans.

Sur le registre du recensement militaire de Brest pour la classe 1907, Émile Fromentin est désigné comme marin sans spécialité résidant au Maroc (« Venigh Son » ? à vérifier…) ; il possède une instruction primaire plus développée que la simple maitrise de la lecture et de l’écriture (niveau 3). Peut-être s’est-il engagé dans la Marine nationale (à vérifier…). Son père est alors décédé et sa mère habite au 31, rue du Moulin, à Brest.

Émile Fromentin devrait avoir été mobilisé au cours de la guerre 1914-1918.

Pendant un temps, il aurait vécu à Boulogne-Billancourt.

Au moment de son arrestation, Émile Fromentin est domicilié au 40, rue du Rempart-Martinville à Rouen (Seine-Maritime [1] – 76). Il vit alors maritalement avec Léa Vaissac.

« Communiste militant », Émile Fromentin devient membre de la commission de propagande pour la région et, le 21 mars 1939, secrétaire de la cellule du quartier Saint-Hilaire où il habite – toujours selon la police – qui désigne sa compagne comme assesseur au sein de cette cellule (sous le nom de Léa Fromentin).

À des dates et pour un motif restant à préciser, il est arrêté puis finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne [2] (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Le 8 décembre 1941, il figure sur une liste de 28 communistes à « transférer vers l’Est », établie par laFeldkommandantur de Rouen : certains étaient déjà à Compiègne, d’autres viennent d’être arrêtées après l’attentat qui a eu lieu la veille au Havre.

D’après une signature portée sur un menu du repas de Noël 1941, Émile Fromentin serait alors assigné au bâtiment A2, chambre 8, avec Émile Billoquet, Jean Binard, Michel Bouchard, Honoré Brieu, Albert Champin, Marcel Le Dret et Julien Villette.

Entre fin avril et fin juin 1942, Émile Fromentin est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Émile Fromentin est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45562, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage publié à ce jour ne permet de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Émile Fromentin.

Il meurt à Auschwitz le 25 août 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 377 et 404. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Haute-Normandie réalisée 2000 à Rouen, citant : Mairie de Rouen, 18/7/1992 – Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen. 
- Archives municipales de Brest, site internet, archives en ligne, registre du recrutement militaire de l’année 1907 (cote 1H18), matricule n° 658 (vue 12938).
- Archives départementales de Seine-Maritime, Rouen, site de l’hôtel du département, cabinet du préfet 1940-1946, individus arrêtés par les autorités de Vichy ou par les autorités d’occupation, dossiers individuels de Dh à F (cote 51 W 415), recherches conduites avec Catherine Voranger, petite-fille de Louis jouvin (“45697”). 
- Mémorial de la Shoah, Paris, site internet, archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; doc. XLIII-56. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 319 (24676/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 19-09-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Seine-Maritime : département dénommé “Seine-Inférieure” jusqu’en janvier 1955.

[2] Sous contrôle militaire allemand, le camp de Royallieu a d’abord été un camp de prisonniers de guerre (Frontstalag 122), puis, après l’invasion de l’URSS, un « camp de concentration permanent pour éléments ennemis actifs ». À partir de septembre 1941, on y prélève – comme dans les autres camps et prisons de zone occupée – des otages à fusiller. À partir du 12 décembre 1941, un secteur du sous-camp “C” est réservé aux Juifs destinés à être déportés à titre de représailles. Le camp des Juifs est supprimé le 6 juillet 1942, après le départ de la plupart de ses internés dans le convoi transportant les otages communistes vers Auschwitz. Les derniers détenus juifs sont transférés au camp de Drancy (Seine-Saint-Denis – 93).