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Auschwitz, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oswiecim, Pologne. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Émile, Alfred, Bureau naît le 20 mai 1900 à Paris 18e (75), chez ses parents, Léon Bureau, 40 ans, cordonnier, et Virginie Leleu, son épouse, 32 ans, domiciliés au 8, cité Marcadet.

Le 9 septembre (ou novembre) 1918 à Paris 10e, Émile Bureau se marie avec Madeleine Colas ; mais ils divorceront.

Le 20 août 1927 à Paris 18e, il épouse Yvonne Isella (peut-être “Isabela”, téléphoniste, impliquée dans l’affaire Depriester ; à vérifier aux APP). Émile est père d’un enfant (né de quelle épouse ?) : Pierre.

Au moment de son arrestation, Émile Bureau est domicilié au 221, rue Championnet (18e), face au débouché de la petite rue Jacques-Cartier.

Il est membre du Parti communiste et secrétaire du Secours Populaire.

En 1937, en compagnie d’Henri Peiffer, Émile Bureau assiste à une conférence donnée par un antifasciste allemand évadé du KL Sachsenhausen, et découvre ainsi l’existence des camps nazis.

Le 22 juin 1941, Émile Bureau est arrêté à Paris par la police française.

Le 27, il est remis aux “autorités d’occupation” à leur demande et transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Émile Bureau est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Émile Bureau est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45311 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Émile Bureau.

Il meurt à Auschwitz le 21 septembre 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp.

Son fils Pierre, qui fait une carrière de réalisateur, essentiellement pour la télévision (ORTF) dans les années 1970, et devient le compagnon d’Anne Delbée, comédienne et metteur en scène, décède en 2004.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 373 et 397. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Témoignage d’Henri Peiffer, rescapé du convoi – Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen – État civil de la Mairie du 18e. 
- Archives départementales de Paris, site internet, archives en ligne, extrait du registre des naissances du 18e arrondissement à la date du 22-05-1900 (registre V4E 10437, acte n° 2289, vue 14/31). 
- Archives de la préfecture de police de Paris, classeur inventaire BS1. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 149 (32078/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 13-09-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.