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Collection José Martin. Droits réservés.

Angel Martin naît le 3 août 1915 à Bilbao (Espagne), fils cadet de Luis Martin et Angela Rodriguez, son épouse.

En 1916, son père vient d’abord seul en France pour travailler dans des usines d’armement, laissant en Espagne son épouse et ses deux garçons : Louis (Luis), l’aîné, né le 25 avril 1912, et Angel. Puis, il les fait venir un an plus tard. Trois autres enfants naîtront : Aurore, Carmen, née le 13 mars 1920, José, né le 28 avril 1922, et Raymond, né le 20 décembre 1924, tous à Vitry-sur-Seine [1] (Val-de-Marne – 94).

Luis Martin, le père de famille, loue une maison au 11, avenue Dubois (actuelle avenue Danielle-Casanova) à Vitry-sur-Seine. Il loue ou achète un jardin dans les environs de la Ferme de Vitry-sur-Seine, afin d’y cultiver des légumes pour la consommation familiale.

En 1927, Luis Martin meurt prématurément d’une maladie d’estomac. Louis, le frère aîné, devient alors chef de famille.

Angel Martin étant asthmatique, les médecins lui conseillent de travailler en plein air.

Il se fait embaucher comme jardinier chez des maraîchers, comme Madame Doriez de mars 1931 au 14 septembre 1939, mais il exercera également d’autres métiers, comme manœuvre, notamment sur le chantier de la centrale Arrighi de Vitry. Ayant une très mauvaise vue, il porte ordinairement des lunettes.

À cause de cette mauvaise vue et de ses problèmes respiratoires, il est exempté du service militaire.

Il est célibataire.

Sans être adhérent du Parti communiste, Angel Martin est membre du Comité de diffusion de L’Humanité (CDH) de Vitry et distribue le journal.

Au cours de la « débâcle » de juin 1940, son frère aîné Louis – ouvrier à la centrale Arrighi avant d’être mobilisé – est fait prisonnier de guerre (envoyé en Prusse orientale, il sera affecté à un travail de maçon). Angel – qui habite le domicile familial avec sa mère, ses autres frères et sœur – devient à son tour « soutien de famille ». Dans la même période, son jeune frère Raymond suit des cours de mécanique dans une école d’apprentissage, effectuant des stages en usine au Petit Estampage, à Vitry.

Dans la clandestinité, Angel fabrique et distribue des tracts, colle des affiches. Raymond (15 ans 1/2) participe à la distribution de ces tracts dans les alentours du domicile familial. Une machine d’impression ronéo (Gestetner) est utilisée dans leur grande cave (appartenant à un ancien marchand de charbon). Quelques jours avant son arrestation, Angel déménage – seul – la machine quelques rues plus loin, dans le cabanon de jardin d’une famille amie, rue de la Gaité à Vitry. Alors qu’il la transporte sur un petit chariot (peut-être un landau de bébé), il se rend compte qu’il est suivi à vélo par « le patron de l’hôtel du coin »…

Le matin du 22 avril 1941, Angel Martin est arrêté à son domicile par les gendarmes de la brigade de Vitry, probablement sur dénonciation, avec son frère Raymond. Après avoir été amenés à la gendarmerie de Vitry, ils ont conduits vers 21 h à la gendarmerie (ou au commissariat ?) d’Ivry-sur-Seine, puis au dépôt de la préfecture de police. Le lendemain, inculpés pour propagande communiste et placés sous mandat de dépôt par un juge d’instruction, Angel est écroué en détention préventive à la maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e) – n° 10.33-2 – tandis que Raymond est dirigé vers la Maison d’arrêt de Fresnes [1] (94), certainement au quartier des mineurs. Il y sera rejoint par « Loulou » , probablement Maurice Coulin, de Vitry. Les deux frères se revoient chez le juge, au Palais de Justice, lors de l’instruction de leur affaire. La mère de famille – la “ Paqua » – chez laquelle a été déposée la ronéo est rapidement disculpée de toute responsabilité ; elle sera simple témoin au cours de l’instruction.

Tout au long de sa détention et en chaque lieu, Angel notera très scrupuleusement le contenu de ses repas et ses dépenses de cantine. Dans ses lettres envoyées à sa famille, il donnera souvent des conseils précis à son jeune frère José pour cultiver des légumes dans le jardin familial.

Son courrier du 12 mai n’est pas posté par l’administration de la prison notamment parce qu’il y décrit sa cellule, théoriquement individuelle, mais partagée à trois, voire quatre, détenus – « Lettre à refaire : ne parler que de votre santé ». Il parvient néanmoins à transmettre cette lettre avec celle du 2 juin, sorties par son avocat.

Le 16 mai, après un deuxième passage devant le juge d’instruction, « l’affaire est close ».

Dans sa lettre du 25 juin, Angel fait allusion à l’attaque de l’Union soviétique par l’armée du Reich. Il écrit : « …pour le moral, il ne faut pas en parler. […] avec les événements qui se sont déclenchés dimanche, je suis gonflé à bloc, car c’est la libération des peuples qui arrive ».

Dans sa lettre du 30 juin, il annonce la date de son prochain jugement, mais aussi « qu’ils ont fait arrêter pas mal d’avocats qui défendaient les emprisonnés politiques “entre parenthèses” : Vianney, Pitard et les autres ». Il s’attend déjà à être interné dans un camp à sa sortie de prison. Son passage chez le coiffeur de la prison à la veille du procès lui déclenche une crise d’asthme.

Le 4 juillet, Angel et Raymond Martin comparaissent devant la chambre des mineurs (15e) du Tribunal correctionnel de la Seine. Leur mère a été convoquée à l’audience, comme civilement responsable de Raymond. Carmen est peut-être parmi le public. Un commissaire de police vient témoigner à charge. Angel est condamné à dix mois d’emprisonnement et cent francs d’amende, Raymond à six mois (Angel et sa mère devant payer les frais du jugement). Estimant que le verdict leur est plutôt favorable, ils ne font pas appel de la sentence ; « comme on a 10 jours après une condamnation pour faire appel, ils attendent que ce délai soit passé pour nous transférer… ». Sachant qu’il va être conduit à Fresnes, Angel songe à demander de pouvoir partager une cellule avec son frère.

Le 17 juillet, Angel est conduit à la maison d’arrêt de Fresnes (2e division, cellule 90, E.9321) où il retrouve son ami Victor Ruiz [2], de Vitry, détenu alors employé comme auxiliaire.

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La maison d’arrêt de Fresnes après guerre.
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Mais Raymond est transféré à la Maison centrale de Poissy (Yvelines – 78), où il subira de terribles brimades (« banc de… », astreint à rester assis avec les pieds qui ne touchent pas terre).

Dans une lettre envoyée de Fresnes le 20 juillet, Angel pense possible qu’il soit lui-même conduit à Poissy, avec d’autres condamnés.

Le jeudi 24 juillet – d’après ses listes de dépense de cantine -, il quitte Fresnes pour être conduit à la maison centrale de Clairvaux (Aube – 10). Il parvient à en faire sortir clandestinement des lettres rédigées sur des pages de cahier d’écolier (onze, sur six mois). Dans plusieurs d’entre elles, il donne des consignes afin que Raymond de retombe pas entre les mains de la police française après sa libération, préconisant qu’il parte se réfugier chez leur oncle (« Tio ») Laurent (Laurenzo) Rodriguez – frère de leur mère, Angela – domicilié à Arjusanx, près de Morcenx (Landes).

Fin septembre 1941, José profite des vacances pour faire le trajet à vélo avec un ami. Le dimanche, il peut voir son frère au cours des deux visites autorisées d’une demi-heure. José le voit pour la dernière fois, dans l’uniforme carcéral (« en tenue de bagnard »), chaussé de sabots en bois. Il lui montre une coupure de journal dans laquelle il est question qu’Angel subisse un nouveau procès, mais celui-ci ne s’en inquiète pas. Il ordonne à son jeune frère de cesser toute implication dans l’action clandestine.

À Clairvaux, Angel est en contact avec un nommé Renard, domicilié au 13, rue Philibert-Lucot à Paris 13e (il fait sortir clandestinement un message à destination de l’épouse de celui-ci).

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Clairvaux. La Maison centrale. Carte postale. Collection M. Vive.

Le 15 octobre, Angel sait que Raymond a enfin été libéré de la Maison centrale de Poissy et qu’il a été se réfugier chez leur oncle Laurent, dans les Landes. Dans la même lettre clandestine, Angel ajoute : « tout à une fin et je crois qu’elle approche, et en notre faveur cette fois-ci, car le camarade Staline est là et s’en occupe sérieusement avec l’Armée Rouge ».

Le 17 janvier 1942, dans sa dernière lettre clandestine de Clairvaux, il écrit : « …je devrais être libéré légalement le 21 janvier, mais, comme je l’avais pressenti et vous l’avais déjà dit, je suis maintenu par les autorités allemandes soi-disant, comme le sont déjà quelques camarades, et cela comme otage […] ainsi, ils gardent les copains responsables et les meilleurs militants du Parti à leur disposition, se réservant le droit de faire des représailles sur nous à l’occasion, comme ils l’ont fait ici il y a quelques jours […] vous saurez que l’on a fusillé huit camarades dans la région de Dijon et deux ici : un nommé Petitjean, lui-même de la région dijonnaise, et l’autre était le camarade Léon Frot, conseiller municipal de Paris 11e. On est venu prévenir ces deux camarades le mardi 13 janvier à onze heures qu’ils seraient fusillés à cinq heures du soir, en représailles de l’assassinat d’un colonel allemand à Dijon [?] ». En post-scriptum, il demande à son frère José de lui faire parvenir deux ou trois petits calendriers des postes (année 1942).

Le 13 février 1942, le préfet de l’Aube reçoit des autorités d’occupation l’ordre le faire transférer Angel Martin et cinq autres détenus de Clairvaux – tous futurs “45000” – au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Angel Martin arrive au camp le mardi 24 février. « …si l’on y mange pas mieux [qu’à Clairvaux], on n’est pas avec des bandits et voleurs : ce n’est que des copains, j’en ai vu au moins vingt de Vitry… ».

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Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne,
futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ;
à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8.
Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Assigné au bâtiment A8, matricule 3635, Angel Martin fait partie d’un groupe de sept copains pour le partage des colis. Il suit très sérieusement plusieurs cours dispensés par ses camarades détenus : algèbre, géométrie, sciences physiques et sciences naturelles, histoire de France, géographie… Là encore, il réussit à faire sortir clandestinement plusieurs messages, rédigés d’une petite écriture très lisible, qui parviennent à sa famille par l’intermédiaire de Monique Tardieu [3], épouse de Gérard Tardieu qui vient dîner chez eux au cours du mois de mars.

Le 27 avril, Angle Martin annonce que son groupe a été transféré au bâtiment A0 (le 2 juin, il écrira à sa mère que le vent « a enlevé la moitié du toit »).

Le 12 mai, il écrit : « on a fait une équipe de basket avec le fils de Louis, du fort [peut-être Jean Hernando], Daniel [Germa ?] et Émile, et ça marche à fond : ils ont la forme et moi aussi ». Il transmet le bonjour à Carmen, la sœur de Jean Hernando.

Le 20 juin : « …il y a une commission qui fonctionne. Et, si des gars sont libérés, […] qu’est-ce qu’il y a comme avis et comme paperasse : hier, ils ont pris les cartes d’identité… », « …j’ai appris que l’on a fusillé le pauvre Victor [Ruiz, « ce vieil ami si cher »] il y a deux mois. […] cela m’a fait un drôle de coup, car un ami comme lui, ça touche quand même. Enfin, encore un à venger… Faites-vous les interprètes auprès de ses frères pour moi. ». Le 16 juin, dans une carte de correspondance officielle, il écrivait : « …je viens d’apprendre la grave maladie qui a emporté le pauvre Victor. Cela a dû faire un drôle de coup à sa famille, ainsi qu’à vous et surtout aux copains ».

Le 24 juin, sur une autre carte, il écrit : « Chère Maman, je suis en bonne santé, et chanceux d’avoir passé, ainsi que les copains, sans dégât au travers du bombardement de cette nuit ».

Entre fin avril et fin juin, Angel Martin est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 1er juillet, dans un petit message sorti clandestinement, Angel Martin annonce à sa famille : « …depuis quelque temps, il y a du remue-ménage ici, car 19 copains sont partis ; peut-être en verrez-vous un. Et hier, on a passé une visite et il court le bruit que l’on va aller travailler en Allemagne… ».

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne – sur la commune de Margny – et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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À Châlons-sur-Marne, Angel Martin écrit puis jette sur la voie un message qui parviendra à sa mère.

Celle-ci recevra également la carte-formulaire (verte) émise par la direction du camp le 17 juillet et annonçant son “transfert”.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Angel Martin est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45844 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz.
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

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Portail du sous-camp de Birkenau, secteur B-Ia, semblable
à celui du secteur B-Ib par lequel sont passés tous les “45000”.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Angel Martin.

Angel Martin meurt à Auschwitz le 30 août 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp.

(aucun des treize “45000” de Vitry n’est revenu).

Par une déclaration sur papier à en-tête de la FNDIRP et datée du 23 mai 1945, Frédéric Ginollin, de Paris, qui l’a peut-être connu à Clairvaux, atteste de son décès.

Angel Martin est homologué dans la Résistance Intérieure française (RIF), avec le grade d’adjudant, pour son activité au sein du Front national [4] (6-8-1948).

Son nom est inscrit sur le monument « À la mémoire de Vitriotes et des Vitriots exterminés dans les camps nazis » situé place des Martyrs de la Déportation à Vitry.

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Une plaque dédiée aux “45000” vitriots a été apposée
au dos du monument. Elle est parfois masquée par la végétation.
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La plaque apposée pour le 50e anniversaire de la libération
des camps (avril 1995).

José Martin, frère d’Angel, qui n’a jamais abandonné le combat social de ses parents et camarades, porteur de leur mémoire et adhérent de Mémoire Vive, décède à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre le 18 mars 2014, âgé de 91 ans, sa dépouille étant incinérée – selon son souhait – au crématorium du Père-Lachaise et ses cendres dispersées.

Sources :

- José Martin, son frère, témoignage (01-2007), documents.
- Informations collectées par José Martin pour Roger Arnould (FNDIRP), 1973.
- 1939-1945, La Résistance à Vitry, Ville de Vitry-sur-Seine, 1992, page 19.
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 390 et 413.
- Archives départementales de l’Aube, site internet, cote 310W114.
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 784 (25911/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 30-03-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Vitry-sur-Seine et Fresnes : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, ces communes font partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Victor Ruiz, né le 16 avril 1917 à Arques (Pas-de-Calais), domicilié à Vitry-sur-Seine, ancien membre des brigades internationales, interné au camp de Choisel à Châteaubriant, célibataire. Le 23 avril 1942, lui et Henri Cario, de Carhaix-Plouguer (Finistère) sont pris Choisel par la Wehrmacht, fusillés à Nantes, puis inhumés dans la soirée au cimetière de Grandchamp-des-Fontaines, sous sépultures anonymes, avec la seule présence du maçon fossoyeur requis et du maire de la commune. En 1949, leurs dépouilles sont exhumées et rendues à leur famille. Victor Ruiz est inhumé au carré militaire de Vitry-sur-Seine. Le 11 novembre 2006, dans le cimetière de Grandchamp, une stèle commémorative apposée à l’initiative du Souvenir Français est dévoilée par le maire de la commune. (source : L’Écho des Fontaines, journal municipal de Grandchamp-des-Fontaines, nov.-déc. 2006)

[3] Monique Tardieu a transmis les messages sortis clandestinement de plusieurs internés. Domiciliée à Montrouge avec son mari, elle a aussi une planque à Paris 13e (entrée en clandestinité après l’arrestation de celui-ci ?).

[4] Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France : mouvement de Résistance constitué en mai 1941 à l’initiative du PCF clandestin (sans aucun lien avec l’organisation politique créée en 1972, dite “FN” et toujours existante).