JPEG - 63.4 ko
André Duret en 1939. Droits réservés.

André Duret naît le 5 novembre 1916 à Paris 8e (75), fils de Louis Duret (26-10-1886) et de Charlotte (4-06-1889), son épouse.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 13, rue Voltaire à Levallois-Perret [1] (Hauts-de-Seine – 92). Il est célibataire.

André Duret est chef comptable.

Le 20 janvier 1941, il est arrêté par le commissaire de la circonscription de Courbevois, pour « détention de tracts communistes » ; en fait, des documents de l’association sportive dissoute, l’Étoile Rouge Sportive, transformée ensuite en Club Athlétique de Levallois, puis en Association Sportive de Levallois. Un rapport du P.C. clandestin signalait pour cette commune : « La FSGT fonctionne, la direction nous appartient. La liaison est établie. […] SPORTS – 1 club existe qui est dirigé par nos camarades du Parti. »

JPEG - 126.7 ko
Palais de Justice de Paris, île de la Cité, Paris 1er. 
Tribunal correctionnel, un des porches du rez-de-chaussée. 
(montage photographique)

Le 16 janvier, André Duret comparaît seul devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de la Seine. Il est condamné à six mois de prison et fait appel le 15 février. Pendant un temps, il est écroué à la Maisond’arrêt de Fresnes [1] (Val-de-Marne – 94). À l’expiration de sa peine, il est relaxé.

Le 28 avril 1942, André Duret est arrêté à son domicile, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine – avec le concours de la police française – et visant majoritairement des militants du Parti communiste. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, André Duret est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

JPEG - 128.9 ko

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, André Duret est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45515 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée [2]).

JPEG - 70.3 ko
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

On ne connaît pas la date exacte de sa mort à Auschwitz ; probablement avant la mi-mars 1943 [3].

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 26-05-1989).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 383 et 403. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” des Hauts-de-Seine nord (2002), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (fichier central). 
- Archives de Paris, registre du greffe du tribunal correctionnel de la Seine. 
- Musée de la Résistance nationale (MRN) Champigny-sur-Marne (94), carton “Association nationale de des familles de fusillés et massacrés”, fichier des victimes (4133). 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…) ; carton « PC » VII (activité communiste pendant l’occupation), chemise « réponse des commissariat », rapport du 6 mars 1941).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 26-01-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Levallois-Perret et Fresnes : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, ces communes font partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Le portrait d’Auschwitz a été identifié en janvier 2006 par comparaison avec une photographie conservée par son neveu Claude Duret.

[3] Différence de date avec celle inscrite sur les actes d’état civil en France : Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

Concernant André Duret, c’est la fin décembre 1942 qui a été retenue pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.