Alphonse Mérot, né le 1er mars 1905 au Grand Cerisier à Simard (Saône-et-Loire), domicilié à Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), mort à Auschwitz le 19 septembre 1942.

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz.
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Alphonse Mérot naît le 1er mars 1905 au Grand Cerisier à Simard (Saône-et-Loire – 71), dans une famille d’agriculteurs, fils de Marie Mérot, 42 ans, et de père inconnu.

Le 1er mai 1925, Alphonse Mérot est appelé pour accomplir son service militaire ; il habite alors encore à Simard et se déclare comme cultivateur. Incorporé le 15 mai comme soldat de 2e classe au 134e Régiment d’Infanterie à Mâcon, il est décrit comme mesurant 1 mètre 56, ayant les yeux gris, les cheveux blonds.

Rendu à la vie civile le 10 mai 1926, il retourne à Simard, puis s’installe presque aussitôt au hameau du Chapot à Verdun-sur-le-Doubs, peut-être avec sa future épouse. Fin 1926, il emménage au 3, rue du Blé à Chalon-sur-Saône (71), puis, à l’été 1929, rue du Sergent-Bobillot dans la même ville.

Le 25 mai 1929, à Chalon-sur-Saône, Alphonse Mérot épouse Jeanne (« Jeannette ») Thibert, sans profession, née le 21 septembre 1908 à Saint-Martin-en-Bresse (71). Ils ont deux filles (les « Chipettes ») : Geneviève (« Ginette »), née le 22 mars 1930, et Andrée (« Dédée »), née le 28 janvier 1932.

Au moment de son arrestation, la famille est domiciliée au 4, avenue Victor-Hugo à Chalon-sur-Saône (71).

Alphonse Mérot cultive un jardin potager et joue aux boules à la Boule d’Or et « aux Platanes ». À un certain moment, il étudie l’Anglais en autodidacte, utilisant un manuel.

Il est ouvrier maçon. Du 15 mars 1935 au 26 décembre 1936, il travaille chez Taillandier & Vallot, entrepreneurs de maçonnerie à Chalon. En juin 1937, il travaille chez J. Varenne, constructeur de four à Macon, et chez Moliné et Cie à Dijon.

À partir de novembre 1937, il est salarié comme permanent de l’Union locale des syndicats confédérés de Chalon-sur-Saône.

Ayant adhéré au Parti communiste en 1930, Alphonse Mérot devient secrétaire adjoint du rayon de Chalon en 1932.

Secrétaire de l’Union locale unitaire (CGTU) de Chalon en 1933, il est l’un des artisans de la réunification syndicale (CGTC-GTU) comme secrétaire adjoint de la commission exécutive mise en place en 1935 et présentée au congrès de réunification du 12 janvier 1936.

En 1938, il est secrétaire de la Bourse du Travail de Chalon. Il succède à Jean Damichel [1] comme secrétaire de l’Union départementale des syndicats CGT de Saône-et-Loire.

Mobilisé à Mâcon le 4 septembre 1939, Alphonse Mérot n’est pas fait prisonnier et est renvoyé dans ses foyers le 26 juillet 1940. Chalon-sur-Saône est alors devenue ville frontière.

Il reprend son travail de maçon sur les chantiers (Taillandier…) ; lors de sa détention, son épouse recevra avec retard le versement de ses congés payés dus par les Ponts-et-Chaussées.

Il participe à la Résistance aux côtés de Marcel Chauville. Dès 1940, il participe à la rédaction, confection et distribution de tracts et à la constitution du premier groupe armé (futurs FTP) de la région chalonnaise (attestation de M. Chauville).

Le 5 juin 1941, l’inspecteur principal de Police mobile B. transmet au commissaire divisionnaire, chef de la 11e brigade de Police mobile à Dijon (Côte-d’Or – 21) une liste de 28 «  individus signalés comme militants de l’ex-parti communiste dans le département de Saône et Loire » : Alphonse Mérot figure sur cette liste, ainsi que Pierre Vendroux et Paul Girard.

Le 23 ou 24 juillet 1941, le domicile d’Alphonse Mérot est perquisitionné et il est arrêté (par les Allemands ?) et mis au secret dans une cellule de la prison de Chalon. Il n’est soumis à aucun interrogatoire. Le 2 août, il est conduit en automobile à la prison départementale de Dijon, où il arrive dans l’après-midi sans « avoir vu personne de connaissance ».

Dans une lettre écrite le lendemain, il préconise à son épouse de trouver du travail en usine, se demandant si elle pourra passer l’hiver en gardant leur deux filles avec elle (en octobre, Jeanne Mérot fera les vendanges à Saint-Mond [?] ).

Le jour-même où il rédige cette lettre, Alphonse Mérot fait partie d’un groupe de détenus escortés par des Feldgendarmes – en train, via Paris – au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Pendant le trajet, il trouve le moyen de jeter une carte sur la voie à « Laroche » (après Berzé-la-Ville, ou à la Roche-Vineuse, avant Berzé-la-Ville ?).

Arrivé le lundi 4 août au soir à Compiègne (matricule 1499), il rejoint Claude Chassepot, Charles Renaud, de Montceau-les-Mines, et Paul Girard, de Montchanin, avec lesquels il constitue un groupe de partage des colis (bâtiment A5, entre autres). Il retrouve également son ami, l’instituteur Jean Damichel [1] (« le Jean »).

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La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers
bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”,
désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”.
À l’arrière plan, sur l’autre rive de l’Oise,
l’usine qui fut la cible de plusieurs bombardements
avec “dégâts collatéraux” sur le camp.
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Dans sa première lettre autorisée, datée du 6 août, Alphonse Mérot écrit à son épouse : « Ce qu’il me faudrait, […] un crayon et un bloc-notes (pas de papier à lettres) car il y a des cours d’allemand, d’anglais, etc. » Le 16 août, il écrit : « Des libérations ont eu lieu, et j’en ai profité pour aller avec Jean et des Montcelliens », ce qui semble signifier qu’il peut changer de bâtiment ou de chambrée. Le 30 août : « Je n’ai pas encore été interrogé et je commence à croire que je ne le serai pas. » Le 14 septembre : « Mardi, nous allons enfin être interrogés ! Une commission fonctionne. Elle est venue à mon arrivée au camp : 300 libérations [illisible]. Il y en aura sûrement encore cette fois,… […] Il y a là de bons camarades, députés, avocats, professeurs, etc., qui font ce qu’ils peuvent pour que le temps paraisse moins long. Ainsi, aujourd’hui il y a une exposition d’objets fabriqués par les internés, et ce soir, une petit concert composé de saynètes et de chants. Malgré cela, ma pensée s’en va au-delà des barbelés vers toi, vers vous mes chéries si lointaines. »

Le 19 septembre : « Il y a ici un remue ménage affreux […] Aujourd’hui, nous avons également changé de bâtiment et nous sommes en pleine réinstallation ». «  J’ai passé à l’interrogatoire qui a surtout porté sur mon activité syndicale. »

Alphonse Mérot souffre du manque de courrier et de la lenteur de son acheminement. Entre le 5 août 1941 et le 18 juin 1942, lui-même peut envoyer à son épouse une cinquantaine de lettres et de cartes de correspondance, qu’il numérote à partir du 7 janvier afin de vérifier que toutes parviennent à leur destinataire. Il reçoit de ses proches plusieurs colis dont il partage les vivres avec ses compagnons.

Le 26 septembre 1941, il écrit : « Tu ne reçois rien de moi. Et pourtant, depuis mon arrivée ici, je t’ai envoyé 4 lettres et 5 cartes ; ce qu’on me donne. ». Le 26 septembre encore, il demande « une valise pour ranger mes affaires, mon livre d’anglais car j’en fais avec le Jean, ainsi que de l’allemand… » Le 3 octobre : « Je continue à étudier avec le Jean, car il n’y a plus de cours, et à bricoler des sous-mains pour les petites pour faire passer le temps. »

À la mi-octobre, il reçoit de l’administration du camp une « paire de gros sabots qui font au moins 5 kg pièce ». Le 17 octobre, il demande, entre autres : « …un cahier, car mes cours me bouffent du papier. Je commence à baragouiner un peu d’allemand, d’anglais et d’espéranto. » Il apprécie ces cours dispensés par l’organisation des détenus : « Si les chipettes souffrent des événements dans leur fréquentation scolaire, tu verras que je suis à même de la compléter ».

Le 31 octobre : « Je suis revenu à mon ancienne adresse, A5 : il y a eu déménagement car il y a du renfort. »

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Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne,
futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ;
à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8.
Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Le 11 novembre : « Il ne faut pas compter sur des libérations maintenant. Nous n’avons plus de journaux. Heureusement, que les cours ont repris – hélas, il manque des maîtres – car cela passe mieux le temps. »

Le 21 novembre 1941, il expose son emploi du temps. « Lundi : à 9h30, Allemand ; à 10h30, Français supérieur ; à 14h, Anglais ; à 15h, Arithmétique – Mardi : à 14h, Littérature ; à 15h, Géographie – Mercredi : à 9h30, Allemand ; à 15h, Sciences – Jeudi : à 9h30, Français ; à 14h, Littérature – Vendredi : à 10h, Allemand ; à 15h, Géométrie – Samedi : à 9h30, Anglais ; à 15h, Algèbre. En plus, de 13h à 14h, tous les jours : Espéranto. »

Le 30 décembre : « Ici rien de nouveau, sauf que le froid est plus vif et qu’on la saute de plus en plus. ».

L’hiver est très froid : le 22 janvier 1942, il fait moins 20°. Faute de chauffage, les détenus passent une grande partie de leurs journées au lit, sous leurs couvertures. Alphonse Mérot a des engelures aux mains.

Dans les périodes plus clémentes, pour passer le temps, il fabrique de petits objets destinés d’abord à ses fillettes : cadres photos, portes-lettres, protèges-cahiers…

Il fait souvent allusion à l’arrivée de groupes d’internés. Le 10 février : « Pour le moment, il vient toujours ici de nouveaux pensionnaires » ; le 26 avril : « nous attendons un grand nombre d’ “invités” » (allusion à la rafle parisienne du 28 avril ?) ; le 10 mai : « De nombreux nouveaux sont arrivés », parmi lesquels les otages du Calvados.

Dans son cahier d’algèbre, Alphonse Mérot consigne – peut-être pour les dissimuler – d’autres informations sur son expérience du camp : le quotidien, la faim, le froid, les sanctions collectives, les exécutions d’otages… À la date du 19 septembre, il note : « Je passe à l’interrogatoire : identité, profession, date d’entrée et de sortie du parti, fonctions occupées, etc. Les premiers attentats ont lieu, nous sommes otages. » ; « Dans le courant octobre, 600 nouveaux arrivent au camp » ; début mars 1942 : « J’apprends les attentats de Montceau, Montchanin et Chalon ! Cette fois, est-ce que notre tour est venu ? » ; le 8 mai : « Je maigris toujours. Il faudra pourtant bien que cela s’arrête, car il n’en reste pas épais de ce qui fut moi. » ; le 20 mai : « Aujourd’hui, sont arrivés ici Polo V. (Pierre Vendroux) et d’autres Chalonnais : Rosier, Michaud, venant de Beaune. […] J’ai appris le sort de ce pauvre Paul, que Jean  [1] avait pu écrire une dernière lettre. » ; s’adressant à son épouse Jeanne : « Le 26 (juin], j’ai causé longtemps avec toi en rêve, j’étais libéré. Pourquoi le réveil vient-il ? »

Dans une lettre du 7 juin, il fait dire à son ami Kinou qu’il a « gagné en 15 jours deux concours de boules ici, et quel prix : un demi-paquet de tabac. »

Entre fin avril et fin juin 1942, Alphonse Mérot est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée, suivant un ordre de Hitler, en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande.

Le 1er juillet, son épouse lui écrit une lettre qui lui revient avec la mention (tamponnée) « Retour à l’envoyeur ».

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sélectionnés sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne – sur la commune de Margny – et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Alphonse Mérot est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45875 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée). Il est déclaré comme maçon (“Maurer”).

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Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le « camp souche ».
« Arbeit macht frei » : « Le travail rend libre »
Carte postale. Collection mémoire Vive.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit. Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – Alphonse Mérot est dans la moitié des membres du convoi qui est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Il est assigné au Block 16A avec d’autres “45000”.

Le 15 juillet, l’administration du camp envoie à son épouse une carte-formulaire reçue également par d’autres familles : « (…) le détenu (…) a été transféré dans un autre camp pour travailler. Le lieu de destination ne nous est pas connu, de sorte que vous devez attendre des nouvelles ultérieures… ».

Le 12 août, Alphonse Mérot est signalé comme travaillant à la construction (ou à l’élévation d’un étage ?) du Block 23.

Alphonse Mérot meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942, d’après les registres du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des “inaptes au travail” à la suite de laquelle 146 des “45000” sont inscrits sur le registre des décès en deux jours (probablement gazés [2]). Le registre indique pour cause – mensongère – de sa mort : « œdème péricardiaque » (Herzwassersucht).

Fin février et début mars 1946, Pierre Vendroux, de Chalon-sur-Saône, et Gabriel Lejard, de Dijon, rédigent et signent chacun une attestation de décès (G. Lejard estime qu’Alphonse Mérot est mort le 28 septembre…).

L’armée française le considère comme sergent au titre de la Résistance intérieure française (RIF)(20-03-1950) ; sa veuve touche un arriéré de solde à compter de la date de son arrestation (« 1 an 1 mois 27 jours de détention ».

Le nom d’Alphonse Mérot est inscrit sur le monument de la déportation de Chalon-sur-Saône, placé sur le mur du cimetière ouest, avenue Boucicaud.

Sources :

- Documents de famille fournis par sa petite-fille, Sylvie Muller (08, 10 et 12-2007).
- P. Goujon, notice in Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean Maitron (aujourd’hui Claude Pennetier), citant : Arch. Nat. F7/13130. 13256 – Arch. Dép. Saône-et-Loire, série M, police politique – La Voix du peuple, janvier 1936 – Notes de H. Louis.
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 150 et 153, 370 et 413.
- Cl. Cardon-Hamet, notice (12-03-2006) pour la présentation de son livre à Chalon-sur-Marne, citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (liste des déportés de France morts entre le 18 septembre au 29 septembre 1942).
- État civil de la mairie de Simard (71).
- Archives départementales de la Côte-d’Or, cote 1072 W, article 1.
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 801 (31805/1942).
- Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, copie partielle d’un registre des détenus du Block 16, acte de décès du camp, transmis par Sylvie Muller.
- Site internet Mémorial GenWeb, relevé de Éric Blanchais (2003).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 31-05-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

Notes

[1] Jean Damichel, instituteur à Saint-Jean-des-Vignes (muté à Cressy-sur-Somme en 1940), militant communiste et syndicaliste. Il est arrêté par la police allemande le 27 juillet 1941.

Dans une lettre de Compiègne, Alphonse Mérot écrit de son ami : « … nous causons souvent de vous avec le Jean aux heures sombres et nous étudions… ». Jean Damichel est extrait de Compiègne-Royallieu le 9 décembre 1941 et fusillé le 15, au Mont-Valérien, comme otage. Une cotisation de solidarité sera versée à son épouse, notamment par l’intermédiaire de Jeanne Mérot.

[2] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail” (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.