Photographiée à Auschwitz-I, le 3 février 1943.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Oswiecim, Pologne.
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Suzanne Berthe Angèle Boineau naît le 13 mai 1893 à Arçais (Deux-Sèvres – 79), au domicile de ses parents, Auguste Léon Boineau, 34 ans, sabotier, et Marie Octavie Adèle Ménard, 26 ans.
Suzanne a deux sœurs plus âgées : Marie Béatrice « Gilberte », née le 15 décembre 1886, et Marie Léona, dite “Anne”, née le 19 mai 1888, toutes deux à Arçais,
La famille vit ensuite (1901) à Le Vanneau (79) où un frère, Roger, naît le 29 juin 1896, et enfin à Frontenay-Rohan-Rohan (79), où existe une fabrique de sabots et où les parents décèderont (la mère avant 1914).

En 1907 puis en 1910, Suzanne Boineau bénéficie d’une bourse du Conseil Général des Deux-Sèvres pour suivre des études d’institutrice. Elle enseigne d’abord à l’école des filles de Saint-Martin-de-Sanzay (79), à 114 km de Frontenay-Rohan-Rohan, à la limite nord du département.

Le 30 décembre 1914, à Parthenay, son frère Roger, alors maréchal-ferrant, s’engage volontairement pour la durée de la guerre au 28e régiment d’artillerie de campagne (RAC) de Vannes ; il y est affecté comme deuxième canonnier conducteur. Il part aux armée le 4 septembre 1915 à la 49e batterie. Le 26 juin 1916, il est “tué à l’ennemi” au Bois des Hospices, lors d’un bombardement de sa batterie, avec un maréchal des logis et un autre canonnier, puis il est inhumé au cimetière communal d’Haudainville (Meuse). Le 15 juillet suivant, il est cité à l’ordre de son régiment : « … servait sa pièce avec le plus grand sang froid sous un violent bombardement. A été tué à son poste ». Son nom sera gravé sur le monument au morts de sa commune, « Pro Patria – À la mémoire glorieuse des enfants de Frontenay Morts pour la France 1914-1918 », ainsi que sur une stèle à l’intérieur de l’église, sur le mur de la nef de droite.

Frontenay-Rohan-Rohan. Le Monument aux Morts.
Carte postale, collection Mémoire Vive.

En 1925, Suzanne participe à un voyage en URSS au sein d’une délégation de militants syndicaux unitaires (CGTU). C’est ainsi qu’elle fait la connaissance de son collègue Émile Costentin, âgé de 36 ans, né le 5 mars 1889 à Bréhal (Manche). Exempté de service militaire en 1911, mais mobilisé contre l’Allemagne à partir du 25 mars 1915, affecté au 205e régiment d’infanterie, le jeune soldat a été en « hôpitaux et convalescence » du 22 mars 1916 au 3 novembre 1917, puis « à l’intérieur » jusqu’au 29 juin 1918. Depuis sa démobilisation, il souffre de graves séquelles de maladies contractées ou apparues en service, et qui iront en s’aggravant : tuberculose pulmonaire, « contracture des pieds en équinimisme avec déformation des orteils » (« varus équin », « marche difficile et douloureuse »), légère surdité de l’oreille gauche suite à une otite.

Le 3 août 1926, au Havre (Seine-Inférieure / Seine-Maritime), Suzanne, âgée de 28 ans, et Émile se marient.

Militants syndicaux, les Costentin luttent contre les déplacements d’office d’instituteurs, « sanctions de bas-empire aussi néfastes à l’école qu’aux maîtres laïques », souvent appliquées à des enseignants auxquels on ne reproche que des opinions ne plaisant pas aux « maîtres de l’heure ».
Eux-mêmes sont victimes du « maintien d’office », sanction disciplinaire ne permettant aucun recours légal, véritable « interdiction de séjour » pour des postes auxquels les instituteurs auraient légitimement droit, ou « bannissement » dans des postes souvent déshérités.

D’abord nommés à Fécamp (76), ce n’est qu’au bout de plusieurs années et d’un combat syndical acharné que Suzanne Costentin et son mari Émile obtiennent leur mutation à Rouen (76). En février 1933, Émile habite au 33 rue Marie Aroux, une petite maison dans un quartier pavillonnaire.

À une date restant à préciser, Suzanne est nommée sur un poste d’institutrice à l’école maternelle Pauline Kergomard à Rouen, dans l’un des quartiers les plus pauvres de la ville, la Croix de Pierre.

Membres du Parti Communiste, ils font l’objet d’une surveillance policière : Émile Costentin possède un dossier au fichier central de la Sûreté Nationale sur la période 1921/1932.

Émile Costentin décède prématurément le 7 décembre 1934 en son domicile [?], Villa Acalmie, route de Tercis à Dax (Landes), ville thermale, à la suite de ses problèmes de santé (le 28 février 1935, l’inspection d’académie consultera le dossier militaire d’Émile préalablement au versement d’une pension de veuve à Suzanne). Ils n’auront pas eu d’enfant.

En 1939, Suzanne Costentin habite à Rouen, 13 rue Pouchet.

Elle est secrétaire de la Maison de la culture de Rouen (qui sera fermée pendant la guerre), et secrétaire adjointe du Syndicat unitaire de l’Enseignement laïc de Seine-Inférieure, chargée du bulletin syndical.

Parallèlement, elle mène des recherches artistiques personnelles : ses travaux sur aluminium et cuir sont alors largement connus et lui valent d’élogieux articles dans différentes revues d’art [à préciser…]. De plus, elle aime les livres et possède une belle bibliothèque.

Plusieurs témoignages ultérieurs de ses camarades de lutte renseignent en partie sur son activité entre 1940 et 1942 : comme de nombreux enseignants de son proche entourage, elle poursuit son engagement politique et syndical, et vient en aide aux militants entrés dans la clandestinité et pourchassés (André Pican, Arthur Lefebvre, René Longé, Valentin Feldman, François Gaonac’h). Elle intègrera le mouvement Front National [1] après sa création, à l’été 1941.

Dans un article publié dans L’Avenir Normand, organe local du PCF, le 12 septembre 1949, François Gaonac’h, résistant, relate les premières prises de contacts de Suzanne Costantin et de ses camarades après l’armistice signé par le maréchal Pétain :
« Point n’est besoin de fermer les yeux pour vous revoir, mes camarades. Vous êtes en effet toujours présents, avec nous. À quelques années de distance, vos figures ont non seulement pris du relief, et vos dernières paroles plus de sens (…).
Roger Poujol ! Nous sommes réunis dans le petit salon de Suzanne Costentin, rue Pouchet, fin août 1940.
Je viens d’être démobilisé. J’ai retrouvé Paris sous la botte, Rouen meurtri et désolé. Quel réconfort de nous sentir ensemble en ces heures douloureuses. D’un seul coup, avec l’atmosphère fraternelle qui est créée, la confiance renaît, prend corps, se fortifie. Ils sont là, autour de Suzanne, Roger Poujol, sa compagne, leur fille ; André Pican, René Longé, Ballet. Première rencontre depuis le début de la drôle de guerre. Dernière rencontre avec Roger Poujol, que nous ne devions plus revoir.
André Pican parle. Roger Poujol intervient, de sa voix si prenante et si persuasive (…) et la foi communicative d’André Pican et de Roger Poujol nous souleva tous dans la volonté ardente de transformer rapidement leurs paroles et actions.
(…)
Suzanne Costentin : Je la rencontrais à la Croix-de-Pierre ou rue Saint-Hilaire. Elle collectait pour les familles des emprisonnés, assurait des liaisons importantes, participait au travail intérieur, tout en continuant à s’occuper de travaux d’art, car elle avait de vrais doigts de fée qui réalisaient des merveilles.

Un dimanche de février 1942, à 15 heures, elle monte l’escalier sombre du 55 rue Thiers. Elle est agitée d’un pressentiment. Elle vient de quitter les amis Ballet et me dit : “Je viens causer un peu avec toi pendant que je le peux encore.
– Qu’y a-t-il ?
– Je sens que je vais être arrêtée…”
Pendant deux heures nous essayons, ma femme et moi, de la décider à entrer dans la clandestinité. Elle hésite, promet de partir le lendemain, après avoir couché une dernière nuit chez elle : “Je ne veux pas abandonner mon poste sans avoir réglé mon départ. JE DOIS PENSER À LA SÉCURITÉ DE NOS AMIS”.
Elle rentra chez elle.
Le lendemain matin, elle était arrêtée. Nous nous reprochâmes longtemps de ne pas l’avoir retenue de force, notre chère Suzanne, dont les brutes nazies écrasèrent les doigts de fée à coups de crosse. »

Un article signé A.B., paru dans L’Avenir Normand du 25 juillet 1945, complète son portrait :
« Je revois Suzanne, si vive malgré la cinquantaine, sortir ses tracts d’invraisemblables cachettes, commenter les nouvelles, collecter pour la solidarité. Je revois, dans son petit appartement de la rue Pouchet, où tant de résistants trouvèrent refuge, le bouillant Feldman désignant du doigt le Dniepr sur la carte de l’URSS : “Ils le repasseront” [… après les premières victoires allemandes].
Le 3 février la Gestapo arrête Feldman ; le 8, c’est le tour de Papy, professeur au lycée ; le 9, c’est celui de Suzanne Costentin.
Depuis plusieurs mois, elle se savait en danger [?]. Ses amis la pressaient de partir. Mais elle n’était pas faite pour la vie errante et traquée des illégaux. Et puis, elle avait tellement confiance !
Le soir du 9, trois policiers boches attendaient à sa porte son retour de l’école. L’appartement fut fouillé, bouleversé, et les voisins entendirent les injures grossières, les menaces de ces bandits.
Pendant des mois, il la tinrent enfermée au Palais de Justice de Rouen parmi les voleuses et les prostituées. N’ayant rien de précis à lui reprocher, mais la devinant bien renseignée (…) ils essayèrent sur elle les procédés les plus odieux.

Un jour, au cours d’un interrogatoire harassant, on fait entrer brusquement Valentin Feldman, les pieds nus et les poignets enchaînés, les yeux hagards, le visage tuméfié par les coups. Elle et lui se regardent, et ils ont la force surhumaine de maîtriser le tressaillement qui trahirait tout. Aucun des deux ne reconnaîtra l’autre. Ramenée à sa cellule, Suzanne, brisée, les nerfs à bout, titube et s’évanouit [qui a relaté – à d’autres – cet épisode ?].
Chaque fois qu’une détenue était libérée, nous avions des nouvelles. Ces pauvres filles se seraient fait pendre pour Suzanne, tant par son courage et sa belle humeur elle savait, frêle femme, faire rayonner autour d’elle l’amour de la vie (…)
Ils l’ont tuée ! La modeste, l’exquise, l’affectueuse Suzanne Costentin. La petite institutrice de maternelle au regard si droit ! (…) A.B. »

Dans son livre-mémorial, Charlotte Delbo relatera « Au début de 1942, une vague d’arrestations éclaircit soudain les rangs du Front National dans la Seine-Inférieure. [Suzanne] est arrêtée le 9 février 1942, le soir, vers 20 heures. Elle rentre chez elle après avoir rendu visite à une amie, son ancien professeur à l’école normale, à qui elle a communiqué une longue lettre – un tract, en fait – où est relatée la fin des martyrs de Chateaubriant. Elle porte cette lettre sous sa jupe, dans sa ceinture.
Trois agents de la Gestapo l’attendent pour l’emmener au Palais de Justice de Rouen. Pendant le trajet en voiture, Suzanne Costentin s’applique à déchirer la lettre en tout petits morceaux. Les Allemands ramassent les morceaux, reconstituent le texte. Quand ils lui demandent d’où vient cette lettre, elle répond qu’elle l’a trouvée dans sa boîte, le matin. Ils lui en font écrire les derniers mots : “Vivent les martyrs de Chateaubriant ! Vive l’Union Soviétique !” et ont ainsi la preuve que c’est elle qui l’a copiée. »

À ce jour, aucun document ni témoignage n’indique le motif précis qui a justifié préalablement son arrestation : une délation, une filature, un document trouvé indiquant ses nom et adresse ?

Suzanne Costentin reste neuf mois en détention allemande au Palais de justice de Rouen.

Rouen. Le Palais de Justice. Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 24 février, dans le cadre de l’“affaire Pican”, filature engagée à Paris par la police française, les suspects de Rouen et de Fécamp – Madeleine Dissoubray, Suzanne Roze et sa mère, Émilienne Clément, Alida et Robert Delasalle – sont transféré·es à Paris.

Le 27 octobre 1942, Suzanne Costentin est transférée – seule apparemment – au Fort de Romainville, situé sur la commune des Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis), premier élément d’infrastructure du Frontstalag 122, gardé par la Wehrmacht (où elle entre le même jour qu’Yvonne Carré, Rolande Vandaele, Charlotte Douillot, Antoinette Beyssere et Simone Eiffes, prises dans d’autres affaires).

Le bâtiment A de la caserne du fort, avec sa façade tournée vers l’extérieur, par-dessus le rempart.
Les escaliers et chambrées des femmes internées étaient à l’extrémité de cette perspective.
Photo Mémoire Vive.

Enregistrée sous le matricule n° 1112, Suzanne Costentin est assignée à la salle n° 104, avec Maï Politzer et Jacoba Van Der Lee ; un regroupement au motif inconnu… Au cours des trois mois suivants, dans d’autres chambrées du bâtiment, elle retrouve des camarades de la Seine-Inférieure : Madeleine Dissoubray, Germaine Pican, Suzanne Rose, Alida Delasalle, Claudine Guérin.

Le 22 janvier 1943, cent premières femmes otages sont transférées en camions au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise) : leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquent « 22,1 Nach Compiègne uberstellt » (transférée à Compiègne le 22.1).

Le lendemain, Suzanne Costentin fait partie du deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort qui les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police). À ce jour, aucun témoignage de rescapée du premier transfert n’a été publié concernant les deux nuits et la journée passées à Royallieu, et le récit éponyme de Charlotte Delbo ne commence qu’au jour de la déportation… Toutes passent la nuit du 23 janvier à Royallieu, probablement dans un bâtiment du secteur C du camp.

La caserne de Royallieu en 1957 ; au deuxième plan, alignés transversalement, les six grands bâtiments du quartier C.
Isolés par une clôture de barbelés, ils ont constitué le “camp juif” du 13 décembre 1941 au 6 juillet 1942.
Ensuite, ils ont servi au regroupement des détenus pour le prochain convoi en partance.
L’enceinte et les miradors du camp ont disparu (les deux hangars en bas à gauche n’existaient pas). Carte postale. Coll. Mémoire Vive.

Le matin suivant, 24 janvier, les deux-cent-trente femmes sont conduites en camions à la gare de marchandises de Compiègne et montent dans les quatre derniers wagons (à bestiaux) d’un convoi dans lequel plus de 1450 détenus hommes ont été entassés la veille. Comme les autres déportés, la plupart d’entre elles jettent sur les voies des messages à destination de leurs proches, rédigés la veille ou à la hâte, dans l’entassement du wagon et les secousses des boggies (ces mots ne sont pas toujours parvenus à leur destinataire).

En gare de Halle (Allemagne), le train se divise et les wagons des hommes sont dirigés sur le KL Sachsenhausen, tandis que les femmes arrivent en gare d’Auschwitz le 26 janvier au soir. Le train y stationne toute la nuit.

Le lendemain matin, après avoir été brutalement descendues et alignées sur un quai de débarquement de la gare de marchandises, elles sont conduites à pied au camp de femmes de Birkenau (B-Ia) où elles entrent en chantant La Marseillaise.

Portail du secteur B-Ia du sous-camp de Birkenau (Auschwitz-II) par lequel sont passés les “31000”
(accès depuis la rampe de la gare de marchandises et le “camp-souche” d’Auschwitz-I…).
© Gilbert Lazaroo, février 2005.

Suzanne Costentin y est enregistrée sous le matricule 31765. Le numéro de chacune est immédiatement tatoué sur son avant-bras gauche.

Pendant deux semaines, elles sont en quarantaine au Block n° 14, sans contact avec les autres détenues, donc provisoirement exemptées de travail dans les Kommandos, mais pas de corvée.

Le 3 février, la plupart des “31000” sont amenées à pied, par rang de cinq, à Auschwitz-I, le camp-souche où se trouve l’administration, pour y être photographiées selon les principes de l’anthropométrie allemande : vues de trois quarts avec un couvre-chef (foulard), de face et de profil (la photo d’immatriculation de Suzanne Costentin a été retrouvée, puis identifiée par des rescapées à l’été 1947).

Le 12 février, les “31000” sont assignées au Block 26, entassées à mille détenues avec des Polonaises. Les “soupiraux” de leur bâtiment de briques donnent sur la cour du Block 25, le “mouroir” du camp des femmes où sont enfermées leurs compagnes prises à la “course” du 10 février (une sélection punitive). Les “31000” commencent à partir dans les Kommandos de travail.

Selon Charlotte Delbo, « (Suzanne Costentin) a été tellement battue que son corps n’est qu’ecchymoses. Gelés, ses doigts et ses orteils sont attaqués par la gangrène et elle ne peut plus se hisser sur le carré où elle couche sans l’aide de ses compagnes : ses doigts s’arrachent au rebord où il faut s’agripper, le bout des phalanges est à vif. Elle agonise toute une nuit et le lendemain, après l’appel, entre au Revier [2] où elle tombe morte presque aussitôt après en avoir franchi le seuil.
Par prudence, elle n’avait donné l’adresse d’aucun membre de sa famille. Comme “personne à prévenir en cas d’accident” – selon la formule -, elle avait indiqué sa femme de ménage qui lui portait des colis à Rouen, lui en envoyait à Romainville.

Celle-ci a été convoquée au commissariat de police de Rouen en septembre 1943, et on lui a lu le message suivant : “Suzanne Costentin décédée le 31 mars 1943 à 6 h 30 du matin.” »

Sans ce message, il est probable que la date de sa mort serait restée inconnue, car – excepté le film négatif de sa photo d’immatriculation – les documents de l’administration SS d’Auschwitz la concernant font partie de ceux qui ont été détruits en préalable à l’évacuation du camp en janvier 1945.

Après la Libération, aucune demande de reconnaissance du statut de résistante et de déportée n’a été déposée auprès du ministère des Anciens combattants et victimes de guerre pour Suzanne Costentin.

Sa mémoire est honorée sur le monument aux morts du Parti Communiste Français, 33 place du Général de Gaulle à Rouen.

Monument dédié aux militant.e.s mort.e.s au cours de la guerre dans la cour du siège de la Fédération du PCF de Seine-Maritime à Rouen. © Claudine Ducastel pour Mémoire Vive (2014).

Une des six plaques dédiées aux militant.e.s mort.e.s au cours de la guerre, au siège de la Fédération du PCF de Seine-Maritime à Rouen. © Claudine Ducastel pour Mémoire Vive.

Une plaque du souvenir a été déposée après guerre sur la tombe de ses parents dans le cimetière communal de Frontenay-Rohan-Rohan (79), peut-être à l’initiative de ses sœurs : « À la mémoire de Suzanne Boineau, épouse Costentin, institutrice, morte pour la France au camp d’Ausschwitz le 23 mars 1943 ».

Notes :

[1] Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France : mouvement de Résistance constitué en mai 1941 à l’initiative du PCF clandestin (sans aucun lien avec l’organisation politique créée en 1972, dite “FN”, jusqu’à son changement d’appellation le 1er juin 2018).

[2] Revier, selon Charlotte Delbo : « abréviation de Krakenrevier, quartier des malades dans une enceinte militaire. Nous ne traduisons pas ce mot que les Français prononçaient révir, car ce n’est ni hôpital, ni ambulance, ni infirmerie. C’est un lieu infect où les malades pourrissaient sur trois étages. ». In Le convoi du 24 janvier, Les Éditions de Minuit, 1967, p. 24. Le terme officiel est pourtant “hôpital” ; en allemand Häftlingskrakenbau (HKB), hôpital des détenus ou Krakenbau (KB). Dans Si c’est un Homme, Primo Lévi utilise l’abréviation KB.

Sources :

- Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Les Éditions de Minuit, 1965 (réédition 1998), pages 74-76.
- Marion Queny, Un cas d’exception : (…) le convoi du 24 janvier, mémoire de maîtrise d’Histoire, Université Lille 3-Charles de Gaulle, juin 2004, notamment une liste réalisée à partir du registre de Romainville (copie transmise par Thomas Fontaine), pp. 197-204, et p. 114.
- Thomas Fontaine, Les oubliés de Romainville, un camp allemand en France (1940-1944), avec le concours du Conseil général de Seine-Saint-Denis, éditions Tallandier, 2005, pages 74 à 86.
- Fondation pour la Mémoire de la Déportation, Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression…, 1940-1945, éditions Tirésias, Paris 2004, I..74. Les femmes parties le 24 janvier 1943 de Compiègne et enregistrées le 27 janvier au KL Auschwitz (…). pages 577-579, et 582.
- Liste des photos d’Auschwitz « identifiées de camarades non rentrées », Après Auschwitz, bulletin de l’Amicale, n°17 septembre-octobre 1947, page 3.
- Recherches de Catherine Voranger, synthèse du 17 octobre 2022.
- Message d’Olivier Poiraud, Maire de Frontenay-Rohan-Rohan, photographie de la plaque du cimetière ; recherche de parents sur le site La Bouteille à la mer.

MÉMOIRE VIVE

(dernière modification, le 3-01-2026)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).