- Auschwitz-I, le 8 juillet 1942.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau,
Oświęcim, Pologne.
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.
André, Louis, Fontalbat naît le 7 septembre 1907 à Decazeville (Aveyron), fils de Louis Antoine Fontalbat, 44 ans, mineur de houille, et de Marie Louise Fualdès, 36 ans, mineur de houille, et de Marie Louise Fualdès, 36 ans, son épouse, mariés le 23 juillet 1904, alors que tous deux étaient veufs de premiers mariages !
Sa mère décède le 11 mars 1909 dans leur domicile à Montagne (lieu-dit à situer…), âgée de 37 ans ; André ayant un an et demi. Le 15 septembre 1911, son père se remarie avec Justine Vernhes, une veuve de presque 41 ans. Lui même décède le 7 juillet 1915 « dans son domicile sur la Montagne », âgé de 52 ans.
Le 22 octobre 1927, à Decazeville, André Fontalbat se marie avec Raymonde Geneviève Rouquier, née le 17 décembre 1910 dans cette ville.
À partir de janvier 1933, André Fontalbat travaille comme ouvrier spécialisé aux usines Renault de Boulogne-Billancourt [1]. La police française notera ultérieurement que « son attitude dans cet établissement n’a jamais été celle d’un révolutionnaire. Au cours des évènements de 1936, il n’a jamais attiré l’attention de ses chefs (sans quoi il aurait été – dit-on – licencié comme bon nombre de ses camarades de travail) et il est considéré comme un ouvrier consciencieux. Catholique pratiquant, il semble se désintéresser de la politique. »

Boulogne-Billancourt. Place Jules-Guesde. Carte postale écrite le 16 novembre 1942. Coll. Mémoire Vive.
Raymonde est infirmière à l’hôpital Necker, rue de Sèvres.
Au recensement de 1936, la petite famille habite au 5 rue Daguerre, à Paris 14e.
Au moment de l’arrestation du chef de famille, le couple a deux enfants en bas âge ; dont André (8 mois ?), « absent” en 1936.
En mars 1938 et jusqu’au moment de son arrestation, la famille est domiciliée Villa Adrienne, au 48, rue Daguerre, Paris 14e, Raymonde serait alors infirmière à l’hospice de La Rochefoucault, avenue d’Orléans, proche de leur domicile.
Du 2 septembre 1939, André Fontalbat est “rappelé sous les drapeaux“. Le 18 août 1940, il est démobilisé sans avoir été fait prisonnier de guerre.
Le 20 septembre 1941, la police française organise chez lui « une visite domiciliaire infructueuse ».
Le 27 septembre, il est dénoncé pour « sentiments gaullistes ». En octobre suivant, il est « signalé comme se livrant à la propagande communiste clandestine ».
Une enquête menée le 3 octobre (surveillances et visites domiciliaires) à la suite d’une dénonciation anonyme le désignant parmi quatre hommes signalés comme « propagandistes communistes actifs » reste sans résultat.
Le 28 avril 1942, André Fontalbat est arrêté à son domicile, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » (« Gestapo ») dans le département de la Seine, visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin.
Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). André Fontalbat y est enregistré sous le matricule 4069.

Le camp militaire de Royallieu en 1956.
Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : le « camp des communistes ».
En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.
Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).
Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.
Le 8 juillet 1942, André Fontalbat est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45549 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le “camp souche” : « ARBEIT MACHT FREI » (le travail rend libre).
Carte postale. Collection mémoire Vive. Photo : Stanislas Mucha.
Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.
Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau ; alors choisi pour mettre en œuvre la « solution finale » – le génocide des Juifs européens -, ce site en construction présente un contexte plus meurtrier pour tous les concentrationnaires. À leur arrivée, les “45000” sont répartis dans les Blocks 19 et 20 du secteur B-Ib, le premier créé.
Le 10 juillet, après l’appel général, ils subissent un bref interrogatoire d’identité qui parachève leur enregistrement et au cours duquel ils déclarent une profession (celle qu’ils exerçaient en dernier lieu ou une autre, supposée être plus “protectrice” dans le contexte du camp). Puis ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.
Le 13 juillet, après l’appel du soir – l’ensemble des “45000” ayant passé cinq jours à Birkenau – André Fontalbat est dans la moitié des membres du convoi ramenée au camp principal (Auschwitz-I), auprès duquel fonctionnent des ateliers où sont affectés des ouvriers ayant des qualifications utiles au camp.
Peu avant sa mort, il y est admis au Block 20 de l’hôpital d’Auschwitz.
Il meurt à Auschwitz le 4 décembre 1942, d’après plusieurs registres établis par l’administration SS du camp.
Déclaré “Mort pour la France”, il est homologué comme “Déporté politique”.
Notes :
Sources :
Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 372 et 404.
Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen – État-civil de la Mairie du 14e – Liste partielle du convoi établie par le Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau.
Archives départementales de l’Aveyron, archives en ligne : registres d’état-civil…
Bulletin municipal de Boulogne-Billancourt, supplément au n° 335, avril 2005, page 26, Liste des déportés des usines Renault, document cité dans un fichier pdf d’Annie Lacroix-Riz et Michel Certano (juin 2011).
Archives de la préfecture de police (Seine / Paris), Service de la mémoire et des affaires culturelles, Le Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) : cartons “occupation allemande” (BA ?) ; dossier individuel au cabinet du préfet (1 W 33-24357).
Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 300 (43090/1942).
SHD, Vincennes : GR 16 P 227825 FONTALBAT, André, 07.09.1907 Decazeville, Aveyron > non homologué.
MÉMOIRE VIVE
(dernière mise à jour, le 31-08-2026)
Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).
En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.


