Collection André Lermite – Droits réservés.

André, Alexandre, Émile, Lermite naît le 21 août 1908 à Nantes (Loire-Inférieure / Loire-Atlantique [1] – 44), au domicile de ses parents, dans la caserne des Douanes, au 8 du Roi Baco, fils d’Émile Lermite, 34 ans, sous-brigadier des Douanes, et d’Anne Cottineau, son épouse, 26 ans, institutrice.

Sa sœur, Émilienne, Suzanne, naît le 20 février 1910, rue du Roi Baco.

En 1921, la famille habite encore à cette adresse.

De 1925 à 1928, André Lermite est admis à l’École normale d’instituteurs d’Angers (Maine-et-Loire) ; en 4e année, il échoue au concours de l’EN.

En 1926, la famille est recensée au « 13 bis, tenue Perroteau » [2] (voie nouvelle dénommée avenue Perotaux sur le plan de Justin Vincent daté de 1918, dans le 6e canton de Nantes, limitrophe de Chantenay [3]). La grand-mère maternelle, Anne Cottineau, 72 ans, habite alors avec eux. En 1930, André Lermite habite toujours chez ses parents, au 4 tenue Gouleau (ou Couleau ou Goulaud…) ; une nouvelle dénomination et numérotation pour la même adresse…). Cette année-là, le père est déclaré comme employé de bureau chez Cholet (?).

“Ajourné au service militaire”, André Lermite est nommé instituteur public à Saint-Nazaire (44) en 1928, puis à Bouguenais, au sud-ouest de Nantes, en 1931.

Membre de la section socialiste SFIO de Bouguenais d’avril à septembre 1932, il quitte celle-ci en raison de son désaccord avec la politique anti-unitaire.

Adhérent au Syndicat national CGT, il devient secrétaire-adjoint de la section départementale en 1930 et est élu au conseil syndical de 1931 à 1934. Exclu du SN, au début de 1935, à la suite de son action au sein du Groupe des Jeunes, qu’il rejoint avec son ami Alphonse Braud durant l’année 1934, il est réintégré d’office en 1935 au moment de la fusion syndicale.

Influencé par le communiste Jean Bruhat, lui-même étudiant à l’École normale supérieure à Paris, André Lermite milite dans le comité Amsterdam-Pleyel, mouvement pacifiste de lutte contre la guerre et le fascisme crée en 1932, et adhère au Parti communiste le 1er octobre 1935, en même temps qu’Alphonse Braud.

En 1936, André Lermite est nommé à l’école des Batignolles, un quartier ouvrier à l’est de Nantes.

Cette année-là, il devient membre de la commission exécutive et trésorier adjoint de la section départementale du Syndicat national des instituteurs (jusqu’en 1937). À la demande de Jean Josnin, il rédige une courte histoire du syndicalisme français en deux articles parus dans le bulletin départemental du SNI. En 1938, il est délégué à l’Union locale CGT de Nantes.

En 1938, il est affecté à école des garçons de la rue Évariste Luminais (6e canton de Nantes).

Cette année-là, avec Alphonse Braud, André Lermite rejoint la cellule Barbusse de la section de Chantenay du PCF, dont lui-même devient trésorier. Il devient également membre du comité régional et secrétaire des comités antifascistes (mouvement Paix et Liberté) de Loire-Inférieure. Il fait également partie du Comité d’aide à l’Espagne. En février 1937, ces engagements le conduisent à rédiger pour le bulletin départemental du SNI une analyse de la situation internationale reprenant les positions communistes. En juillet 1939, avec Alphonse Braud, il propose aux membres de la section départementale du syndicat une motion sur la paix, un texte se démarquant de la position pacifiste de la majorité du SNI et qui reste minoritaire.

Le 10 novembre 1938 à Nantes, “section” de Chantenay, âgé de 30 ans, André Lermite épouse Marguerite Joubert, 28 ans, née le 25 février 1910 à Vallet (44), également institutrice, qu’il connait depuis plusieurs années, et qui partage ses convictions et son militantisme, assumant elle-même d’importantes responsabilités. Les témoins au mariage sont un autre instituteur de Nantes et Alexandre Lermite, oncle d’André, agriculteur à Mouzeil (44) et maire de cette commune rurale.

Nantes-Chantenay, la mairie-annexe.
Carte postale non datée. Collection Mémoire Vive.

Collection André Lermite – Droits réservés.

Depuis 1937, Marguerite est affectée l’école publique pour filles de Bouaye, village proche de Nantes, y disposant d’une chambre dans un logement de fonction lui permettant d’y dormir en cours de semaine.

Le couple s’installe dans la maison des parents d’André, toujours domiciliés tenue Gouleau. Fin 1940, ils y disposeront d’un bureau de travail, d’une cuisine, d’une salle à manger, d’une véranda, d’un cabinet de toilette, de deux chambres à coucher, d’un débarras et d’un grenier.
Lors de la délibération municipale du 30 novembre 1938, l’ancienne tenue Gouleau est dénommée rue Ferdinand-Buisson (1841-1932, ancien président de la Ligue des Droits de l’Homme ; elle a failli s‘appeler avenue de la Bizotière…) ; la maison est cadastrée au n° 27.

Le 22 août 1939, Marguerite donne naissance à leur fils : André, Jean.

En 1939, André Lermite est mobilisé dans un dépôt d’artillerie à Bordeaux, puis, une fois la guerre commencée (à préciser…), il est affecté dans les services auxiliaires. N’ayant pas été fait prisonnier, il revient à Nantes en juillet 1940.

Sous l’occupation, il continue ses activités dans la clandestinité et joue un rôle important de propagande avec son épouse et Alphonse Braud, dénonçant le régime de Vichy et la collaboration.

Le 6 décembre 1940, à 6 heures en vertu d’un mandat de perquisition délivré par le préfet de Loire-Intérieure, le commissaire de police du 7e arrondissement de Nantes se présente au domicile des Joubert « en vue de rechercher et saisir tous objets d’origine suspecte ou paraissant susceptibles d’examen » (tracts, revus, livres). Marguerite est absente, alors dans son logement de fonction de Bouaye. La fouille est infructueuse…

Le 18 mars 1941, le Directeur de l’Enseignement primaire auprès du Secrétaire d’État à l’Éducation nationale et à la Jeunesse. écrit au préfet de Loire-Inférieure : « Je vous prie d’exercer une surveillance stricte sur les instituteurs dont les noms suivent qui m’ont été signalés dans votre rapport du 11 décembre 1940 : M. Braud, instituteur à Nantes, Mme Gallet, institutrice à Trignac, M. et Mme Lermite, instituteurs à Nantes, M. Viaud, instituteur à Chateaubriand. Vous voudrez bien prendre à leur encontre toute mesure que leur attitude imposerait ou qu’exigeraient les circonstances, et ensuite m’en rendre compte. »

Le 22 et/ou 23 juin, une première vague d’arrestations opérée par la police militaire allemande (GeheimFeldPolizeiGFP) frappe l’agglomération de Nantes [4] : Alphonse Braud est arrêté.

Le 10 juillet suivant, le commissaire principal de Nantes répond à un courrier du commandant local de la GFP daté du 5 juillet concernant une liste de neuf « ex-militants communistes ». L’officier de police français indique que ses services ont arrêté la veille cinq personnes, dont André Lermite, Alphonse Filloleau et Jean Raynaud (qui seront déportés avec lui) « conduits aussitôt au camp du Champ de Mars » de Nantes [5]. Quatre autres, ayant quitté leur domicile, n’ont pu être trouvés. André Lermite a été arrêté chez lui à 6 heures de matin.

Nantes. La salle des fêtes du Champ de Mars. Est-ce l’endroit où ont été rassemblés les militants arrêtés en juillet 1942 ? Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Nantes. La salle des fêtes du Champ de Mars.
Est-ce l’endroit où ont été rassemblés les militants arrêtés en juillet 1942 ?
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 12 juillet, André Lermite est parmi les vingt-quatre communistes (dont les dix futurs “45000” de Loire-Atlantique) transférés avec sept Russes (juifs) au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Enregistré sous le matricule n° 1244, il est assigné au bâtiment A8.

Le camp militaire de Royallieu en 1956. Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : « le camp des communistes ». En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.

Le camp militaire de Royallieu en 1956.
Au premier plan, en partant de la droite, les huit bâtiments du secteur A : le « camp des communistes ».
En arrière-plan, la ville de Compiègne. Carte postale, coll. Mémoire Vive.

Une semaine après son arrivée, le 19 juillet 1941, il est autorisé à donner de ses nouvelles à son épouse en utilisant une carte officielle allemande de seulement sept lignes, conçue à l’origine pour les prisonniers de guerre (Postkarte, Kriegsgefangenenlager). Il dit espérer être libéré rapidement.

Dans le cadre de l’organisation des détenus et aux côtés notamment d’Alphonse Braud, André Lermite donne des cours d’arithmétique, de géométrie et l’algèbre de niveau supérieur dans le bâtiment E1, les lundi, jeudi et vendredi.

Emploi du temps des cours donnés par l’organisation des détenus, noté par Angel Martin le 16 mars 1942. Collection José Martin, son frère. Droits réservés.

Emploi du temps des cours donnés par l’organisation des détenus, noté par Angel Martin le 16 mars 1942.
Collection José Martin, son frère. Droits réservés.

Entre fin avril et fin juin 1942, André Lermite est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 5 juillet, André Lermite écrit à sa famille une lettre dont le il ne semble pas imaginer qu’elle puisse être la dernière. « Chers Tous. Demain, nous déménageons – direction inconnue. Nous supposons qu’à la suite des accords Laval, nous allons comme travailleurs en Allemagne. Tout le monde ici est content de ce changement ; nous préférons cela que d’être ce que nous étions avant, car maintenant, comme les autres prisonniers (de guerre ?), nous n’avons plus qu’à attendre patiemment la fin des hostilités et l’heure du retour. Évidemment, la distance sera plus longue : lettres et colis mettront plus longtemps. Patientez vous aussi de votre côté : ce n’est qu’un moment à passer. Soyez donc sans inquiétude si pendant quelque temps vous restez sans nouvelles. Dès que je serai installé, je vous donnerai des détails sur notre nouvelle vie.
J’ai l’esprit tranquille, parce que je sais que le petit ne manque de rien et ne souffre aucunement de cette situation. Je me réjouis en me le représentant déjà en vacances à la campagne.
De mon côté, ayez confiance : je m’adapte à toutes les situations et suis d’une résistance physique qui m’étonne moi-même. D’ailleurs, je n’ai nullement l’intention de me fatiguer. La seule chose que je souhaite, c’est de tomber à la campagne. J’ai d’ailleurs toujours le même espoir que ce ne sera pas long et toujours la même confiance dans le résultat final. Nous sommes une trentaine de membres de … (suite au verso restant à transcrire) ».

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

TransportAquarelle
Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, André Lermite est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45785 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz.
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Après les premières procédures (tonte, désinfection, attribution d’un uniforme rayé et photographie anthropométrique), les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau ; alors choisi pour mettre en œuvre la « solution finale » – le génocide des Juifs européens -, ce site en construction présente un contexte plus meurtrier pour tous les concentrationnaires. À leur arrivée, les “45000” sont répartis dans les Blocks 19 et 20 du secteur B-Ib (le premier créé).

Portail du secteur B-Ib du sous-camp de Birkenau par lequel sont passés tous les “45000”. © Mémoire Vive 2015.

Portail du secteur B-Ib du sous-camp de Birkenau par lequel sont passés tous les “45000”. © Mémoire Vive 2015.

Le 10 juillet, après l’appel général, ils subissent un bref interrogatoire d’identité qui parachève leur enregistrement et au cours duquel ils déclarent une profession (celle qu’ils exerçaient en dernier lieu ou une autre, supposée être plus “protectrice” dans le contexte du camp). Puis ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos. L’ensemble des “45000” passent ainsi cinq jours à Birkenau.

Le 13 juillet, après l’appel du soir, André Lermite est dans la moitié des déportés du convoi sélectionnés pour rester dans ce sous-camp, alors que les autres sont ramenés à Auschwitz-I.

Il meurt à Birkenau le 7 août 1942 – un mois après l’arrivée de son convoi – selon le registre d’appel quotidien (Stärkebuch) et l’acte de décès établi par l’administration SS du camp (Sterbebücher) [6]. La cause mentionnée est une « faiblesse cardiaque et circulatoire » (Hertz und Kreislaufschwäche), mais, selon des témoignages de rescapés, il aurait été gazé (Ch. Delbo).
Sur les dix “45000” de Loire-Atlantique, il n’y eut que deux rescapés : Eugène Charles, de Nantes, et Gustave Raballand, de Rezé.

À une date restant à préciser le nom d’André Lermite est donné à l’école primaire de Nantes où il enseignait, rue Évariste-Luminais.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 29-09-1994).

Marguerite Lermite est arrêtée à son tour le 5 septembre 1942, au Boulay, commune de Mouzeil (44), où elle est en vacances avec ses beaux-parents et son fils. Elle se sent menacée et songe à se cacher quand elle tombe malade. Des policiers français arrivent dans la nuit et l’emmènent en voiture. Elle est hospitalisée à Nantes, internée à la Roche-sur-Yon, à Fontenay-le-Comte, puis en détention allemande au Fort de Romainville, sur la commune des Lilas (Seine / Seine-Saint-Denis), où elle arrive le 15 janvier 1943, c’est-à-dire une semaine avant le départ. Ce qui explique qu’elle n’est pas bien connue ni identifiée par ses camarades de déportation.

À Auschwitz-Birkenau, elle est enregistrée sous le matricule n° 31835 (sa photo d’immatriculation faisait partie de celles qui n’étaient pas encore identifiées en novembre 2009 ; elle a été reconnue par comparaison avec un portrait civil d’avant guerre). Marguerite Lermite meurt à Birkenau le 18 mars 1943, selon l’acte de décès établi par l’administration SS du camp, qui indique mensongèrement : « entérite (diarrhée) par faiblesse corporelle » (Darmkatarrh bei Körperschwäche). Aucune rescapée n’a pu témoigner sur sa mort, selon Ch. Delbo.

Au recensement de 1946, les parents d’André Lermite, alors tous deux retraités, habitent toujours au 27 rue Ferdinand-Buisson, avec leur petit-fils André.

À une date restant à préciser le nom d’André Lermite est donné à l’école publique de garçons (élémentaire) de Nantes où il enseignait, rue Évariste-Luminais.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 29-09-1994).

Le 26 mai 2010, une salle dédiée à Marguerite Lermite est inaugurée dans la bibliothèque de Bouaye. À cette occasion est présentée une exposition de cinq panneaux historiques résultant du projet pédagogique conduit par Renaud Avez, professeur d’histoire-géographie au lycée Alcide d’Orbigny de la commune, avec Mesdames Dejust et Fradin, et les élèves de la classe 2009-2010 de première STG 1 du lycée ; travail effectué en relation avec André Lermite, fils d’André et Marguerite Lermite.

Notes :

[1] Loire-Atlantique : département dénommé “Loire-Inférieure” jusqu’en mars 1957.

[2] Tenue : selon un vocabulaire spécifique à Nantes, le terme pourrait désigner à la fois un terrain et la voie qui lui donne accès (à vérifier…).

[3] Chantenay (“Chantenay-sur-Loire” ou “Chantenay-lès-Nantes”) : ancienne commune de Loire-Inférieure, située sur la rive droite de la Loire juste à l’ouest de Nantes, annexée à cette dernière en 1908 (7e arrondissement en 1926).

[4] L’ “Aktion Theoderich : L’attaque de l’Union soviétique, le 22 juin 1941, se fait au nom de la lutte contre le “judéo-bolchevisme”. Dès mai 1941, une directive du Haut-commandement de la Wehrmacht pour la “conduite des troupes” sur le front de l’Est défini le bolchevisme comme « l’ennemi mortel de la nation national-socialiste allemande. C’est contre cette idéologie destructrice et contre ses adeptes que l’Allemagne engage la guerre. Ce combat exige des mesures énergiques et impitoyables contre les agitateurs bolcheviks, les francs-tireurs, les saboteurs et les Juifs, et l’élimination allemande de toute résistance active ou passive. » Hitler est résolu à écraser par la terreur – à l’Ouest comme à l’Est – toute opposition qui viendrait entraver son effort de guerre. Le jour même de l’attaque contre l’Union soviétique, des mesures préventives sont prises dans les pays occupés contre les militants communistes – perquisitions à leur domicile et arrestations – et des ordres sont donnés pour punir avec la plus extrême sévérité toute manifestation d’hostilité à la puissance occupante. En France, dans la zone occupée, au cours d’une opération désignée sous le nom de code d’Aktion Theoderich, plus de mille communistes sont arrêtés par les forces allemandes et la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne, créé à cette occasion pour la détention des « ennemis actifs du Reich » sous l’administration de la Wehrmacht. Au total, 1300 hommes y seront internés à la suite de cette action. Fin août, 200 d’entre eux font déjà partie de ceux qui seront déportés dans le convoi du 6 juillet 1942.

[5] Le « camp du Champ de Mars » : s’agit-il de la salle des fêtes, également dénommée « Palais du Champ de Mars » ? (à vérifier…)

[6] Différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil en France : Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ. Concernant André Lermite, c’est 15 novembre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 365 et 411.
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Bretagne (2002), citant : témoignages de Gustave Raballand, d’Eugène Charles, de Nantes, et de Raymond Montégut, de Châtellerault .
- Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Les Éditions de Minuit, 1965 (réédition 1998), pages 178-179.
- Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier français, sous la direction de Jean Maitron, tome 34, et .
- Claude Avez, professeur d’Histoire-Géographie à Bouaye, recherches conduites avec André Lermite fils, dans le cadre d’un projet pédagogique (classe de 1ère STG 2009-2010).
- Archives départementales de Loire-Atlantique : cote 1694 W 9.
- Site des Archives de la ville et de la métropole de Nantes, archives en ligne : registres d’état civi, Recensements, Listes électorales, Cartes et plans.
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 712 (18559/1942).
- Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, bureau d’information sur les prisonniers : copies du Starke Bucherdu 7 au 8 août 1942, actes de décès au camp d’André et Marguerite Lermite.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 24-02-2026)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.