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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Roger, Jean, Le Bras naît le 4 mai 1906 à Paris 18e (75), fils de François Jean Le Bras et de Marie-Louise Thouarec.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 200, rue Championnet à Paris 18e, vers la rue Vauvenargues. Il est marié.

Roger Lebras est ouvrier menuisier à l’Assistance publique de Paris.

Militant actif, il est vend L’Humanité Dimanche avenue de Saint-Ouen jusqu’en septembre 1939 ; probablement entre les stations de métro Porte de Saint-Ouen et Marcadet-Balagny (renommée Guy-Moquet le 27-01-1946).

Roger Le Bras est membre de la CGT, et secrétaire national du Secours populaire.

Le 16 mai 1941, il est arrêté au cours d’une distribution de L’Humanité clandestine. Il en avait glissé un exemplaire sous la porte d’un immeuble derrière laquelle se trouvait un inspecteur de police s’apprêtant à promener son chien. Celui-ci appelle deux agents du 17e arrondissement pour qu’ils l’arrêtent.

Le 20 mai, Roger Le Bras est conduit au dépôt de la préfecture de police (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité). Il est inculpé d’infraction au décret-loi du 26 septembre 1939.

Le 26 mai, il comparaît avec un autre prévenu devant la 12e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine qui le condamne à sept mois d’emprisonnement (il ne fait pas appel…).

Le 9 juin, il est transféré à la Maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne – 94) ; n° d’écrou “correction homme” 8459.

Mais il n’y reste que quelques jours : le 20 juin 1941, pour une raison qui reste à préciser, il est transféré à la Maison centrale de Clairvaux (Aube – 10).

Le 13 février 1942, le préfet de l’Aube reçoit des autorités d’occupation l’ordre le faire transférer avec cinq autres détenus – tous futurs “45000” – au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Le 23 février, Roger Le Bras est interné au camp, bâtiment A 8, matr. 3637.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Roger Le Bras est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45743 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

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Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le « camp souche ». 
« Arbeit macht frei » : « Le travail rend libre » 
Carte postale. Collection mémoire Vive.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire – au cours duquel Roger Le Bras se déclare sans religion (Glaubenslos) -, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Roger Le Bras.

il meurt à Auschwitz le 15 septembre 1942, d’après les registres du camp.

Il est déclaré “Mort pour la France” (19-7-1947).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 370 et 411. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen – Lettre de Madame Le Bras à un rescapé du convoi (23-6-1945) – Témoignage d’Alex Le Bihan (FNDIRP du 18e arrondissement), R. Dray de Marseille – Etat civil de la Mairie du 18e. 
- Archives départementales de l’Aube, site internet, cote 310w114. 
- Archives de Paris, archives du tribunal correctionnel de la Seine, rôle du greffe du 31 mai au 3 septembre 1941, cote D1u6-5856. 
- Archives Départementales du Val-de-Marne, Maison d’arrêt de Fresnes, registre d’écrou n° 151, “correction hommes” du 20 avril au 7 juillet 1941, cote 2742w18. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 127, « Bras Le » (30684/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 13-12-2009)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.