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Collection Lucien Goguet. Droits réservés.

Roger, Eugène, Désiré, Goguet naît le 26 septembre 1910 à Gonneville-sur-Dives (Calvados – 14).

Au moment de son arrestation, il est domicilié rue des Frères-Claus à Dives-sur-Mer (14). Marié à Odette, il est père d’un garçon de 9 ans : Lucien.

Roger Goguet est mécanicien automobile et possède un petit garage.

Il est communiste et syndicaliste CGT.

Résistant depuis juin 1940, selon sa veuve, Roger Goguet est arrêté une première fois à son domicilequand saute le pont de Cabourg, sur la Dives (date ?). Avec son camarade Henri Greslon [1], il est fiché.

Le 20 ou 21 octobre 1941, alors qu’il est en dépannage chez un confrère, Roger Goguet est arrêté par la police allemande, pour “propagande communiste”, comme Jean Bourget et Henri Greslon. Sans jugement, il est transféré quelques jours plus tard au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager). Enregistré sous le matricule 1869, il est affecté pendant un temps au bâtiment A1.

Le 24 octobre, il figure sur une liste d’otages, détenus en différents endroits, établie par laFeldkommandantur 723 de Caen.

Le 20 janvier 1942, il figure – n°5 – sur une liste de onze otages communistes du Calvados internés à Compiègne pour lesquels la Feldkommandantur de Caen demande à son échelon supérieur une « vérification » avant de les proposer pour l’exécution.

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Cinq futurs “45000” figurent sur cette liste d’hommes pouvant être fusillés ; le tampon « Geheim » signifiant « Secret »).

Fin juin 1942, sa femme obtient l’autorisation de le voir dix minutes au camp de Royallieu. Il lui dit : « Cela va bien, j’ai bon espoir d’être libéré ». Il envoie une carte quelques jours avant de départ.

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Collection Lucien Goguet. Droits réservés.

Ensuite, sa famille reçoit une valise avec toutes ses affaires et les objets qu’il a façonné pendant sa détention (un jeu d’échec…), mais plus aucune nouvelle.

Entre la fin avril et la fin juin 1942, Roger Goguet est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30. Henri Greslon, qui est resté à Compiègne, écrit à sa propre femme le jour-même et lui demande de prévenir Madame Goguet du départ de son mari, pour une destination inconnue qu’il suppose être l’Allemagne ; mais ce message n’est pas connu de la famille.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Roger Goguet est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45614 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée et identifiée).

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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau,
Oświęcim, Pologne.
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Roger Goguet meurt à Auschwitz le 27 octobre 1942, selon les registres du camp.

Déclaré “Mort pour la France” , Roger Goguet est homologué comme “Déporté politique”. La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 8-12-1993).

À Dives-sur-Mer, son nom figure sur le monument dédié Aux victimes des camps de concentration nazis, sur la face où sont inscrits les Divais décédés dans les camps d’extermination….

   

Sources :

- De Caen à Auschwitz, par le collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’associationMémoire Vive, éditions Les Cahiers du Temps, Cabourg (14390), juin 2001, pages 28-29, 45, 47, 48, 51, 62-65, 98, 101 (témoignage de son fils, Lucien Goguet, 9/03/2001).
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 362 et 406.
- Claude Doktor, Le Calvados et Dives-sur-Mer sous l’Occupation, 1940-1944, La répression, éditions Charles Corlet, novembre 2000, Condé-sur-Noireau, pages 135, 139 et 140, 151.
- Mémorial de la Shoah, Paris, site internet, Archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; cotes XL III-85 et XL III-79 (n°5).
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), 823 “45000” y sont répertoriés ; tome 2, page 358 (37765/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 16-01-2008)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Henri Greslon, né le 9 avril 1904, ouvrier d’usine domicilié au 49, rue de Normandie, est déporté le 24 janvier 1943 au KL Sachsenhausen. Il y meurt en août 1943.