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Roger CHOPIN © Droits Réservés.

Roger, Eugène, Désiré, Chopin naît le 15 août 1923 à Plailly (Oise – 60).

Son milieu familial est probablement une famille recomposée : à partir de 1932, le chef de famille estLucien Lasne, né en 1900, employé communal (enquêteur) à la ville de Vitry-sur-Seine [1] (Val-de-Marne – 94). Celui-ci a épousé Jeanne Chopin, née en 1902 dans l’Oise ; elle fait des ménages. Roger Chopin a deux demi-frères (à vérifier…) : Pierre, né en 1928 dans l’Oise, et Jacques, né en 1933.

En 1936, la famille est domiciliée au 15, voie Monsigny à Vitry-sur-Seine. Roger Chopin est célibataire (il a 18 ans au moment de sa deuxième arrestation !).

Il est mouleur à la Fonderie Technique de Vitry, voie Ampère, où travaille également Daniel Germa.

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Roger Chopin à Versailles © Droits Réservés.

Sportif, il est membre licencié de l’Union Vélocipédique de France.

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Licence sportive de Roger Chopin © Droits Réservés.

Il est militant aux Jeunesses communistes.

Mobilisé, son père est fait prisonnier de guerre en 1940 et détenu au Stalag III-b.

Roger Chopin est actif dans la Résistance. Le 2 mars 1941, Roger Chopin est arrêté à la suite de distributions de tracts et de collages dans le quartier du Plateau à Vitry (probablement une dénonciation). Inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939, il écroué au quartier des mineurs de la maison d’arrêt de Fresnes [1] (94) en attendant son jugement.

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La maison d’arrêt de Fresnes après guerre. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 20 mai, Roger Chopin comparaît seul devant la chambre des mineurs (15e) du tribunal correctionnelde la Seine (notée « TE ») ; sa mère – déclarée « veuve Chopin » – a été convoquée à l’audience comme civilement responsable. Il est condamné à six mois d’emprisonnement. Il semble pourtant qu’il soit relaxé le lendemain. Il prend contact avec le Front national [2].

Le 28 avril 1942, Roger Chopin est arrêté à son domicile, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine et visant majoritairement des militants du Parti communiste clandestin. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par laWehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

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La caserne de Royallieu après-guerre. Les huit premiers 
bâtiments alignés à gauche sont ceux du quartier “A”, 
désigné pendant un temps comme le “camp des communistes”. 
À l’arrière plan, sur l’autre rive de l’Oise, 
l’usine qui fut la cible de plusieurs bombardements 
avec “dégâts collatéraux” sur le camp. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin, Roger Chopin est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Roger Chopin est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45370 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oswiecim, Pologne. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de dire dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Roger Chopin.

On ignore la date exacte de sa mort à Auschwitz ; avant la mi-mars 1943 (il a 19 ans).

(aucun des treize “45000” de Vitry n’est revenu).

Son nom est inscrit sur le monument « À la mémoire de Vitriotes et des Vitriots exterminés dans lescamps nazis » situé place des Martyrs de la Déportation à Vitry.

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Une plaque dédiée aux “45000” vitriots a été apposée 
au dos du monument. Elle est parfois masquée par la végétation.
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La plaque apposée pour le 50e anniversaire de la libération 
des camps (avril 1995).

Sources :

- Informations collectées par José Martin (frère d’Angel Martin) pour Roger Arnould (FNDIRP), 1973. 
- 1939-1945, La Résistance à Vitry, Ville de Vitry-sur-Seine, 1992, page 19. 
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 389 et 399. 
- Archives communales de Vitry-sur-Seine, listes de recensement 1936. 
- Archives de Paris, archives du tribunal correctionnel de la Seine, rôle du greffe du 28 mars au 5 juin 1941, cote D1u6-5855. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 13-07-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Vitry-sur-Seine et Fresnes : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, ces communes font partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France  : mouvement de Résistance constitué en mai 1941 à l’initiative du PCF clandestin (sans aucun lien avec l’organisation politique créée en 1972, dite “FN” et toujours existante).