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IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Roger, Paul, Jules, Aumont naît le 13 décembre 1903 à Saint-Sever (Calvados – 14), chez ses parents, Paul Aumont, 26 ans, coiffeur, et Maria Disbouillons (?), 26 ans, son épouse.

Le 25 novembre 1924, à Saint-Sever, Roger Aumont se marie avec Irène Tréhoux. Ils ont deux enfants.

Au moment de son arrestation, il est domicilié route de Vire à Sourdeval-la-Barre (Manche – 50).

Fromager, Roger Aumont effectue des livraisons auprès des épiciers détaillants, ce qui lui permet de circuler dans le secteur durant l’occupation.

Avant-guerre, il est secrétaire de la cellule communiste de Sourdeval.

En 1940, il aide la direction de son parti à reprendre des contacts dans la région. Il prend liaison avec le groupe “Jean Fresnay” de Saint-Michel-de-Montjoie (Manche – 50).

Sa mère, coiffeuse, abrite un petit groupe dont fait partie son fils et son garçon-coiffeur, André Blouet. Ce groupe confectionne des tracts anti-allemands qu’il distribue ou adresse par voie postale.

Roger Aumont crée plusieurs groupes d’action à Sourdeval. Il prépare le sabotage d’un train de matériel, mais la tentative échoue.

Apprenant avec indignation l’exécution, le 22 octobre 1941, des otages de Châteaubriant, Nantes et Bordeaux, Roger Aumont organise avec l’hôtelier Jules Lanssade et l’ouvrier Jacques Bazin, une collecte dont le produit est destiné à l’achat d’une gerbe portant sur le ruban : « Aux fusillés de Nantes et de Bordeaux ». Celle-ci est déposée au Monument aux Morts le 1er novembre (ce fait est mentionné sur sa fiche d’otage établie par les autorités allemandes).

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Le monument aux morts de Sourdeval-la-Barre. 
Carte postale oblitérée en 1938. Coll. Mémoire Vive.

Le Maire fait retirer le ruban, mais la population manifeste sa solidarité, si bien que Roger Aumont renouvelle son geste le 11 novembre. Le Maire fait alors appel aux Renseignements généraux de Saint-Lô qui l’arrêtent (le 12 ou le 14 novembre).

Roger Aumont est interné au camp français de Gaillon (Eure – 27), un château Renaissance isolé sur un promontoire surplombant la Seine et transformé en centre de détention au 19e siècle, puis en caserne.

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Le camp de Gaillon, ancien château de l’évêque de Rouen. 
Carte postale d’après-guerre. Collection Mémoire Vive.

Le 3 mai 1942 (à vérifier…), Roger Aumont est remis aux autorités d’occupation à leur demande et transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

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Fiche d’otage de Roger Aumont, mentionnant 
le dépôt de la gerbe pour les fusillés du 22 octobre 1941. 
Archives du CDJC.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Roger Aumont est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I), peut-être sous le numéro 45185, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire – au cours duquel Roger Aumont se déclare sans religion (Glaubenslos) -, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Roger Aumont.

Il meurt à Auschwitz le 15 octobre 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp.

Sa femme, Irène, a continué le combat après l’arrestation de son mari.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 7-06-1987).

Sources :

- De Caen à Auschwitz, par le collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive, éditions Cahiers du Temps, Cabourg (14390), juin 2001, page 22, notice par Claudine Caron-Hamet page 131. 
- Cl. Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 62, 366 et 393, citant une fiche d’otage (archives du CDJC, XLIII-13). 
- Archives départementales du Calvados, archives en ligne ; état civil de Saint-Sever 1902-1910 (cote AE 15116), registre des naissances année 1903, acte n° 35 (vue 29/308). 
- Mémorial de la Shoah, Paris, archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; liste XLI-42, FK-722 n° 5. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 36 (36062/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 4-04-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.