Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz lors de l’évacuation du camp en janvier 1945. Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz
lors de l’évacuation du camp en janvier 1945.
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Robert, Edgard, Dubois naît le 26 septembre 1897 à Orléans (Loiret – 45), chez ses parents, François Dubois, 35 ans, cantonnier, et Berthe Mondamert, son épouse, 29 ans, domiciliés au 18, rue Tudelle.

Incorporé le 11 janvier 1916 comme soldat de 2e classe, Robert Dubois arrive au corps le lendemain. Le 10 octobre, il passe au 113e régiment d’infanterie. Le 20 octobre il part au 9e bataillon. Le 11 avril 1917, il est blessé au cuir chevelu par un éclat d’obus et évacué. Il « rejoint aux armées » le 8 mai. Le 26 août, au cours d’une bataille, il est de nouveau blessé au bras droit et à la cuisse droite par des éclats d’obus et évacué, rejoignant son unité le 18 octobre. Le 29 août, il a été cité à l’ordre de son régiment : « Très bon grenadier, volontaire pour toutes les missions périlleuses ». Il reçoit la Croix de guerre avec étoile de bronze.

La Croix de guerre 1914-1918 avec étoile de bronze. © MV

La Croix de guerre 1914-1918
avec étoile de bronze.
© MV

Le 9 juin 1918, à Biermont (Oise), alors qu’il est dans la 7e compagnie, il est porté disparu : il a été fait prisonnier. Il est interné à Munster. Il est rapatrié le 20 décembre 1918. Le 28 janvier 1919, il passe au 131e R.I. Le 20 septembre suivant, il est mis en congé illimité de démobilisation.

Le 9 mars 1920 à Orléans, Robert Dubois se marie avec Berthe Juquin. Ils auront – au moins – trois enfants (décembre 1934). En mai 1929, ils demeurent au 20, rue de la Corroierie, dans cette ville. En septembre 1935, ils habitent au 16, quai des Augustins.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 24, quai des Augustins ; à vérifier, voir ci-dessous…).

Il est tourneur-outilleur à l’usine Panhard et Levassor d’Orléans (depuis, au moins janvier 1938).
Il est membre du parti communiste français.

Le 19 octobre 1940, Robert Dubois est arrêté par les autorités allemandes, puis est finalement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ;
à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Dans une lettre du 16 avril 1942, Raymond Gaudry signale à son épouse que Madame Dubois vient rendre visite à son mari le vendredi 24 avril.

Entre fin avril et fin juin 1942, Robert Dubois est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

Les deux wagons à bestiaux du Mémorial de Margny-les-Compiègne, installés sur une voie de la gare de marchandise d’où sont partis les convois de déportation. © Cliché M.V.

Les deux wagons à bestiaux du Mémorial de Margny-les-Compiègne,
installés sur une voie de la gare de marchandise
d’où sont partis les convois de déportation. © Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Robert Dubois est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45489 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 25 août 1942, d’après les registres du camp.

Après la guerre, à une date restant à préciser, une plaque est apposée sur un immeuble situé place de la Bascule à Orléans : « Ici demeurait Robert Dubois, membre du Parti communiste français, arrêté par la Gestapo le 19 octobre 1941, assassiné à Birkenau (Auschwitz) le 15 mars 1943 ».

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 365 et 402.
- Archives municipales de la ville d’Orléans, archives en ligne, registre des naissances de la deuxième partie de l’année 1897, cote 2 E 335, acte n°1004 du 27 septembre, vue 58/272.
- Archives départementales du Loiret (AD 45, Orléans, site internet, archives en ligne ; registres des matricules du recrutement militaire, bureau d’Orléans, classe 1917, 3e volume 1001-1500 (1R 88027), n° 1445 (vues 479-480/556).
- Lettre de Raymond Gaudry, fichier numérique confié par Nicole Piet, petite-fille de Raymond Gaudry.
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 242 (24753/1942).
- Site Les plaques commémoratives, sources de mémoire (aujourd’hui désactivé – nov. 2013), photographie de Véronique Bury.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 22-12-2015)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.