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Auschwitz-I, Block 16, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

René Rigaud naît le 27 janvier 1914 à Paris 4e (75).

Après son arrestation, la police indique comme domicile le 3, rue Charles-Robin – ou au 39, rue du Bac d’Asnières – à Clichy-la-Garenne [1] (Hauts-de-Seine – 92). Il est célibataire.

Selon les sources, René Rigaud est métallurgiste ou infirmier à l’assistance publique.

Le 23 octobre 1940, il est arrêté par les agents du commissariat de Clichy pour détention (distribution ?) de tracts. Inculpé pour infraction aux «  D.L. 24-8-39, 27-8-39 et 28-7-39 », il est conduit au dépôt de la préfecture (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité). Le 25 octobre, il est écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e).

Probablement jugé et condamné, il est transféré à la Maison d’arrêt de Fresnes [1] (94) le 16 décembre 1940, puis à la Maison centrale de Poissy (Yvelines – 78).

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La maison d’arrêt de Fresnes après guerre. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 26 mars 1942, la préfecture de police de Paris ordonne son internement administratif. Pendant un temps, il est détenu au dépôt.

Le 16 avril, il fait partie d’un groupe de 60 détenus enregistrés au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Voves (Eure-et-Loir – 28), où il reçoit le matricule n° 103.

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Entrée du camp de Voves. 
Date inconnue, probablement après mars 1943.

Le 10 mai, il fait partie des 81 internés (dont 70 futurs “45000”) « remis aux mains des autorités d’occupation » à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

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Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, 
futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; 
à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. 
Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, René Rigaud est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46058, selon les listes reconstituées (la photo d’immatriculation correspondant à ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté René Rigaud.

Il meurt à Auschwitz le 22 septembre 1942, d’après les registres du camp.

On ne trouve aucune trace de lui dans les archives de Clichy (?).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 381 et 419. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” des Hauts-de-Seine nord (2005), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (fichier central, dossier statut). 
- Comité du souvenir du camp de Voves, liste établie à partir des registres du camp conservés aux Archives départementales d’Eure-et-Loir. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “Parti communiste” : BA 2447 (chemise “1939, liste des personnes arrêtées”). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1007 (32217/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 8-10-2009)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Clichy-la-Garenne : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).