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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

René, Julien, Masblanc naît le 5 avril 1908 à Champsanglard (Creuse – 23).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 55, rue Claude-Terrasse à Paris 16e (75), à l’angle du boulevard Murat. René Masblanc est tourneur sur métaux (dans quelle entreprise ?).

Le 16 juin 1941, il est arrêté par la police française pour « propos alarmistes » et interné à la Maisond’arrêt de la Santé (Paris 14e). Le 4 novembre, il est transféré au dépôt de la Préfecture de police (au sous-sol de la Conciergerie, île de la Cité). Le 6 novembre, le préfet de police de Paris signe un arrêté d’internement administratif à son encontre.

Le 3 janvier 1942, René Masblanc fait partie d’un groupe de 38 internés politiques (parmi eux, 16 futurs “45000”) et 12 « indésirables » (droit commun) extraits du du dépôt et transférés au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Rouillé (Vienne – 86). Les détenus sont conduits en car, sous escorte, jusqu’à la gare d’Austerlitz où les attend un wagon de voyageurs réservé (10 compartiments ; départ 7h55 – arrivée 18h51).

Le 22 mai 1942, il fait partie d’un groupe de 156 internés – dont 125 seront déportés avec lui – remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, René Masblanc est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, René Masblanc est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45856, selon les listes reconstituées (la photo d’immatriculation du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 28 octobre 1942, d’après les registres du camp.

Il est homologué comme “Déporté politique”.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 373 et 413. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (fichier central). 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA 2374 (camps d’internement…). 
- Mémorial de la Shoah, Paris, archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; liste XLI-42, n° 127. 
- Archives départementales de la Vienne, cote 109W75 (camp de Rouillé). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 786 (37823/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 19-12-2008)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.