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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

René, Charles, Longle naît le 19 août 1900 à Paris 14e (75) – à la maternité de Port-Royal – fils de René Longle, 27 ans, employé, et de Louise Charles, son épouse, 26 ans, domiciliés au 88, rue du Bois, à Clichy-sous-Bois (Hauts-de-Seine).

Son nom est parfois orthographié « Loncle », et Roger Arnould le désigne par son deuxième prénom, Charles (prénom d’usage ?).

À partir de 1914, à quatorze ans, René Longle est ouvrier boulanger à Clichy. De 1919 à 1924, il travaille à Paris, rue de la Roquette, puis de 1924 à 1926, rue de Rivoli, dans diverses maisons entre 1926 et 1929, et enfin à Clichy.

Le 31 juillet 1920 à Clichy, René Longle épouse Marie, Rose, Bonnefoy, employée de commerce. Ils auront cinq enfants (deux semblent avoir quitté le domicile parental en 1940.

En juin 1926, René Longle adhère au partie communiste, où il est il militant actif, ainsi que son épouse.

Le 5 mai 1929, il est élu au conseil municipal de Clichy-sous-Bois (25e sur 34) sur la liste de Charles Auffray, maire communiste sortant.

Le 1er octobre suivant, Charles Auffray ayant expulsé de la mairie Paul Négrin, maire-adjoint imposé sur sa liste par la direction du septième rayon de la région parisienne, celle-ci exclue du PC plusieurs membres de la municipalité. Le maire de Clichy riposte en tenant une réunion publique le 6 novembre et en créant un journal, Le Prolétaire de Clichy. Le 22 décembre à Clichy, avec un important groupe d’exclus du Parti communiste, il fonde le Parti ouvrier-paysan (POP), qui fusionne avec l’Union socialiste communiste le 21 décembre 1930 pour donner naissance au Parti d’unité prolétarienne (PUP), lequel élit Auffray à son Comité central.

René Longle ne suit pas le maire et la majorité des édiles dans leur dissidence du PCF. En 1931, il est considéré par Le Prolétaire de Clichy-Levallois comme le « chef de la fraction communiste ». Dans son numéro du 13 mars 1931, ce journal ironise sur l’échec d’une mobilisation à l’appel du 7e rayon communiste qui n’aurait réuni que vingt-cinq personnes : « attristant symbole de cette déchéance morale de nos “purs”, leur délégation était conduite par l’escroc Longle ».

En 1931, René Longle entre à la coopérative La Fraternelle de Clichy.

Mais, dès 1932, il est à Levallois-Perret et, quelques mois plus tard, il s’installe à Granville (Manche – 50). Au moment de son arrestation, il est domicilié au 42, rue Couraye.

Membre de l’Union locale CGT de Granville, il en devient secrétaire adjoint lors du renouvellement de bureau du 21 janvier 1937.

René Longle est le candidat du Parti communiste aux élections législatives de 1936 dans la circonscription de Mortain. Puis en avril 1937, lors d’une élection législative partielle. Lors des élections cantonales d’octobre 1937, le Parti communiste le présente comme candidat au Conseil général dans la circonscription de Granville.

Cette même année, il est le délégué local du PCF au congrès d’Arles.

Le 24 janvier 1938, il remplit le formulaire de son autobiographie communiste pour la commission des cadres, qui le note « A » (à maintenir dans les fonctions).

En 1939, Longle est toujours membre de la section communiste de Granville.

Sous l’occupation , il participe à la reconstitution clandestine du PCF avec Léon Lamort [1] et Charles Passot.

René Longle est arrêté le 22 juin 1941 [2], en même temps que ses deux camarades.

Entre fin avril et fin juin 1942, René Longle est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, René Longle est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45802, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

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Portail du sous-camp de Birkenau, secteur B-Ia, semblable 
à celui du secteur B-Ib par lequel sont passés tous les “45000”.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés aux travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après les cinq premiers jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – René Longle est dans la moitié des membres du convoi qui reste dans ce camp en construction choisi pour mettre en œuvre la “solution finale” (contexte plus meurtrier).

Il meurt à Auschwitz (Birkenau) le 27 septembre 1942, selon les registres du camp [3].

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. n° 184 du 8-08-2008).

Sources :

- De Caen à Auschwitz, par le collège Paul Verlaine d’Évrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’associationMémoire Vive, éditions Cahiers du Temps, Cabourg (14390), juin 2001, notice par Claudine Caron-Hamet page 130. 
- Cl. Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 366 et 411. 
- Claude Pennetier, notice dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier françaisLe Maitron en ligne, Éditions de l’Atelier. 
- Archives départementales de Paris, site internet, archives en ligne, registre des naissances du 14e arrondissement à la date du 22-08-1900 (V4E 9765, acte n°6831, vue 2/31. 
- Site Gallica, Bibliothèque Nationale de France, L’Humanité n° 14152 du vendredi 17 septembre 1937, page 4, “dix-huitième liste (suite)…”. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 739 (33023/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 1-08-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Léon Lamort, né le 3 mai 1905 à Granville, déporté le 24 janvier 1943 de Compiègne, enregistré le 25 janvier au KL Sachsenhausen, matricule n° 59152, transféré au KL Neuengamme, affecté au KommandoBlohm & Vos à Hambourg, créé en octobre 1944, dans lequel plus de 400 détenus sont utilisés à des travaux de déblaiement et de constructions navales. Léon Lamort y succombe le 2 février 1945.

[2] L’ “Aktion Theoderich :

L’attaque de l’Union soviétique, le 22 juin 1941, se fait au nom de la lutte contre le “judéo-bolchevisme”. Dès mai 1941, une directive du Haut-commandement de la Wehrmacht pour la “conduite des troupes” sur le front de l’Est définit le bolchevisme comme « l’ennemi mortel de la nation national-socialiste allemande. C’est contre cette idéologie destructrice et contre ses adeptes que l’Allemagne engage la guerre. Ce combat exige des mesures énergiques et impitoyables contre les agitateurs bolcheviks, les francs-tireurs, les saboteurs et les Juifs, et l’élimination allemande de toute résistance active ou passive. » Hitler est résolu à écraser par la terreur – à l’Ouest comme à l’Est – toute opposition qui viendrait entraver son effort de guerre.

Le jour même de l’attaque contre l’Union soviétique, des mesures préventives sont prises dans les pays occupés contre les militants communistes – perquisitions à leur domicile et arrestations – et des ordres sont donnés pour punir avec la plus extrême sévérité toute manifestation d’hostilité à la puissance occupante.

En France, dans la zone occupée, au cours d’une opération désignée sous le nom de code d’Aktion Theoderich, plus de mille communistes sont arrêtés par les forces allemandes et la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne, créé à cette occasion pour la détention des « ennemis actifs du Reich » sous l’administration de la Wehrmacht.

Au total, 1300 hommes y seront internés à la suite de cette action. Fin août, 200 d’entre eux font déjà partie de ceux qui seront déportés dans le convoi du 6 juillet 1942.

[3] Différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil en France :

Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

S’agissant de René Longle, c’est le 15 janvier 1943 qui a été retenu pour certifier son décès.

Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.