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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

René Favro naît le 13 juin 1921 à Auboué (Meurthe-et-Moselle – 54), fils d’André Favro, mineur (manœuvre), et de Marguerite Baumersbach. Une notice individuelle établie ultérieurement par la préfecture de Meurthe-et-Moselle le déclarera « sans religion ».

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 269 bis, cité du Tunnel à Auboué (Meurthe-et-Moselle – 54).

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Auboué. Les Cités du Tunnel. Carte postale non datée. 
Collection Mémoire Vive.

Célibataire, René Favro vit en concubinage avec Éliane B., d’origine italienne. Ils ont un enfant.

Il est manœuvre (accrocheur) à la mine d’Auboué.

Le soir du 22 juillet 1941, après le couvre-feu, René Favro participe, avec Giovanni Pacci et Mario Tinneli, à une réunion organisée par Camille Thouvenin, responsable régional du PC clandestin, au domicile de la famille Foggi, aux cités du Tunnel à Auboué. Thouvenin, ayant été mineur et artificier dans l’armée, explique le maniement des explosifs en vue de réaliser le sabotage de l’usine Socoxyl de Briey qui produit l’air liquide nécessaire aux explosions dans les mines de fer. Après que René Favro et Mario Tinnelli aient quitté la maison, celle-ci est encerclée par les polices française et allemande et Camille Thouvenin est arrêté dans sa fuite. La police allemande se saisit de l’affaire.

Dans la nuit du 4 au 5 février 1942, la résistance communiste mène une action de sabotage contre letransformateur électrique de l’usine sidérurgique d’Auboué, lequel alimente également 17 mines de fer du Pays de Briey. Cette opération – visant une des sources d’acier de l’industrie de guerre allemande – déclenche dans le département plusieurs vagues d’arrestations pour enquête et représailles qui finiront par désigner des dizaines de futurs “45000”.

Dès le 5 février, le fils de Joseph Schneider, Serge, âgé de 17 ans, est arrêté par la police française. « Une perquisition effectuée chez le jeune Schneider Serge a amené la découverte d’un paquet de tracts. Les policiers ayant estimé qu’une perquisition chez le père de ce jeune homme, propriétaire d’un débit, pouvait être fructueuse, s’y rendirent et y trouvèrent quatre sympathisants communistes dont les noms correspondaient aux initiales trouvées sur une liste de distribution dressée par le jeune Schneider. Le sous-préfet ajoute que les perquisitions et les recherches continuent. » Le directeur du cabinet du préfet de Meurthe-et-Moselle propose à son supérieur « de donner aux Allemands la liste des six communistes » arrêtés dans cette affaire : Serge et Joseph Schneider, René Favro, Maurice Froment et deux femmes, Emma P. et Elide C.

Le 9 février, René Favro est inculpé de « menées communistes » par la 15e brigade régionale de police judiciaire venue de Nancy. Mais l’affaire échappe à la police française et René Favro est conduit par la police allemande à la Maison d’arrêt Charles-III, à Nancy, avec le père et le fils Schneider et Maurice Froment.

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Nancy. La prison Charles III. Carte postale écrite en août 1915. 
Collection Mémoire Vive.

À une date restant à préciser, René Favro est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, René Favro est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46235 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 21 septembre 1942, d’après les registres du camp. Il a 21 ans.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 6-08-1989).

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Collection Denis Martin – ARMREL.

Sources : 
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 74, 367 et 403. 
- Cl. Cardon-Hamet, Mille otages pour Auschwitz, Le convoi du 6 juillet 1942 dit des “45000”, éditions Graphein, Paris nov. 2000, page 117. 
- Archives Départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy, cotes W1277/60 et WM 312 (recherches de Daniel Dusselier). 
- Jean-Claude et Yves Magrinelli, Antifascisme et parti communiste en Meurthe-et-Moselle, 1920-1945, Jarville, avril 1985, pages 230-231, 246, 345. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 276 (32135/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 20-03-2010)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.