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IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

René, Pierre, Espargilière naît le 19 mars 1908 à Paris 13e (75).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 100, avenue d’Orléans [1] à Paris 14e. Marié, il est père d’un enfant.

René Espargilière est monteur « au métro », le Chemin de fer Métropolitain de Paris (CMP), dans les services techniques.

Il est membre du Parti communiste.

Le 18 septembre 1941, René Espargilière est arrêté et écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e). Il est considéré comme « militant communiste et propagandiste actif » ayant « participé à la reconstruction d’un groupement communiste clandestin ».

Le 7 février 1942, la préfecture de police de Paris ordonne son internement administratif. Pendant un temps, il est détenu au dépôt de la préfecture (sous-sol de la Conciergerie, île de la Cité).

Le 16 avril 1942, il fait partie d’un groupe de détenus transférés au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Voves (Eure-et-Loir – 28), où il est enregistré sous le matricule n° 86.

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Entrée du camp de Voves. 
Date inconnue, probablement après mars 1943.

Le 10 mai 1942, René Espargilière fait partie des 81 internés remis aux “autorités d’occupation” à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, René Espargilière est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45522, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

On ignore la date exacte de sa mort à Auschwitz  [2] ; probablement avant la mi-mars 1943.

Son nom est inscrit sur une plaque « À la mémoire de nos camarades (…) morts pour la France » apposée dans la station de métro Châtelet et sur une autre « À la mémoire des agents du Métropolitain… » apposée dans la station Denfert-Rochereau.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 6-08-1989).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 381 et 419. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen. 
- Comité du souvenir du camp de Voves, liste établie à partir des registres du camp conservés aux Archives départementales d’Eure-et-Loir. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, carton “occupation allemande” BA 1836 : dossiers divers et les Tourelles (quatre registres d’internés), (…) militants communistes internés aux Tourelles. 
- Noël Gérôme, Le Deuil en hommage, monuments et plaques commémoratives de la RATP, Creaphis 1995, pages 72-73, 120-121, 137.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 7-04-2008)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Avenue d’Orléans : devenue avenue du général Leclerc.

[2] La date de décès inscrite sur les actes d’état civil… Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documentsadministratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

S’agissant de René Espargillière, c’est le 30 septembre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.