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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

René Dufour naît le 17 décembre 1903 à Guines (Seine-et-Marne – 77), fils de François Dufour, 26 ans, domestique, et de Léonie Bonnel, son épouse, 23 ans.

Le 12 décembre 1925 à Maisse, sur l’Essonne, 7 km à l’est de Milly-la-Forêt (91), René Dufour se marie avec Yvonne Bourgeaut. Ils auront deux enfants.

Au moment de son arrestation, René Dufour est domicilié au 70, rue de Paris à Épinay-sur-Seine [1] (Seine-Saint-Denis – 93).

Il est cimentier.

Sous l’occupation, la police française le considère comme un « meneur communiste actif ».

Le 6 décembre 1940, René Dufour est appréhendé par des agents du commissariat de Saint-Denis lors d’une vague d’arrestation collective visant 69 hommes dans le département de la Seine. D’abord conduits à la caserne des Tourelles, boulevard Mortier à Paris 20e, ils sont internés administrativement – le jour même – au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Val-d’Oise – 95), créé au début du mois d‘octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.

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Centre de séjour surveillé d’Aincourt. Plan de l’enceinte 
montrant les points d’impact après le bombardement 
par un avion anglais dans la nuit du 8 au 9 décembre 1940. 
Arch. dép. des Yvelines, cote 1W71.

À partir du 16 juillet 1941, un nommé Dufour travaille dans la journée chez un agriculteur, à la ferme Roos sur la commune d’Aincourt : est-ce lui ?

Le 5 mai 1942, René Dufour fait partie d’un groupe de détenus transférés au “centre de séjour surveillé” de Voves (Eure-et-Loir – 28). Enregistré sous le matricule n° 353, il n’y reste que cinq jours.

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Entrée du camp de Voves. 
Date inconnue, probablement après mars 1943.
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Musée de la Résistance Nationale, Champigny. 
Fonds de l’Amicale Voves-Rouillé-Châteaubriant. 
Droits réservés.

Le 10 mai, il fait partie des 81 internés remis aux “autorités d’occupation” à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht(Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, René Dufour est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, René Dufour est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45498 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté René Dufour.

Il meurt à Auschwitz le 9 septembre 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp ; deux mois après l’arrivée de son convoi.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 385 et 402. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice in 60e anniversaire du départ du convoi des 45000, brochure répertoriant les “45000” de Seine-Saint-Denis, éditée par la Ville de Montreuil et le Musée d’Histoire vivante, 2002. 
- Archives départementales de Seine-et-Marne, archives en ligne, registre d’état civil de Guines pour l’année 1903, acte 56 (cote 6E235/17 1899-1906, vue 198/310). 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “Occupation allemande” : BA 2397 (liste des internés communistes, 1939-1941). 
- Archives départementales des Yvelines (AD 78), Montigny-le-Bretonneux, centre de séjour surveillé d’Aincourt, cotes 1W71, 1W80 (notice individuelle). 
- Comité du souvenir du camp de Voves, liste établie à partir des registres du camp conservés aux Archives départementales d’Eure-et-Loir. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 244 (29419/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 14-10-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Épinay-sur-Seine : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).