Raymonde Sergent, née Delalande, est venue au monde le 17 août 1903 à Saint-Martin-le-Beau en Indre-et-Loire. Depuis sa tendre enfance, Raymonde Sergent a toujours vécu à Saint-Martin-le-Beau.

La Résistance

Son mari est prisonnier de guerre. Pendant l’Occupation, Raymonde Sergent fait partie d’une chaîne, grâce à laquelle des prisonniers de guerre et des Résistants, qu’elle cache chez elle, gagnent la zone sud. Comme la plupart de ses camarades, tous bénévoles, elle est dénoncée. Elle est arrêtée.

Raymonde Sergent est transférée de la prison de Tours au fort de Romainville le 7 novembre 1942.

Auschwitz

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Portail du secteur B-Ia du sous-camp de Birkenau (Auschwitz-II)
par lequel sont passés les “31000”
(accès depuis la rampe de la gare de marchandises
et le “camp-souche” d’Auschwitz-I…).
© Gilbert Lazaroo, février 2005.

À Birkenau, c’est Raymonde Sergent qui a donné l’idée de manger du charbon que l’on trouvait dans les cendres du feu que faisaient les SS pour se chauffer sur les chantiers où les détenues travaillaient. Ce bois calciné avait une certaine efficacité sur la dysenterie. Elle avait muré, chez elle, des bouteilles de bon vin pour fêter la Libération. Toutes les Tourangelles et beaucoup d’autres compagnes du convoi se promettaient de se retrouver à Saint-Martin-le-Beau pour fêter ainsi la Victoire. Une promesse de tenir.

Raymonde Sergent rentre au Revier, les jambes gonflées par l’œdème, les cuisses arrachées par le frottement et les gerçures. Elle meurt fin mars ou début avril 1943.

Hélène Fournier a réussi à aller la voir, un soir après l’appel. Raymonde lui dit : « Tu diras à mon mari, à Giselle (sa fille) que je ne les ai jamais oubliés, que j’ai essayé de tenir. »

La famille de Raymonde Sergent a appris sa mort le 15 août 1944 par une personne de Carugé, une petite commune proche de Saint-Martin-le-Beau. D’où tenait-elle l’information ?

Sources :

- Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Les Éditions de Minuit, 1965 (réédition 1998), pages 267-268