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IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Raymond Rivoal naît le 7 septembre 1920 à Paris 10e (75), fils de Pierre Rivoal, né en 1897 dans lesCôtes-du-Nord (22), manœuvre. Raymond a une sœur, Rolande, née en 1924, et semble-t-il un frère, Pierre, né en 1934.

Au moment de son arrestation, Raymond Rivoal est domicilié chez son père, au 94, rue de la Goutte-d’Or à Aubervilliers [1] (Seine-Saint-Denis – 94). En 1936, celui-ci vit en ménage avec Julia L., une amie divorcée, et héberge Raymond L., le fils de celle-ci, en plus de ses propres enfants.

Raymond Rivoal est manœuvre.

Sous l’occupation, il est actif dans le “groupe des jeunes”.

Le 10 janvier 1940, il est arrêté et placé sous mandat de dépôt « pour participation à la reconstitution du groupement des Jeunesses communistes à Aubervilliers » avec sept autres camarades dont Marceau Lannoy après qu’une jeune fille de son groupe de Résistance ait parlé.

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Palais de Justice de Paris, île de la Cité, Paris 1er. 
Tribunal correctionnel, un des porches du 1er étage. 
(montage photographique)

Le 19 juin 1941, les huit inculpés comparaissent devant la chambre des mineurs (15e) du Tribunal correctionnel de la Seine ; un père et quatre mères ont été convoqués à l’audience comme civilement responsables, dont la belle-mère de Raymond Rivoal. Celui-ci est condamné à six mois d’emprisonnement, mais fait appel auprès du procureur de la République. Il est écroué successivement dans les maisons d’arrêt de la Santé (Paris 14e) et de Fresnes [1] (Val-de-marne – 94) ; quartier des mineurs ? (à vérifier…). Il est probablement libéré à l’expiration de sa peine.

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La maison d’arrêt de Fresnes après guerre. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 28 avril 1942, il est arrêté à son domicile, comme otage, lors d’une grande vague d’arrestations (397 personnes) organisée par « les autorités d’occupation » dans le département de la Seine – avec le concours de la police française – et visant majoritairement des militants du Parti communiste. Les hommes arrêtés sont rapidement conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Raymond Rivoal est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet, Raymond Rivoal est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46062, selon les listes reconstituées (la photo d’immatriculation correspondant à ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit. Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Raymond Rivoal.

Il meurt à Auschwitz à une date inconnue, probablement avant la mi-mars 1943 (l’état civil français a fixé la date du 15 février 1943 [2]). Il a 22 ans.

Son nom est inscrit sur le Monument aux morts d’Aubervilliers, situé dans le cimetière communal.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 14-12-1997).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 384 et 419. 
- Archives de Paris, archives du tribunal correctionnel de la Seine, rôle du greffe du 5 juin au 22 septembre 1941, cote D1u6-5857 ; jugement du samedi 8 février 1941, cote D1u6-3719. 
- Archives départementales des Yvelines (AD 78), Montigny-le-Bretonneux, centre de séjour surveillé d’Aincourt ; cote 1W150 (note constatant qu’il n’a pas été interné à Aincourt !). 
- Musée de la Résistance nationale (MRN) Champigny-sur-Marne (94), carton “Association nationale des familles de fusillés et massacrés”, fichier des victimes. 
- Archives communales d’Aubervilliers : recensement de population de 1936, Pages d’histoire d’Aubervilliers, luttes ouvrières de 1900 à nos jours, brochure éditée par le Comité de ville d’Aubervilliers du PCF. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…). 
- Site Mémorial GenWeb, 93-Aubervilliers, relevé d’Alain Claudeville (2000-2002).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 11-06-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Aubervilliers et Fresnes : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, ces communes font partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] La date de décès inscrite sur les actes d’état civil : Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documentsadministratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ. Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.