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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Raymond, Maximilien, Gouveno naît le 31 décembre 1909 à Reims (Marne – 51), fils de Maximilien Gouveno, 24 ans, employé de chemin de fer, et de Raymonde Meurice, 22 ans, papetière, domiciliés au 68, rue du Barbâtre (tous deux seront décédés au moment de son arrestation).

Le 28 septembre 1935 à Saint-Fargeau (Seine-et-Marne – 77), Raymond Gouveno se marie avec Simone Pélardy. Mais le couple divorcera.

Au moment de son arrestation, Raymond Gouveno est domicilié à la cité Leroy [1] à Ponthierry, commune de Saint-Fargeau.

Il est maçon.

De 1937 à 1939, il est membre de la cellule de Ponthierry du Parti communiste.

Le 28 janvier 1939, à la demande de la direction générale de la Sûreté nationale au ministère de l’intérieur, et après avoir consulté ses sous-préfets, le préfet de Seine-et-Marne transmet à celle-ci un long rapport sur « l’organisation et l’activité de chacun des partis extrémistes » de son département dans lequel sont répertoriées les cellules du parti communiste. Pour le secteur de Ponthierry-Saint-Fargeau, il indique que le siège de la cellule est au Café des Cités à Ponthierry et désigne Raymond Gouveno – alors ouvrier d’usine – comme « responsable » aux côtés du secrétaire, Raymond Quinard.

Le dimanche 19 octobre 1941, Raymond Gouveno est appréhendé lors d’une vague d’arrestations décidée par l’occupant contre des communistes de Seine-et-Marne, pris comme otages en représailles de distributions de tracts et de destructions de récolte – meules, hangars – ayant eu lieu dans le département. Son nom figure en 12e position sur une liste de trente communistes arrêtés établie par le groupe deFeldgendarmerie n° 680.

Raymond Gouveno est rapidement interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager), parmi 86 Seine-et-Marnais arrêtés en octobre (46 d’entre eux seront des “45000”). Il y est enregistré sous le matricule n° 1706.

Le 28 novembre, la Feldkommandantur 680 de Melun adresse au chef du district militaire “A” à Saint-Germain-[en-Laye] une liste de 79 otages communistes seine-et-marnais pouvant être proposés pour uneexécution de représailles, parmi lesquels Raymond Gouveno.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Raymond Gouveno est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45624 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée).

On ignore la date de sa mort à Auschwitz ; probablement avant la mi-mars 1943.

Le nom de Raymond Gouveno est inscrit sur le Monument aux morts de Saint-Fargeau-Ponthierry, situé sur la place du général-Leclerc, face à l’église de Ponthierry.

À une date restant à préciser, le Conseil municipal de Saint-Fargeau-Ponthierry donne son nom à une ruedu quartier de Ponthierry ; peut-être celle où il habitait (à vérifier…).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 380 et 406. 
- Ville de Reims, Archives municipales, site internet, archives en ligne, registre des naissances de l’année 1910, acte n° 2, (vue 2/711). 
- Archives départementales de Seine-et-Marne, Dammarie-les-Lys, cabinet du préfet ; arrestations collectives octobre 1941 (cote M11409) ; notes (SC51241). 
- Mémorial de la Shoah, Paris, site internet, Archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; liste d’otages, document allemand, cote XLIV-60. 
- Site Mémorial GenWeb, 77-Saint-Fargeau-Ponthierry, relevé de Christian Prunier (11-2003).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 23-01-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] La cité Leroy date de la construction de l’usine de papiers peints. L’usine a été inscrite Monument historique par arrêtés du 22 avril 1986 et du 13 novembre 2006.