JPEG - 77.1 ko
Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Pierre, Cyprien, Roux naît le 27 décembre 1921 à Dadonville, près de Pithiviers (Loiret – 45), fils de Charles Roux et d’Albertine Montigny, son épouse.

Au moment de son arrestation, Pierre Roux est domicilié à Dadonville, peut-être chez ses parents ; son adresse reste à préciser.

Il est boulanger à Pithiviers.

À une date restant à préciser, Pierre Roux est arrêté comme communiste, puis finalement interné aucamp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Pierre Roux est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

JPEG - 145.8 ko
Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Henri Gaget, de Dadonville, jette depuis son wagon un message qui parviendra à sa famille et dans lequel il mentionne la présence de Pierre Roux. Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Pierre Roux est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46257 (aucune photo de détenu de ce convoi n’a été retrouvée après le matricule 46172).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

JPEG - 174.4 ko
Portail du sous-camp de Birkenau, secteur B-Ia, semblable 
à celui du secteur B-Ib par lequel sont passés tous les “45000”.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés aux travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après les cinq premiers jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – Pierre Roux est dans la moitié des membres du convoi qui reste dans ce camp en construction choisi pour mettre en œuvre la “solution finale” (contexte plus meurtrier).

Le 1er novembre 1942, il est inscrit dans la chambrée (Stube) n°3 du Revier de Birkenau (Block n° 8 – en brique – du secteur BIb) – où se trouvent également Marcel Colin, Germa, Faugeron, Lenglet, Nonnet, Nouvian, Paupy, Sansoulet et Vinsous. Le 3 novembre, Pierre Roux reçoit six gouttes (« Trpf », Tropfen) d’anisine.

Le 18 janvier 1943, alors qu’il se trouve toujours dans la même chambrée, cette fois-ci avec Roger Dejameau, de Niort, il reçoit un autre médicament (« Kaestase 3 st » ?).

Pierre Roux meurt à Birkenau le 21 janvier 1943, d’après les registres du camp. La cause (probablement mensongère) mentionnée pour son décès est « Bronchopneumonie ».

Le nom de Pierre Roux est inscrit sur le monument aux morts de Dadonville.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 365 et 419. 
- Acte de décès du camp (3129/1943) et registre de délivrance de médicaments de l’infirmerie de Birkenau, Archives du Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau (Archiwum Państwowego Muzeum Auschwitz-Birkenau – APMAB), Oświęcim, Pologne ; Bureau d’information sur les anciens prisonniers (Biuro Informacji o Byłych Więźniach). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1031. 
- Site Mémorial GenWeb, 45-Dadonville, relevé de Éric Louis, informations de Claude Richard (2002).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 6-10-2009)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.