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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Pierre Labregère naît le 30 octobre 1893 à Bourdeilles (Dordogne – 24), faubourg Notre-Dame, fils d’Antoine Labgregère, 29 ans, maçon, et de Françoise Peyrou, son épouse, 24 ans.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 64, rue Saint-Charles à Paris 15e (75), à l’angle de la rue Ginoux dans le quartier Beaugrenelle. Il est célibataire.

Pierre Labregère est peintre en bâtiment.

Le 29 juillet 1941, il est arrêté « en flagrant délit d’inscriptions communistes sur les murs » et inculpé d’infraction au décret du 26-09-1939 (dissolution et interdiction du PC).

Trois jours plus tard, le 1er août, la 14e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine le condamne à quatre mois d’emprisonnement. Il est écroué à la Maison centrale de Poissy (Yvelines – 78).

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Au deuxième plan, la Maison centrale de Poissy vers 1916. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Le 2 octobre, en « exécution de la note préfectorale » du 14 novembre 1940, le directeur de la prison transmet au bureau politique du cabinet du préfet de Seine-et-Oise sept notices de détenus de la Seine devant être libérés à l’expiration de leur peine au cours du mois suivant. Le 10 octobre, le préfet de Seine-et-Oise transmet le dossier au préfet de police de Paris, direction des services des Renseignements généraux.

À l’expiration de sa peine, en novembre, Pierre Labregère n’est peut-être pas libéré : le 13 février 1942, il est parmi les vingt-quatre « militants communistes » – dont la moitié de futurs “45000” – transférés au dépôt de la préfecture de police de Paris (au sous-sol de la Conciergerie, île de la Cité). Le 26 mars, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif, officialisant la situation. En attendant son envoi dans un camp, Pierre Labrégère reste détenu au dépôt.

Le 16 avril, il fait partie d’un groupe de détenus transférés au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Voves (Eure-et-Loir – 28), où il est enregistré sous le matricule n° 79.

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Musée de la Résistance Nationale, Champigny. 
Fonds de l’Amicale Voves-Rouillé-Châteaubriant. 
Droits réservés.

Le 10 mai 1942, il fait partie des 81 internés remis aux “autorités d’occupation” à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par laWehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Pierre Labregère est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45707, selon les listes reconstituées (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Il meurt à Auschwitz le 17 août 1942, d’après les registres du camp. Ce jour-là, 26 autres “45000” sont portés décédés ; probablement à la suite d’une séance de désinfection à Auschwitz-I (coups, manque de sommeil…).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 147 et 148, 373 et 409. 
- Archives départementales de la Dordogne, archives en ligne, état civil de Bourdeilles, registre des naissances de l’année 1893, acte n°27 (cote 5MI04710_001, vue 19/22). 
- Archives de la préfecture de police de Paris, carton BA 2374 (occupation allemande – camps d’internement…). 
- Archives départementales des Yvelines (AD 78), Montigny-le-Bretonneux ; bureau politique du cabinet du préfet, cote 1W69. 
- Comité du souvenir du camp de Voves, liste établie à partir des registres du camp conservés aux Archives départementales d’Eure-et-Loir. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 683 (31166/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 4-10-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.