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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Pierre, Auguste, Demerlé naît le 24 juin 1890 à Chaumont (Haute-Marne – 52) – pas trouvé dans le registre des naissances ni les tables décennales de cette commune !? -, fils de Henry (?) Demerlé et Marie-Louise Fouillon.

Considérant son âge, il devrait avoir été mobilisé au cours de la guerre 1914-1918 (à vérifier…).

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 11, rue du Vieux-Pont à Courbevoie [1] (Hauts-de-Seine – 92). Il « vit séparé ».

Pierre Demerlé est tourneur (dans quelle entreprise ?).

Une note de police (RG ?) du 20 février 1941, précise : « À la suite de l’arrestation du secrétaire de l’organisation clandestine de la région de paris-Ouest, les services de la Préfecture de Police, poursuivant leurs investigations, ont mis fin à l’activité de militants particulièrement actifs, qui avaient pour mission essentielle de surveiller la diffusion du matériel de propagande dans la région de Courbevoie. » Il est précisé que « les perquisitions effectuées aux domiciles de ces militants ont amené la saisie d’un important matériel de propagande (brochures, tracts, papillons, etc.) » Parmi les six hommes « envoyés au Dépôt à la disposition du Parquet de la Seine » : Pierre Demerlé et Roger Collignon.

Le 19 février, Pierre Demerlé est inculpé d’infraction au décret du 26-09-1939 et écroué à la Maisond’arrêt de la Santé (Paris 14e). Dans la deuxième quinzaine de mai, il se trouve dans la même cellule de la 13e division que Léon Pêcheux et Albert Vorger-Levant. Ensemble, ils sollicitent leur « mise au régime politique ».

Le 16 mai, Pierre Demerlé est parmi les neuf hommes – dont également Roger Collignon – qui comparaissent devant la 12e chambre du Tribunal correctionnel de la Seine. Pierre Demerlé est condamné à dix mois d’emprisonnement. Il se pourvoit en appel auprès du procureur de la République

Le 7 juillet, il est transféré à la Maison d’arrêt de Fresnes (Val-de-Marne – 94) où il reste incarcéré jusqu’au 4 octobre (n° d’écrou “ correction” 9091).

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La maison d’arrêt de Fresnes après guerre. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

À l’expiration de sa peine, le préfet de police de Paris signe probablement un arrêté ordonnant son internement administratif. Pendant un temps, Pierre Demerlé est détenu au dépôt de la préfecture de police (Conciergerie, sous-sol du Palais de Justice, île de la Cité).

Le 9 octobre 1941, il fait partie des 60 militants communistes (40 détenus venant du dépôt, 20 venant de la caserne des Tourelles) transférés au “centre de séjour surveillé” (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne – 86) ; départ gare d’Austerlitz à 8 h 25, arrivée à Rouillé à 18 h 56.

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Le camp de Rouillé, “centre de séjour surveillé”, 
vu du haut d’un mirador. Date inconnue. 
Au fond – de l’autre côté de la voie ferrée -, le village. 
Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne), 
Fonds Amicale Voves-Rouillé-Châteaubriant. Droits réservés.

Le 22 mai 1942, Pierre Demerlé fait partie d’un groupe de 156 internés de Rouillé – dont 125 seront déportés avec lui – remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Pierre Demerlé est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Pierre Demerlé est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45452 (sa photo d’immatriculation a été retrouvée et identifiée [2]).

Il meurt à Auschwitz à une date inconnue [3], probablement avant la mi-mars 1943.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, 382 et 401 
- Archives de Paris, archives du tribunal correctionnel de la Seine, rôle du greffe du 28 mars au 5 juin 1941, cote D1u6-5855, et du 5 juin au 22 septembre 1941, cote D1u6-5857. 
- Archives Départementales du Val-de-Marne, Maison d’arrêt de Fresnes, registre d’écrou n° 151 “correction hommes” (20 avril-7 juillet 1941), cote 2742w18 ; dossier des détenus “libérés” du 1er au 15-10-1941, cote 511w23. 
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA ? (…). 
- Mémorial de la Shoah, Paris, archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; liste XLI-42, n° 64. 
- Archives départementales de la Vienne, cote 109W75 (camp de Rouillé).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 16-07-2012)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Courbevoie : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).

[2] Sa photographie d’immatriculation à Auschwitz a été reconnue par des rescapés lors de la séance d’identification organisée à l’Amicale d’Auschwitz le 10 avril 1948 (bulletin Après Auschwitz, n°21 de mai-juin 1948).

[3] La date de décès inscrite sur les actes d’état civil : Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documentsadministratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

Concernant Pierre Demerlé, c’est le 15 septembre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès.

Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.