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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Norbert, Narcisse, Debrie naît le 2 mai 1908 à Montataire, près de Creil (Oise – 60), fils d’Octave Debrie, né en 1884 à Montataire, manouvrier chez Voirin, et d’Irma, son épouse, née en 1885 à Mabeuge. Il a une sœur plus âgée, Solange, née en 1904.

En 1911, la famille est domicilée au 4, rue Herouart-Rodier (elle n’y habite plus en 1921).

Au moment de son arrestation, Norbert Debrie est domicilié à Vincelles (Yonne – 89) ; son adresse reste à préciser.

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Le village de Vincelles. Au deuxième plan, la Marne et Dormans. 
Carte postale. Collection Mémoire Vive.

Il est cordonnier.

À des dates et pour un motif restant à préciser, il est arrêté.

Il est possible qu’il soit interné administrativement au camp français de Vaudeurs.

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Vaudeurs. Le château. Carte postale oblitérée en avril 1938.
Collection Mémoire Vive.

En effet, dans un courrier adressé à son épouse depuis le camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager), Georges Varenne signale l’arrivée de «  Debrie et 2 camarades de Vaudeurs », le 27 mai 1942.

Entre fin avril et fin juin 1942, Norbert Debrie est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Les deux wagons à bestiaux 
du Mémorial de Margny-les-Compiègne, 
installés sur une voie de la gare de marchandise 
d’où sont partis les convois de déportation. Cliché M.V.

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Le 8 juillet, Norbert Debrie est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45429 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule n’a pas été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartisdans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différentsKommandos.

Le 13 juillet – après les cinq premiers jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – Norbert Debrie est dans la moitié des membres du convoi qui reste dans ce camp en construction choisi pour mettre en œuvre la “solution finale” (contexte plus meurtrier).

Il meurt à Birkenau le 24 août 1942, d’après les registres du camp [1].

Aucun des trois déportés “45000” de l’Yonne n’est revenu.

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Le 8 octobre (1945), René Petitjean écrit à l’épouse de Georges 
Varenne pour confirmer la disparition de celui-ci à Birkenau, en 
même temps que celle de Norbert Debrie, de Vincelles (Yonne). 
Musée de la Résistance Nationale (Champigny/Marne – 94). 
Fonds Georges Varenne. Droits réservés.

Le nom de Robert Debrie est inscrit sur le Monument aux morts de Vincelles, situé dans le cimetière communal.

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. n° 10 du 12-01-2008).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 127 et 128, et 401. 
- Archives départementales de l’Oise, site internet, recensement de 1911 à Montataire, 6Mp482, page 123 (vue 66). 
- Musée de la Résistance nationale (MRN) de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), fonds GeorgesVarenne (lettre de G. Varenne du 29-05-1942 ; lettre de René Petitjean, de Clichy). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 217 (24423/1942). 
- Site Mémorial GenWeb, 89-Vincelles, relevé de Gérard Quénaudon (2000-2002).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 24-05-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés et Internés Résistants et Patriotes) qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Différence de date de décès avec celle inscrite sur les actes d’état civil : Dans les années qui ont suivi la guerre, devant l’impossibilité d’obtenir des dates précises de décès des déportés, mais soucieux d’établir les documents administratifs nécessaires pour le versement des pensions aux familles, les services français d’état civil – dont un représentant officiait au ministère des Anciens combattants en se fondant sur diverses sources, parmi lesquelles le témoignage approximatif des rescapés – ont très souvent fixé des dates fictives : le 1er, le 15, le 30, le 31 du mois, voire le jour (et le lieu !) du départ.

Concernant Norbert Debrie, c’est le 15 décembre 1942 qui a été retenu pour certifier son décès.

Leur inscription sur les registres d’état civil rendant ces dates officielles, certaines ont quelquefois été gravées sur les monuments aux morts.