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IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942.
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau,
Oswiecim, Pologne.
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Maurice RAIMOND naît le 21 septembre 1899 ou 1897 à Château-Thierry (Aisne – 02), fils d’Eugène Raimond, 35 ans, ouvrier de fabrique, et de Victorine Roguet, 36 ans, son épouse ; son nom est parfois orthographié « RAYMOND » ou « REIMOND ».

Mobilisé au cours de la guerre 1914-1918, Maurice Raimond est décoré de la Croix de guerre.

Le 2 septembre 1922 à Château-Thierry, il se marie avec Germaine Lemret.

Au moment de son arrestation, il est domicilié au 9, rue Arthur-Rozier à Paris 19e (75), à proximité de la place des Fêtes. Il a également un lien – qui reste à préciser – avec Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne – 94).

Maurice Raimond est ouvrier cordonnier.

Membre du Parti communiste, il est aussi, en 1939, un des cinq secrétaires nationaux du Secours populaire et administrateur de son journal, La Défense.

Démobilisé en août 1940, actif dans la clandestinité (il reconstitue le Secours populaire), Maurice Raimond est arrêté le 6 septembre 1940 à son domicile par la police française et écroué le 10 septembre à la Maison d’arrêt de la Santé, à Paris 14e.

Jugé, il est acquitté faute de preuve, mais n’est pas libéré. Le 4 février 1941, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif.

Maurice Raimond est peut-être ensuite interné administrativement ; au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt, où il fait partie de la direction politique clandestine des détenus, selon le témoignage de Fernand Devaux (où était-ce plus tard, à Rouillé ?).

Puis (le 27 février ?) Maurice Raimond fait partie d’un des groupes d’internés administratifs transférés à la Maison centrale de Clairvaux (Aube – 10) où ils en rejoignent d’autres : ils sont bientôt 300 détenus politiques (dont Guy Moquet et plusieurs futurs “45000”).

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Clairvaux. La Maison centrale. Carte postale. Collection M. Vive.

Le 26 septembre 1941, Maurice Raimond est parmi la centaine d’internés de Clairvaux transférés, en trainvia Paris, au camp français (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne – 86).

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Le camp de Rouillé, “centre de séjour surveillé”,
vu du haut d’un mirador. Date inconnue.
Au fond – de l’autre côté de la voie ferrée -, le village.
Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne),
Fonds Amicale Voves-Rouillé-Châteaubriant. Droits réservés.

Le 22 mai 1942, il fait partie d’un groupe de 156 internés – dont 125 seront déportés avec lui – remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ; à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Le quartier “A” de la caserne de Royallieu à Compiègne, futur “camp des communistes” du Frontstalag 122 ;
à droite, sont visibles les bâtiments A4, A5, A6, A7 et A8. Carte postale des années 1930. Collection Mémoire Vive.

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

transportaquarelle

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Maurice Raimond est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46030, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Maurice Raimond.

Il meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942, d’après l’acte de décès établi par l’administration SS du camp, alors qu’a lieu une grande sélection des “inaptes au travail” à la suite de laquelle 146 des “45000” sont inscrits sur le registre des décès en deux jours (probablement gazés [1]).

Il est homologué comme “Déporté politique”. La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 19-02-1997).

À Vitry-sur-Seine, son nom est inscrit sur la stèle dédiée au convoi du 6 juillet 1942 et apposée au dos du monument de la place des Martyrs de la Déportation.

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Une plaque dédiée aux “45000” vitriots a été apposée
au dos du monument. Elle est parfois masquée par la végétation.
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La plaque apposée pour le 50e anniversaire de la libération
des camps (avril 1995).

Sources :

- Jean Maitron, Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier, tome 39, page 350.
- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 150 et 153, 374 et 418.
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” des Hauts-de-Seine nord (2005), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (fichier central – Témoignage de Fernand Devaux, rescapé du convoi.
- Archives de la préfecture de police de Paris, cartons “occupation allemande” : BA 2374 (camps d’internement…) ; BA 2397 (liste des internés communistes, 1939-1941). - Archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), Paris ; liste XLI-42, n° 152.
- Archives départementales de la Vienne, cote 109W75 (camp de Rouillé).
- 1940-1945, La Résistance dans le 19e arrondissement de Paris, ANACR, éditions Le temps des cerises, Pantin septembre 2005, page 252.
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 983 (31907/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 26-10-2010)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à éliminer des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail” (opération commencée en avril 1941, dans d’autres camps, sous le nom de code 14 f 13). Les détenus d’Auschwitz-I sélectionnés pour la chambre à gaz sont amenés en camions à Birkenau. Quelquefois, ils attendent la mort au Block 7 de ce camp.