Maurice, Louis, Victor, Lechevalier, né le 1er janvier 1902 à Cherbourg (Manche), domicilié à Puteaux (Hauts-de-Seine), mort à Auschwitz le 8 août 1942.

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz.
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Maurice, Louis, Victor, Lechevalier naît le 1er janvier 1902 à Cherbourg (Manche – 50), fils d’Alexis Lechevalier et d’Albertine Joret, tous deux décédés au moment de son arrestation. Il a – au moins – un frère.

Au moment de son arrestation, Maurice Lechevalier est domicilié au 74, boulevard Richard-Wallace à Puteaux [1] (Hauts-de-Seine – 92). Il est célibataire mais vit maritalement, ayant un enfant âgé de 7 ans au début de 1941.

Maurice Lechevalier est outilleur-ajusteur, en dernier lieu chez Morane-Saulnier, au 3, rue Volta, à Puteaux (peut-être comme « affecté spécial » lors de la mobilisation de 1939…).

c’est un militant communiste.

Le 9 novembre 1940, le préfet de police (de Paris) signe un arrêté ordonnant son internement administratif. Le jour même, Maurice Lechevalier est conduit au “centre de séjour surveillé” (CSS) d’Aincourt (Val-d’Oise – 95), créé en octobre 1940 dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt.

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Centre de séjour surveillé d’Aincourt. Plan de l’enceinte
montrant les points d’impact après le bombardement
par un avion anglais dans la nuit du 8 au 9 décembre 1940.
Arch. dép. des Yvelines, cote 1W71.

Le 26 février 1941, sur le formulaire de « Révision trimestrielle du dossier » de Maurice Lechevalier, à la rubrique « Avis sur l’éventualité d’une mesure de libération », le commissaire spécial, directeur du camp, émet un avis défavorable en s’appuyant sur le constat que cet interné « est resté communiste certain », tout en lui reconnaissant une « attitude correcte » .

Les 5 et 9 mars 1941, le frère et la compagne de Maurice Lechevalier adressent au préfet de Seine-et-Oise une requête dont la nature reste à préciser. Cependant…

À une date restant à préciser, conjointement avec le jeune Gabriel Charpentier, de Goussainville, Maurice Lechevalier demande l’autorisation de se marier au village voisin.

Le 6 novembre, les deux internés se rendent à la mairie d’Aincourt accompagné d’un inspecteur pour accomplir les formalités administratives nécessaires.

Le 21 novembre, le préfet transmet au chef de camp son autorisation pour le double mariage devant être célébré le lendemain au village d’Aincourt, « toutes dispositions habituelles étant, bien entendu, prises pour la surveillance de ces internés ». [vérifier s’il ne s’agit pas d’un homonyme…]

Le 5 mai 1942, Maurice Lechevalier fait partie d’un groupe de détenus transférés au camp français (CSS) de Voves (Eure-et-Loir – 28). Il est enregistré sous le matricule n° 375 dans ce camp où il ne reste que cinq jours.

Le 10 mai, il fait partie des 81 internés remis aux “autorités d’occupation” à la demande de celles-ci et transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Maurice Lechevalier est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Maurice Lechevalier est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45748 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés au travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet – après cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau – la moitié des membres du convoi est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Aucun document ni témoignage ne permet actuellement de préciser dans lequel des deux sous-camps du complexe concentrationnaire a été affecté Maurice Lechevalier.

Il meurt à Auschwitz le 8 août 1942, selon l’acte de décès établi par l’administration SS du camp ; un mois après l’arrivée de son convoi.

(aucun des douze “45000” de Puteaux n’a survécu)

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, Éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 383 et 410.
- Archives départementales des Yvelines (AD 78), Montigny-le-Bretonneux, centre de séjour surveillé d’Aincourt ; cotes 1w74 (révision trimestrielle), 1w76, 1w80, 1w99 et 1w131 (dossier individuel).
- Comité du souvenir du camp de Voves, liste établie à partir des registres du camp conservés aux Archives départementales d’Eure-et-Loir.
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 702 (38546/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 24-02-2013)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

Notes

[1] Puteaux : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert effectif en janvier 1968).