Pierre, Maurice, DENIS naît le 3 avril 1909 à Gournay-le-Guérin (Eure – 27).

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Aube, à 6 km de L’Aigle (Orne – 61). Il est célibataire.

Maurice Denis est ouvrier électricien à la centrale SDEO (Société de Distribution Électrique de l’Ouest) de Aube.

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Aube, usine de la Société de distribution d’électricité de l’Ouest. 
Carte postale envoyée fin décembre 1939 par un militaire 
(gendarme ?) chargé de surveiller l’usine : garde en journée,
patrouille de nuit, pointage des cartes des ouvriers… 
Collection Mémoire Vive.

« Militant communiste connu et estimé », Maurice Denis est secrétaire de la section communiste de L’Aigle en 1936. Il est candidat communiste aux élections cantonales en octobre 1937. Il devient secrétaire du “rayon” de Mortagne en 1938, et secrétaire du comité Paix et Liberté de Mortagne à la même date.

Il poursuit ses activités militantes sous l’occupation.

Le 18 octobre 1941, Maurice Denis est arrêté à L’Aigle, selon Eugène Garnier, de Flers, arrêté le même jour, et – dans le cadre de la vague d’arrestations qui a touché le département – il est probablement interné dès le lendemain au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par laWehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, il est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Maurice Denis est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 45456 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

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Les SS ont détruit la plupart des archives du KL Auschwitz. 
Le portrait d’immatriculation de ce détenu a disparu.

Il meurt à Auschwitz le 12 septembre 1942, selon les registres du camp.

Après la guerre, le Conseil municipal de L’Aigle a donné le nom de Maurice Denis à une rue de la ville. Celui-ci est également inscrit sur le monument aux morts, dans le jardin de l’Hôtel de Ville.

Sources :

- De Caen à Auschwitz, par le collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’associationMémoire Vive, éditions Cahiers du Temps, Cabourg (14390), juin 2001, notice par Claudine Cardon-Hamet pages 131 et 132. 
- Cl. Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 396 et 401. 
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué). 
- Site Mémorial GenWeb, 61-Argentan, relevé de Laurent Corbin (2004-2006).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 13-11-2007)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.