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IDENTIFICATION INCERTAINE…
Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oswiecim, Pologne. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés.

Maurice, François, André, Chaumond naît le 18 juin 1916 au Houlme (Seine-Maritime [1]. – 76).

Au moment de son arrestation, il est domicilié rue Henry-Bailleul, à Caudebec-en-Caux (76), située sur la Seine entre Rouen et le Havre. Il est célibataire.

Employé de commerce dans sa jeunesse, il travaille ensuite dans la région parisienne à l’usine métallurgique SNCAM, mais revient chez son père chaque samedi.

C’est un militant communiste.

Le 15 mars 1941, un inspecteur de police le signale « …dans cette localité, le nommé Chaumont, communiste connu […] porteur d’une musette contenant des paquets emballés. Il a été rencontré un peu plus tard sur la route de Villequier à Caudebec. Le lendemain, 17 février, des papillons communistes ont été retrouvés au lieu-dit le Dos d’Âne. »

Dans la nuit du 21 au 22 octobre, Maurice Chaumond est arrêté au domicile de son père, à Caudebec, par des policiers français sur ordre des autorités d’occupation et emprisonné à la caserne Hatry de Rouen.

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Rouen. La caserne Hatry dans les années 1920. 
Collection Mémoire Vive. Droits réservés

Il est ensuite transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne [2]) (Oise – 60) .

Entre fin avril et fin juin 1942, Maurice Chaumond est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande, en application d’un ordre de Hitler.

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Du convoi, il lance une lettre écrite « dans un 8 CV [huit chevaux] en long, en gare de Châlon-sur-Marne ». Il indique : « Nous sommes déportés. Le “père Lecoq” et Peiffer sont du voyage. »

Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Maurice Chaumond est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 45361, selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Maurice Chaumond meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942, alors qu’a lieu une grande sélection des “inaptes au travail” à l’intérieur du camp au cours de laquelle 146 des “45000” sont inscrits sur le registre des décès en deux jours. Ils ont probablement été gazés [3].

Déclaré “Mort pour la France” en 1946, il est homologué comme “Déporté politique”. La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 14-11-1987). Son nom est inscrit sur le Monument aux morts de Caudebec-en-Caux.

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 375 et 399. 
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Seine-Maritime (2000), citant : liste établie par Louis Eudier (45523), du Havre – Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen – Mairie de Caudebec – Madame O. Lepetit, amie de la famille, 15/4/1992 – Deux lettres de Maurice Chaumond, dont une de Compiègne datée du 30 décembre 1941. 
- Paul Le Goupil, du convoi des tatoués (matricule 185899), Mémorial des Français non-juifs déportés à Auschwitz, Birkenau et Monowitz, ces 4500 tatoués oubliés de l’Histoire, page 15. 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 2, page 165 (31363/1942).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 21-05-2014)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Seine-Maritime : département dénommé “Seine-Inférieure” jusqu’en janvier 1955

[2] Sous contrôle militaire allemand, le camp de Royallieu a d’abord été un camp de prisonniers de guerre (Frontstalag 122), puis, après l’invasion de l’URSS, un « camp de concentration permanent pour éléments ennemis actifs ». À partir de septembre 1941, on y prélève – comme dans les autres camps et prisons de zone occupée – des otages à fusiller. Le 10 février 1942, il devient un centre de regroupement pour la déportation des détenus juifs et communistes, séparés dans l’enceinte du camp. Avec le développement du plan d’extermination nazi, à la mi-juillet 1942 (rafle du Vel d’Hiv), le secteur juif sera fermé et remplacé par le camp de Drancy (Seine-Saint-Denis – 93

[3] Les chambres à gaz du centre de mise à mort situé à Birkenau fonctionnent principalement pour l’extermination des Juifs dans le cadre de la “Solution finale”, mais, jusqu’en mai 1943, elles servent également à liquider des détenus, juifs ou non, considérés comme “inaptes au travail”.