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Marie, Marcelle FERRY dite « Mitzy » – 31816

Marie est née le 6 mars 1918 à Igney, Vosges, dernière d’une famille de cinq enfants. Une famille pauvre : le père est vitrier, la mère femme de ménage. Ils doivent confier la petite à l’orphelinat de Saint-Genest, qu’elle quitte à l’âge de treize ans pour gagner sa vie.

Le passage de la ligne de démarcation à Moulins

À la fin de 1940 elle est serveuse dans un restaurant de Moulins, dans l’Allier, rue des Garceaux, dans un quartier populaire, en zone nord. Avec son pont enjambant l’Allier, Moulins était un point de passage très important de la ligne de démarcation.

Un client du restaurant qui se fait connaître sous le seul prénom de Robert, lui demande d’abord quelques menus services : remettre un paquet à quelqu’un qui se présentera sous tel nom, etc. Puis il l’engage plus avant dans l’action : il s’agit de faire franchir la ligne de démarcation à des prisonniers de guerre, à des juifs qui cherchent refuge en zone libre.

L’arrestation

Marie est dénoncée par un nommé Marcel et arrêtée par la Gestapo en septembre 1941.

Emprisonnée à Moulins pendant trois mois – seule en cellule, boulet aux chevilles – elle a subi cinq interrogatoires au cours desquels elle a été battue.

Elle est transférée à la prison de Dijon en décembre 1941 et au fort de Romainville le 19 décembre 1942.

Marie a survécu aux six premiers mois de Birkenau.

Elle profite de la mesure de quarantaine, le 3 août 1943. Après deux mois, elle a été envoyée au Revier : elle a le typhus.

Ravensbrück et Mauthausen

Mais elle en sort pour être transférée à Ravensbrück, le 2 août 1944, puis Mauthausen.

Une revenante

Marie est libérée à Mauthausen le 22 avril 1945.

Depuis, Marie s’est installée dans le Midi. Elle a un grand fils.

Elle mène une vie très retirée à cause de sa grande fatigue. Une malencontreuse piqûre dans la colonne vertébrale l’a laissée infirme. Elle a subi plusieurs opérations.

Elle est décédée le 30 juin 1988.

Sources :

- Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Les Éditions de Minuit, 1965 (réédition 1998), pages 112-113.