Marcelle Mardelle, vient au monde le 19 novembre 1914 à Perrusson, Indre-et-Loire.

Marcelle épouse un vétérinaire installé à Tours.

Le mari dans la Résistance à Tours

En 1941, son mari, qui était dans une organisation de résistance, a été arrêté. Relâché, il a repris sa place au combat mais en entrant dans la plus grande clandestinité.

Marcelle Laurillou quitte Tours et va habiter chez ses parents, à Amboise, avec ses deux enfants de huit ans et six ans.

La Résistance dans une organisation pour le passage de la ligne

À Amboise, elle fait partie d’une chaîne grâce à laquelle des résistants pourchassés franchissent la ligne de démarcation.

L’arrestation sur dénonciation d’une gestapiste

Cette chaîne a été entièrement détruite sur la dénonciation de la femme Email – une Française, agent de la Gestapo, fusillée à la Libération.

Marcelle Laurillou a été arrêtée le 10 septembre 1942 par des agents de la Gestapo en civil. Elle a été incarcérée à la prison Michelet à Tours jusqu’au 7 novembre 1942, de là transférée au Fort de Romainville (sur la commune des Lilas, Seine-Saint-Denis).

Le 22 janvier 1943, cent premières femmes otages sont transférées en camions au camp de Royallieu à Compiègne (leurs fiches individuelles du Fort de Romainville indiquent « 22.1 Nach Compiègne uberstellt » : « transférée à Compiègne le 22.1 »). Le lendemain, un deuxième groupe de cent-vingt-deux détenues du Fort qui les y rejoint, auquel s’ajoutent huit prisonnières extraites d’autres lieux de détention (sept de la maison d’arrêt de Fresnes et une du dépôt de la préfecture de police de Paris). À ce jour, aucun témoignage de rescapée du premier transfert n’a été publié concernant les deux nuits et la journée passées à Royallieu, et le récit éponyme de Charlotte Delbo ne commence qu’au jour de la déportation… Mais Betty Jégouzo confirme ce départ en deux convois séparés, partis un jour après l’autre du Fort de Romainville. Toutes passent la nuit du 23 janvier à Royallieu, probablement dans un bâtiment du secteur C du camp.

Le matin suivant, 24 janvier, les deux-cent-trente femmes sont conduites à la gare de marchandises de Compiègne et montent dans les quatre derniers wagons (à bestiaux) d’un convoi dans lequel plus de 1450 détenus hommes ont été entassés la veille. Comme les autres déportés, la plupart d’entre elles jettent sur les voies des messages à destination de leurs proches, rédigés la veille ou à la hâte, dans l’entassement du wagon et les secousses des boggies (ces mots ne sont pas toujours parvenus à leur destinataire).

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En gare de Halle (Allemagne), le train se divise et les wagons des hommes sont dirigés sur le KL Sachsenhausen, tandis que les femmes arrivent en gare d’Auschwitz le 26 janvier au soir. Le train y stationne toute la nuit.

Le lendemain matin, après avoir été descendues et alignées sur un quai de débarquement de la gare de marchandises, elles sont conduites à pied au camp de femmes de Birkenau (B-Ia) où elles entrent en chantant La Marseillaise.

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Portail du secteur B-Ia du sous-camp de Birkenau (Auschwitz-II)
par lequel sont passés les “31000”
(accès depuis la rampe de la gare de marchandises
et le “camp-souche” d’Auschwitz-I…).
© Gilbert Lazaroo, février 2005.

Dans le livre du convoi du 24 janvier, le numéro matricule de Marcelle Laurillou n’est pas identifié.

Pendant deux semaines, les “31000” sont en quarantaine au Block n° 14, sans contact avec les autres détenues, donc provisoirement exemptées de travail.

Le 3 février, la plupart d’entre elles sont amenées à pied, par rangs de cinq, à Auschwitz-I, le camp-souche où se trouve l’administration, pour y être photographiées selon les principes de l’anthropométrie policière allemande : vues de trois-quart, de face et de profil.

Le 12 février, les “31000” sont assignées au Block 26, entassées à mille détenues avec des Polonaises. Les “soupiraux” de leur bâtiment de briques donnent sur la cour du Block 25, le “mouroir” du camp des femmes où sont enfermées leurs compagnes prises à la “course” du 10 février (une sélection punitive). Les “31000” commencent à partir dans les Kommandos de travail.

Marcelle Laurillou meurt de la dysenterie vers le 20 avril 1943.

Sa famille a été avisée de sa mort par la mairie d’Amboise.

Sources :

- Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Les Éditions de Minuit, 1965 (réédition 1998), pages 172-173.

MÉMOIRE VIVE

(dernière modification, le 24-05-2010)

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