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Marcel Starck (parfois orthographié STARK) naît le 12 juin 1901 à Paris 11e arrondissement, fils de Jacob Starck, 26 ans, ébéniste, domicilié 113, rue de Montreuil. Pour l’inscription du nouveau-né à l’état civil, les témoins sont Jean Starck, 56 ans, ébéniste, et Philippe Starck, 21 ans, ébéniste, tous deux domiciliés au 127, rue de Montreuil.

Au moment de son arrestation, Marcel Starck est domicilié au 4, rue Burq à Paris 18e, vers la rue des Abbesses. Il est marié et père d’un enfant.

Il est ouvrier aux établissements Ragonot de constructions électriques à Malakoff [1] (Seine / Hauts-de-Seine).

Il est membre du syndicat des agents de maîtrise de la Fédération CGT des Métaux et connu de la police comme « sympathisant communiste ».

Le 6 ou le 11 août 1941, Marcel Starck est arrêté par la police française à son domicile, pour détention de “tracts” de La Vie ouvrière, journal de la CGT clandestine, et d’une brochure intitulée L’histoire du Parti communiste.

Écroué à la Maison d’arrêt de la Santé (Paris 14e), il est relaxé le 5 novembre, mais n’est pas relâché : dès le lendemain, le préfet de police de Paris signe l’arrêté ordonnant son internement administratif.

Le 10 novembre 1941, Marcel Starck fait partie d’un groupe de 58 militants communistes transférés au « centre de séjour surveillé » (CSS) de Rouillé, au sud-ouest de Poitiers (Vienne).

Le 22 mai 1942, il fait partie d’un groupe de 148 détenus (pour la plupart déportés avec lui) remis aux autorités d’occupation à la demande de celles-ci et conduits au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 – Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Marcel Starck est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits à pied sous escorte allemande à la gare de Compiègne, sur la commune de Margny, et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Marcel Starck est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) sous le numéro 46118 (sa photo d’immatriculation n’a pas été retrouvée).

Après l’enregistrement, les 1170 arrivants sont entassés pour la plupart dans deux pièces nues du Block 13 où ils passent la nuit.

Le lendemain, vers 7 heures, tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau où ils sont répartis dans les Blocks 19 et 20.

Le 10 juillet, après l’appel général et un bref interrogatoire, ils sont envoyés aux travail dans différents Kommandos.

Le 13 juillet 1942, Marcel Starck fait partie de la moitié du convoi qui est renvoyée à Auschwitz-I après l’appel du soir.

Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le « camp souche ».  « Arbeit macht frei » : « Le travail rend libre »  Carte postale. Collection mémoire Vive. Photo : Stanislas Mucha.

Portail de l’entrée principale d’Auschwitz-I , le « camp souche ».
« Arbeit macht frei » : « Le travail rend libre »
Carte postale. Collection mémoire Vive. Photo : Stanislas Mucha.

Il meurt à Auschwitz le 13 janvier 1943, d’après les registres du camp. Selon Marcel Cimier, il attend avec lui la visite de consultation devant le Block 28 un matin après le départ des Kommandos quand ils sont encerclés par des gardiens SS pour une sélection “surprise”. Le major SS oriente Marcel Starck vers un groupe qui comptera finalement près de 300 détenus. « Dix minutes après, des camions découverts à benne basculante arrivaient où tous les internés du côté opposé au mien furent obligés d’y monter à coups de matraques et ce fut la direction Birkenau, Block 7 (block d’attente pour passer à la chambre à gaz) ».

Départ en camion pour la chambre à gaz. Dessin de François Reisz, in Témoignages sur Auschwitz, 1946, page 149. Coll. Mémoire Vive.

Départ en camion pour la chambre à gaz.
Dessin de François Reisz, in Témoignages sur Auschwitz, 1946, page 149. Coll. Mémoire Vive.

Marcel Starck est homologué comme “Déporté politique”. La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 6-05-2003).

A-t-il un lien de famille avec : Starck (Arlette, Maryse), née le 19 septembre 1921 à Paris (10e) (Seine), décédée le 28 septembre 1942 à Auschwitz (sa fille…) ?

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 374 et 420.
- Cl. Cardon-Hamet, notice pour l’exposition de Mémoire Vive sur les “45000” et “31000” de Paris (2002), citant : Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), ministère de la Défense, Caen (dossier individuel – fichier central).
- Archives départementales de Paris, site internet, archives en ligne ; extrait du registre des naissances du 11e arrondissement à la date du 18-06-1901 (V4E 9291), acte n° 2603 (vue 3/31).
- Archives de la préfecture de police (Seine / Paris) ; cartons “occupation allemande”, camps d’internement… BA 2374).
- Mémorial de la Shoah, Paris, archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; liste XLI-42, n° 171.
- Marcel Cimier, Les incompris, souvenirs présentés par Béatrice Poulle, conservateur aux Archives départementales du Calvados, Les cahiers de Mémoire : déportés du Calvados, textes publiés par le Conseil Général du Calvados, 1995, p. 97.
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus pour la plupart immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1164 (1746/1943).

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 1-01-2017)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous disposez (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.

[1] Malakoff : jusqu’à la loi du 10 juillet 1964, cette commune fait partie du département de la Seine, qui inclut Paris et de nombreuses villes de la “petite couronne”, dont la “ceinture rouge” des municipalités dirigées par des maires communistes (transfert administratif effectif en janvier 1968).