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Auschwitz-I, le 8 juillet 1942. 
Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 
Oświęcim, Pologne. 
Coll. Mémoire Vive. Droits réservés.

Marcel, Adrien, Renaud naît le 27 novembre 1896 à Germiny-l’Exempt (Cher – 18).

Considérant son âge, il devrait avoir été mobilisé au cours de la guerre 1914-1918 (à vérifier…).

Au moment de son arrestation, il est domicilié à Villefranche-sur-Cher, à 6 km de Romorantin (Loir-et-Cher – 41) ; son adresse reste à préciser. Il est marié et a un enfant.

Jusqu’à son arrestation, il est agent de ligne des Postes et Télégraphes à Romorantin, avec Roger Morand, fusillé à Orléans, et Joseph Filloux.

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Romorantin. La Poste (à droite), au-dessus de la Sauldre. 
Carte postale non datée. Collection Mémoire Vive.

Le 25 décembre 1941, Marcel Renaud est arrêté à Romorantin pour manifestation anti-allemande (?) et condamné le 15 janvier suivant à huit mois de prison par le tribunal de la Kommandantur. Il est écroué à Orléans.

Le 30 avril 1942, à Romorantin, cinq résistants communistes sont découverts par des soldats allemandsalors qu’ils distribuent des tracts. Armés, ils ne se laissent pas arrêter et blessent les soldats dont l’un succombe à ses blessures. Les mesures de représailles prévoient l’exécution immédiate de dix communistes, Juifs et de proches des auteurs présumés. Vingt autres personnes doivent être exécutées si au bout de huit jours les « malfaiteurs » ne sont pas arrêtés. Des rafles sont opérées dans la ville et dans le département afin de pouvoir « transférer d’autres personnes vers l’Est, dans les camps de travaux forcés. »

Le lendemain 1er mai, Marcel Renaud est désigné comme otage, et bientôt transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise – 60), administré et gardé par la Wehrmacht (Frontstalag 122 -Polizeihaftlager).

Entre fin avril et fin juin 1942, Marcel Renaud est sélectionné avec plus d’un millier d’otages désignés comme communistes et une cinquantaine d’otages désignés comme juifs dont la déportation a été décidée en représailles des actions armées de la résistance communiste contre l’armée allemande (en application d’un ordre de Hitler).

Le 6 juillet 1942 à l’aube, les détenus sont conduits sous escorte allemande à la gare de Compiègne et entassés dans des wagons de marchandises. Le train part une fois les portes verrouillées, à 9 h 30.

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Le voyage dure deux jours et demi. N’étant pas ravitaillés en eau, les déportés souffrent principalement de la soif.

Le 8 juillet 1942, Marcel Renaud est enregistré au camp souche d’Auschwitz (Auschwitz-I) ; peut-être sous le numéro 46049 selon les listes reconstituées (la photo du détenu portant ce matricule a été retrouvée, mais n’a pu être identifiée à ce jour).

Il meurt à Auschwitz le 17 septembre 1942, d’après les registres du camp.

Après la guerre, le Conseil municipal de Villefranche-sur-Cher donne le nom de Marcel Renaud à une ruede la commune.

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Cliché ARMREL (voir sources).

Son nom est inscrit sur le monument « À la mémoire des victimes civiles de la guerre 1939-1945 », sur la route nationale n°76, près de la gare, parmi les cinq « Morts à Auschwitz ».

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Cliché ARMREL (voir Sources).

Le nom de Marcel Renaud est également inscrit sur un plaque commémorative situé dans le hall de la Poste de Romorantin-Lanthenay « À nos camarades des PTT victimes de leur devoir ».

Son épouse et son enfant ont déposé une plaque à son nom sur la tombe familiale.

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Cliché ARMREL (voir sources).

La mention “Mort en déportation” est apposée sur son acte de décès (J.O. du 14-12-1997).

Sources :

- Claudine Cardon-Hamet, Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, collection mémoires, Paris 2005, pages 365 et 418. 
- Archives départementales du Loir-et-Cher, fiche d’arrestation de Marcel Renaud, dossier 889 (cote 1375 W 64), fichier alphabétique des déportés du CRSGM (cote 56 J 5). 
- Mémorial de la Shoah, Paris, site internet, archives du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) : XLIII-89 (télégramme non daté du Militärbefehlshaber in Frankreich (MbF), signé par CarlHeinrich von Stülpnagel). 
- Death Books from Auschwitz, Remnants, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, K.G.Saur, 1995 ; relevé des registres (incomplets) d’actes de décès du camp d’Auschwitz dans lesquels a été inscrite, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, la mort de 68 864 détenus immatriculés dans le camp (sans indication du numéro attribué), tome 3, page 1002 (31055/1942). 
- Association de Recherche pour la Mémoire de la Résistance en Eure-et-Loir (ARMREL) : photographies. 
- Site Mémorial GenWeb, 41-Romorantin, relevé de Christine Fabre-Helynck (11-2004). 
- Site Les plaques commémoratives, sources de mémoire (aujourd’hui désactivé – nov. 2013), photographie de Jean-Jacques Guilloteau.

MÉMOIRE VIVE

(dernière mise à jour, le 8-12-2011)

Cette notice biographique doit être considérée comme un document provisoire fondé sur les archives et témoignages connus à ce jour. Vous êtes invité à corriger les erreurs qui auraient pu s’y glisser et/ou à la compléter avec les informations dont vous dispose (en indiquant vos sources).

En hommage à Roger Arnould (1914-1994), Résistant, rescapé de Buchenwald, documentaliste de la FNDIRP qui a initié les recherches sur le convoi du 6 juillet 1942.